Bernard Asso « Beaucoup se pensent à droite et oublient d’être de droite »

Universitaire, élu depuis 25 ans, Bernard Asso milite pour une politique des idées au service de la France d'abord au PRR puis à l'UMP et maintenant au sein des Républicains.  

Je suis tombé dans la politique comme Obélix dans la potion magique. Pour des raisons simples, c’est que je suis d’une famille de policiers ayant vécu tous les avatars et les moments cruciaux de la République depuis la Seconde Guerre Mondiale. J’ai donc été marqué par cette idée que la France était un pays extraordinaire mais qui n’avait plus confiance en elle depuis le départ du Général de Gaulle.

Les élections européennes représentent un moment historique car c’est notre survie collective qui est en jeu. Aujourd’hui, l’ensemble de la planète fonctionne selon des règles géopolitiques qui sont tout à fait différentes parce que la Guerre Froide s’est achevée. Il y a une véritable renaissance des puissances. Mais ces puissances revivent dans une identité historique forte. Après tout la Chine, c’est le confucianisme et le Parti Communiste Chinois qui maintient l’unité de ce pays. Cette question de l’unité est centrale. Poutine a rétabli l’orthodoxie en Russie car la Russie est Sainte dans la tradition Russe. L’Islam est très divisée dans le monde mais néanmoins affirme sa volonté d’être. Les USA sont nés de la Bible, les évangélistes sont leur force avancée.

Et les Européens ?

Issus de la Grèce, de Rome, du monde judéo-chrétien et des ses racines, de la Renaissance et des lumières ne savent plus pourquoi ils se veulent un futur. Si ce n’est une prospérité individualiste dans une jouissance plus ou moins avouée du temps présent oubliant le passé. C’est donc un moment historique : on disparaît ou on existe encore demain. Pour exister demain il faut savoir que il faut être européen et transformer l’Union Européenne pour qu’elle soit au service des Nations et d’une Civilisation qui est la nôtre. Si elle se perd, si elle prétend organiser un marché, alors je vous le prédit on disparaîtra.

Je n’ai jamais changé de convictions en affirmant que le primat était politique et non économique. D’ailleurs les meilleurs économistes dans l’Histoire française diront toujours, le Baron Louis disait pour ne pas le citer « Faites moi une bonne politique et je vous ferai une bonne finance ». Pourquoi ? Parce que la politique ce n’est pas une addition de réponse à des demandes de catégories selon leurs besoins. C’est une vision du pays, où l’on amène tout le monde à admettre une chose simple : si la France est puissante alors les Français seront prospères. Et ce n’est pas parce que l’on présuppose que les Français doivent être prospèrent que la France sera puissante. Je regrette toujours la perte de nos électeurs bonapartistes-gaullistes, ne voulant pas d’alliance avec le centre, ne comprenant plus la dérive centriste. La droite ne répondait plus à cette ambition qui aurait du être la notre de rappeler qu’il y a les enracinements, les transmissions, les héritages, l’innovation, ce qui est la tradition bonapartiste, ce qui est la tradition gaulliste. Voilà la tradition qui aurait du être celle de la droite. C’est ce qui faisait le ciment de la droite, c’était le patriotisme et la défense de la Nation. L’avenir de l’Europe passe par la défense des intérêts des Nations dans la coopération et dans le partage de grands projets communs. Et non pas dans une technocratie tatillonne.

Il faut donc une Europe puissance et une Europe civilisationnelle. Il n’y aucune raison de ne pas être fiers de la volonté de se pérenniser dans le temps et de l’affirmer. À nous de dire que l’individualisme consumériste est une phase d’affaiblissement de la qualité humaine.

Enfin, la droite de demain, ce sont les retrouvailles avec la fierté d’être de droite. Et être de droite, c’est l’affirmer. Il faut être de droite philosophiquement et être à droite géographiquement. Beaucoup se pensent à droite et oublient d’être de droite. Il faut privilégier les verticalités. C’est-à-dire les appartenances, l’enracinement, les engagements, la parole donnée, la Nation, l’Autorité, l’Histoire, la liberté. Il faut que demain puisse perpétuer l’héritage qu’est le nôtre et l’améliorer grâce au génie de notre civilisation. Nous sommes des inventeurs de futurs pour continuer le lien éternel et non pas des stabilisateurs de présent.

Bernard Asso

Propos recueillis par Paul Gallard et Guillaume Pot pour Droite de Demain.

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