(Rencontre) Xavier Wiik, « On a perdu le sens du temps long en politique »

Xavier Wiik est candidat sur la liste des Républicains de François-Xavier Bellamy pour les européennes de 2019.

Bonjour, pouvez-vous vous présenter ainsi que votre parcours politique ?

Xavier Wiik, 35 ans, papa d’une petite fille de 5 ans, compagnon fidèle d’une jeune psychologue, je suis sapeur-pompier professionnel depuis une quinzaine d’année bientôt (donc fonctionnaire) et en qualité de capitaine je commande la compagnie de Grasse (environ 450 sapeurs-pompiers répartis sur 10 casernes couvrant 29 communes). Par ailleurs je suis doctorant en droit et titulaire également d’une licence STAPS.
Je n’ai pas de parcours politique au sens classique du terme, je suis un militant engagé et c’est un élément qui perturbe pas mal mes interlocuteurs, habitués à ne voir en politique que des « élus ». Je suis membre du comité de circonscription LR de la 7e puisque je suis antibois (06). Si j’ai toujours gardé confiance en mon parti c’est principalement parce que j’avais devant moi Jean Leonetti, mon maire, et que je me retrouve dans les valeurs qu’il porte. Je pourrai citer également Eric Pauget, ou encore David Lisnard qui sont des élus engagés sur le local, ce à quoi je suis sensible. Sans ces figures dans notre mouvement je ne sais pas si j’aurais gardé espoir après toutes ces années.  

Votre présence sur la liste a un double impact : vous êtes à la fois jeune et également de la société civile. Quel message est envoyé aux jeunes de droite en particulier et à la jeunesse en général ?

A l’origine Jean Leonetti s’était publiquement prononcé en faveur d’un renouvellement profond à l’occasion des européennes (https://www.lejdd.fr/Politique/europeenne-jean-leonetti-possible-tete-de-liste-des-republicains-face-aux-vieux-schnocks-de-son-parti-3788882). Laurent Wauquiez a suivi son 1er vice-président et a validé le principe d’une liste composée à 50% de primo candidats pour cette échéance, ce que la commission nationale d’investiture présidée par Eric CIOTTI a entériné. C’est important de souligner cette volonté car c’est une véritable rupture pour notre parti et un pari osé de nos dirigeants, ce qui est assez nouveau pour notre famille. Lorsque j’avais écrit au président de la CNI en 2015 pour l’interpeller sur la nécessité d’engager un renouvellement à l’occasion des régionales, je n’avais pas trouvé pareil écho … 
Ma candidature, mais je ne suis pas le seul dans ce cas aux républicains, démontre que notre parti tire donc les enseignements du passé. Nous avons compris qu’il y avait un désir de changement de la part des français, tant dans les idées que dans les visages et c’est important, car les deux vont de pair. La désignation d’un trentenaire pour mener notre liste est une preuve supplémentaire de cette volonté assumée. En préférant promouvoir des militants engagés, plutôt qu’en choisissant des inconnus sur internet sur la base de CV transmis par mail, nous démontrons que notre démarche est par ailleurs cohérente. 
Sans parler de message envoyé à la jeunesse, une chose apparaît clairement, Les Républicains préparent l’avenir avec ceux qui feront la France de demain. Mais parce que les excès sont dangereux, notre liste représente un équilibre entre la fraicheur de la jeunesse et la sagesse de l’expérience.

Qu’est-ce que votre candidature apporte à la liste LR ?

Ma candidature apporte à la liste LR un profil un peu atypique, que vous ne trouverez pas forcément chez nos concurrents. Au delà de ma profession, je suis d’abord et surtout un citoyen engagé en prise avec les réalités. Je pense qu’il est intéressant de réunir des profils différents entre des élus et des militants, des employés du privé et des fonctionnaires, des cadres et des employés, parce que l’une des richesses de notre parti réside en la diversité de ceux qui le composent. Se priver de cela serait dommage.

Quel impact cet engagement politique a eu sur votre vie ?

Cet engagement a quelque peu modifié mon quotidien en effet. Pour faire campagne je prends des congés, et j’ajoute à mes journées de travail déjà chargées, des rencontres, meetings, café-débats et autre tractage par exemple. C’est assez dense depuis mon investiture ! D’ailleurs cet engagement n’était envisageable pour moi qu’avec le soutien de ma femme, c’est une petite révolution familiale, même si elle n’est que de courte durée.

Comment réagit-on lorsqu’on s’exprime devant 1000 personnes et les cadres des Républicains comme au Cannet ?

Il faut déjà savoir qu’au Cannet je n’avais pas prévu de m’exprimer dans ces conditions, j’avais à l’origine un discours écrit. J’ai appris 10 minutes avant de monter sur scène que je n’avais pas de pupitre, donc j’ai improvisé. C’est impressionnant à l’évidence, mais je n’ai ressenti que de la bienveillance dans la salle, c’était donc naturel de m’exprimer, finalement au milieu des miens.Il est par ailleurs très important de garder la tête froide, je pense qu’il est possible, sans cela, de se laisser enivrer par ce genre d’exercice, ce qui me parait pour le moins dangereux. Les politiques qui s’écoutent parler et ne vivent que pour leur image, ils sont nombreux aujourd’hui au pouvoir, perdent le sens de l’engagement tel que je le conçois et tel qu’il m’a été transmis.

François-Xavier Bellamy est un jeune candidat. Que pensez-vous de cette tête de liste qui casse tous les codes de la politique à droite ?

François-Xavier Bellamy, que j’ai côtoyé à quelques reprises ces derniers temps, est quelqu’un de fascinant. Il est aussi simple et accessible qu’il est brillant. J’ai trouvé chez lui une capacité d’écoute auprès des gens qu’il rencontre qui force l’admiration. Et puis, un si bel esprit ne peut que faire du bien à la droite, c’est certain, mais je crois que sa façon de faire est un exemple à suivre pour tout le monde politique. Il respecte le débat d’idées et s’attache à mettre du fond dans toute son expression publique, ce qui fait cruellement défaut à nombre de ses concurrents. Enfin, j’ai trouvé chez lui une modestie sincère, qui est presque invraisemblable tant il a déjà réussi à transformer cette campagne pour notre famille politique qu’il rassemble.

On sent que les Républicains et la politique en général ont du mal à convaincre les jeunes actifs de s’engager ainsi que de voter aux élections. Comment peut-on l’expliquer ? Et comment y répondre ?

Il y a un rejet profond de la classe politique. Les différentes enquêtes du CEVIPOF le décrivent avec justesse depuis longtemps, ce mal est donc assez profond. On ne peut pas espérer en une campagne redonner confiance et envie quand des décennies de déconvenue, voire de trahison de l’électorat sont passées par là. Mais il ne faut pas avoir peur de penser les choses sur la durée. On a perdu le sens du temps long en politique, alors que les bonne choses sont lentes à naître. J’aime bien reprendre cette image, si vous plantez un arbre, il est inutile de tirer dessus, il ne poussera pas plus vite. Il faut prendre le temps de faire les choses et ne pas céder au « court termisme » dicté par les médias notamment, les chaines d’info en continu et les réseaux sociaux particulièrement.Quant aux jeunes actifs, il faut redonner du sens à l’action politique, faire preuve de courage et de clarté, en commençant par associer les actes une fois au pouvoir, aux promesses faites, pour commencer à recréer du lien. C’est aussi à cette nouvelle génération à laquelle nous appartenons de prendre ses responsabilités si nous ne voulons pas subir les choix fait par d’autres : il faut s’engager !

Qu’est-ce que, selon vous, la droite de demain ?

La droite de demain :Selon moi, la droite de demain elle doit être en prise avec les réalités, elle doit sortir des grands discours pour regarder le monde tel qu’il évolue afin d’agir pour l’avenir de nos enfants. « Nous sommes les enfants de cette histoire magnifique » nous ne devons pas oublier d’où nous venons pour poursuivre notre idéal républicain et humaniste, tout en comprenant le réel. La droite de demain elle devra défendre la place de la France dans l’Europe, et de lEurope dans le monde. La droite de demain doit rester ferme sur ses valeurs ; liberté, égalité, fraternité, laïcité, féminisme, sans aucune compromission vis-à-vis de ceux qui voudraient la voir disparaitre dans la mondialisation, car nous pouvons être fiers de ce que nous sommes. La droite de demain elle sait que les défis qu’ils soient écologiques, migratoires, économiques, civilisationnels, qui l’attendent sont cruciaux et qu’il y a urgence à agir avec courage.La droite de demain c’est vous, c’est moi, ce sont d’autres, qu’importe, à condition que le bien commun prévale toujours sur les intérêts particuliers.

Propos recueillis par Paul Gallard pour Droite de Demain.

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