(Tribune) Cristina Storoni : La transition écologique que nous souhaitons en Europe

Cristina Storoni est candidate en 12ème position du parti Les Républicains pour les élections européennes de 2019. Elle est directeur de cabinet adjoint du groupe Les Républicains à l'Assemblée Nationale.  

Il faut réussir la transition écologique en Europe car elle est nécessaire : l’objectif numéro 1 c’est de réduire nos émissions de GES et notre dépendance du fossile que nous importons mais il faut le faire au moindre coût pour nos citoyens. D’où la question de la bonne affectation des moyens financiers et de l’évaluation du rapport coût/efficacité d’une mesure car il faut que l’argent soit efficacement dépensé et il ne faut pas être idéologues mais pragmatiques.

La question de la méthode ensuite car, nous l’avons vu avec la crise des gilets jaunes dont le point de départ a été  l’augmentation des taxes sur les carburants, nous ne pouvons pas faire la transition écologique contre les citoyens.

Des principes simples mais clairs doivent guider notre action pour la transition écologique :

Premièrement, nous ne sommes pas tous égaux devant la transition écologique : les gens qui habitent en zone urbaine peuvent prendre les transports en commun, mais les gens qui habitent en zone rurale sont obligés de prendre leur voiture pour aller travailler. En Europe il y a 16 millions de chômeurs ; 20% de la population vit en zone rurale, en France c’est beaucoup plus, 1/3 de la population et les territoires ruraux représentent 80% du territoire.

Ce qui signifie que les politiques publiques doivent être différenciées et cibler ceux qui polluent le plus,  ne pas stigmatiser ceux qui sont les plus défavorisés ou ceux qui n’ont pas d’alternative et surtout les accompagner financièrement.

Notre priorité c’est de lutter contre le dérèglement climatique et réduire notre dépendance énergétique en visant la neutralité carbone en 2050.

Cet objectif n’est pas unanime en Europe car les pays encore dépendants du charbon, notamment la Pologne, ne veulent pas en entendre parler. Il faut donc réaffirmer l’importance de l’objectif préalable de la réduction du fossile en Europe et notamment du 0 charbon et il faut utiliser la plateforme de soutien aux régions charbonnières de l’UE pour négocier avec les pays de l’Est, notamment la Pologne, et pour les accompagner dans la transition énergétique et dans la reconversion de centaines de milliers d’emplois liés à l’industrie minière, notamment en Silésie.

Deuxièmement, il faut remettre l’Homme au centre de la transition écologique. Le développement durable est un trépied  fondé sur trois piliers : la  protection de l’environnement, le progrès social et la viabilité économique. Aucun de ces trois piliers ne doit être déséquilibré par rapport aux autres. Ce qui signifie qu’il  faut réconcilier économie et écologie, choisir des mesures qui sont à la fois bénéfiques pour nos entreprises et pour l’environnement.

C’est exactement ce que nous voulons faire à travers nos propositions qui visent à introduire le principe de réciprocité dans la politique commerciale de l’UE, tant au niveau du respect des normes que dans l’ouverture des marchés publics.

Nous proposons d’instaurer une barrière écologique aux frontières de l’UE consistant à imposer des droits de douane anti-pollution aux produits importés des pays qui ne respectent pas les mêmes normes environnementales et sociales que nous. Cette mesure agit sur trois niveaux : elle  permet de renchérir les produits importés, ce qui réduit le déficit de compétitivité des entreprises eet ds agriculteurs européens ; elle incite à un mode de production plus vertueux et améliore la qualité des produits consommés sur le marché européen. 

Une autre mesure que nous préconisons c’est de donner la priorité aux entreprises européennes. Face à des marchés publics chinois complètement fermés, à des marchés publics américains ouverts à 30% et à des marchés publics européens ouverts à 90% nous proposons de réserver 50% des nos marchés publics aux entreprises européennes et de mettre en place une politique européenne qui incite les circuits courts et la consommation des produits locaux, notamment dans les cantines scolaires, en introduisant des critères de développement durable dans nos appels d’offre.

Il est absurde de taxer les habitants des zones rurales qui font 15 km en voiture diesel et de permettre qu’un poisson pêché en Norvège, conditionné en Chine revienne en Europe dans nos assiettes  après avoir fait 5000 km. !

Troisièmement, privilégier la démarche bottom up c’est-à-dire valoriser et soutenir les projets qui viennent des territoires au lieu d’imposer des schémas centralisés et de créer des agences supra-nationales et  technocratiques : nous souhaitons un grand plan européen pour le climat  et la biodiversité incarné par un commissaire et qui finance directement les projets écologiques des collectivités locales, des territoires, et même des particuliers, non pas à travers la création d’une banque européenne (financée par qui et par quoi ?) mais via un fond adossé à la BEI concédant des prêts à taux 0.

Quatrièmement, nous privilégions des outils incitatifs plutôt que des outils punitifs.

La France croule sous les impôts et nous nous opposons à tout  impôt européen sur les ménages et sur les entreprises. Lorsqu’on utilise la fiscalité elle doit être aux frontières de l’UE car elle doit servir à réduire le déficit de compétitivité de nos entreprises vis-à-vis des leurs concurrents internationaux, notamment chinois, et servir  en même temps  à lutter contre le changement climatique car son produit doit être entièrement affecté à la transition écologique: c’est le cas de notre barrière écologique.

Enfin il faut rendre le fonctionnement des institutions de l’UE plus efficace. L’UE consacre 20% de son budget à la transition écologique mais les financements sont éclatés. Il faut les fusionner, les rendre plus efficaces en simplifiant l’accès, en fluidifiant les contrôles, en fléchant en priorité les projets de transition écologique dans les fonds existants par exemple dans le fond Horizon Europe pour le prochain cadre financier 2021-2027.

L’argent doit aller directement de l’Europe aux projets concrets dans les territoires sans transiter par les structures et les Etats. Il faut éviter de reproduire ce qui se passe avec le fond leader: 700 millions qui seront perdus pour la France s’ils ne sont pas utilisés d’ici 2020 car seule une petite partie a été versée par l’Etat aux régions à cause, paraît-il, d’un problème informatique à Bercy.

Cependant l’Europe doit aussi continuer à financer de grands projets européens structurants pour favoriser le report modal comme le Lyon-Turin et le Canal Seine Nord et de grands projets d’avenir. Nous proposons de lancer un plan européen de mobilités durables avec un objectif clair : l’Europe doit devenir leader mondial dans la voiture électrique, la production et le recyclage des batteries et investir dans le déploiement des réseaux de recharge sur les autoroutes européennes.

Par ailleurs nous devons nous doter d’outils plus démocratiques sur les sujets climatiques et environnementaux : nous proposons de renforcer l’Initiative Citoyenne Européenne pour la rendre plus accessible et transparente. Aujourd’hui lorsqu’il y a 1 million de signatures qui viennent d’au moins 25% des Etats Membres la commission décide des mesures de suivi à lui donner. Nous proposons que toute ICE soit examinée obligatoirement par le PE.

En conclusion, je voudrais paraphraser Philippe Charlez, expert des questions énergétiques à l’Institut Sapiens en disant, comme il le dit à propos de la transition énergétique, que le développement durable a deux ennemis : le premier  est l’écologie politique « punitive » qui hypertrophie le pilier environnemental aux dépends du progrès social et de la compétitivité économique. Son idéal est la décroissance économique. Nous le récusons.

Le second est le nationalisme qui par nature disproportionne les piliers économique et social aux dépens du pilier environnemental. Nous le récusons aussi.

L’Europe a besoin, sur ce sujet clé, d’un débat serein, pragmatique et responsable qui s’appuie sur des donnés objectives et non pas sur des schémas idéologiques ou électoralistes.

Cristina Storoni

Candidate de Les Républicains aux élections européennes

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