Traiter le retour des djihadistes

Aujourd’hui, il ne s’agit plus de dire, mais de penser, d’anticiper, d’imaginer, de soulever la question du retour des djihadistes « français » revenus de Daesh.

Nicole Belloubet garde des sceaux a déclaré que 200 adultes djihadistes et 80 enfants de djihadistes ont été rapatriés en France, elle déclare aussi qu’ils sont actuellement pris en charge dans des établissements « adaptés » pour les recevoir. Des chiffres nettement plus haut que les 130 djihadistes annoncés par Christophe Castaner le 29 janvier 2019. Ce rapatriement de traîtres à la nation interroge l’opposition de droite.  La droite s’est fermement opposée à cette décision en adéquation avec la position de l’opinion publique. Ainsi, plusieurs propositions ont émané à ce sujet dans les différents partis de droite. L’occasion pour nous de faire un tour d’horizon des mesures demandées par la droite.

Valérie Boyer est la première à s’inquiéter de ce retour, elle a par conséquent interpellé Christophe Castaner ainsi que le Premier Ministre Edouard Phillippe lors des questions au gouvernement. La secrétaire générale adjointe Les Républicains met en avant la proposition de déchéance de nationalité pour les traîtres au pays : « Nous demandons depuis des années la déchéance de leur nationalité » déclare-t-elle. Toujours chez Les Républicains, Laurent Wauquiez – chef du parti propose une solution inédite, « un Nuremberg des djihadistes ». Ce tribunal international serait basé dans le nord-est de la Syrie pour juger les crimes de l’Etat Islamique durant les quatre ans de Califat. L’avantage d’un tel tribunal serait la possibilité de condamner ces djihadistes avec des peines d’exception mais aussi de pouvoir juger les coupables où ils ont commis leurs crimes. C’est d’ailleurs l’argument qu’utilise Eric Ciotti – député des Alpes Maritimes – refusant strictement leurs retours : « ce sont des traîtres à la nation. Ils doivent être jugés là où ils ont commis leur crime ».

Du côté de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan s’est assez rapidement offusqué d’un tel retour (étant relativement précurseur sur cette question). Le gaulliste est un fervent défenseur du retour d’un « bagne démocratique ». D’abord prévu en Guyane, le candidat aux Européennes propose désormais de le localiser dans les Iles Kerguelen (archipel du sud de l’océan indien). Un plan dont il trace les contours depuis l’annonce du gouvernement. Ainsi, ce bagne ne serait pas polluant et aurait un coût annuel de 63 millions d’euros pour une surface de 5 à 6km. Le coût par prisonnier se chiffrerait à 150 000 € par détenu contre 70 000 € pour un détenu lambda, un chiffre prévu pour 450 détenus et 150 employés. Les avantages de cette proposition sont à la fois de rapatrier les criminels tout en contentant l’opinion publique farouchement opposée à la vision du gouvernement. Cela permettrait également d’éviter que les radicalisés ne profitent de leur passage en prison afin d’en convertir d’autres. Le candidat de Debout la France ajoute une dimension géographique à l’exécution de la peine : « quand on a été condamné pour terrorisme, on doit purger une peine loin du territoire métropolitain ».

D’autres encore se montrent beaucoup plus radicaux, c’est le cas de Pierre Henri Dumont favorable à l’élimination pure et dure de ces individus. Selon lui, ce sont des pratiques déjà existantes – il fait référence au livre de François Hollande Un président ne devrait pas dire ça – pratiquées généralement par les services secrets français. Le député Les Républicains précise toutefois que ce n’est qu’en cas de non procès dans les pays concernés (Irak et Syrie).

La Droite a montré son désaccord sur la question du retour de Djihadistes retenus par les Kurdes. De telles actions devraient en effet être jugées dans les pays où elles ont été commises.

Il ne faut pas rapatrier ces meurtriers, le danger de leur retour est concret, aucune structure n’est actuellement capable de surveiller de tels individus. Leur isolement et surveillance, au regard du peu de moyen de l’administration pénitentiaire semblent compromis. La justice française ne peut réellement garantir que ces assassins islamistes effectuent des peines à vie. Pour en finir, extrader ces djihadistes serait une réelle ingérence pour les états du Golfe qui ont subi les ravages causés par ces hommes et femmes. 

Paul Gallard

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