LR : Le départ de Valérie Pécresse, un non-évènement.

Certains imaginent que le parti Les Républicains prendra fin dans les semaines à venir avec le départ de son président Laurent Wauquiez ainsi que celui de Valérie Pécresse. Départ annoncé pendant le 20h de France 2. Un départ en « femme libre » comme elle l’a dit et qui exécute la droite selon les médias. En réalité, celui-ci peut représenter une réelle occasion de clarifier la ligne du parti et le désengorger de ses boulets accumulés durant l’UMP.

Pécresse se retire et dévoile ainsi que son seul objectif au sein de ce parti était sa croisade contre Laurent Wauquiez. Une haine viscérale qui s’est accentuée par l’élection du Président du Conseil Régional d’Auvergne-Rhône-Alpes à la tête du parti en 2017 et l’exclusion de Calmels par la suite. Une réelle mission pour la Présidente d’’Ile-de-France à la manière de Don Quichotte luttant face aux moulins à vent. Sauf que son opération est auréolée de ce succès et l’orgueil satisfait, elle a pu se quitter les Républicains.

Son apport à LR n’était que très peu significatif depuis 2016 et la défaite d’Alain Juppé (Pécresse l’avait soutenu à l’étonnement général pour la primaire de la droite). En effet, la autoproclamée (soutenu visiblement par Anne Sophie Lapix) « héritier de Nicolas Sarkozy » – dont elle n’a pas soutenu la candidature en 2016 – n’a apporté qu’un timide et tardif soutien à la liste conduite par François-Xavier Bellamy pour les élections européennes avec une simple déclaration et une participation au grand meeting de Paris. Pourtant, François-Xavier Bellamy lui plaisait jusqu’à ce qu’il devienne la tête de liste de son ennemi de toujours et la présence d’Agnès Evren proche également n’a pas atténué cet effet.

Outre cette « trahison » on peut noter qu’il y a eu un effet contraire à ses attentes au niveau de la base militante mais aussi par rapports aux élus. Il n’y a eu en réalité que ses irréductibles libertaires soutiens tel Reda. A l’image du député de la septième circonscription des Alpes Maritimes Eric Pauget – qui a réaffirmé son total engagement avec LR – les élus ont montré que le parti n’était pas un parti de « vieux conservateurs » comme le prétendait Christian Estrosi proche de Valérie Pécresse. Des ténors du centre droit ont continué la lutte pour la droite traditionnelle à son grand désarroi. On peut citer Jean Léonetti qui a appelé à l’apaisement (devenant également le Président par intérim du parti), mais aussi Gérard Larcher voulant créer un mouvement centre droit au sein de LR ou encore Daniel Fasquelle le gaulliste social surpris par un tel départ.

Il semblait compliqué pour l’ex-ministre de l’enseignement supérieur de rester chez Les Républicains dans la mesure où il était déjà difficile pour elle de soutenir « les seuls capables de gouverner la France : Nicolas Sarkozy et François Fillon ». Les deux ont été oubliés sûrement à cause des sondages donnant Alain Juppé grand vainqueur de ces primaires. Mais malgré son apparente joie après le résultat de François Fillon et son message de rassemblement, elle ne brilla pas par sa présence au magnifique événement du Trocadéro.

Son avenir en politique est de plus en plus sombre. Malgré son attachement à Xavier Bertrand, son mouvement « Soyons Libres » n’a pas eu le succès escompté avec seulement 4000 abonnés sur twitter et peu d’élus. On sent venir une coalition avec le centre droit réunissant comme elle avait pu le laisser entendre avant son départ, les absents de cette campagne à savoir Christophe Lagarde avec son parti l’UDI, les Constructifs de Thierry Solère et la manufacture de Xavier Bertrand. Une alliance qui ne trouverait pas son électorat dans les temps actuels dans la mesure où Macron arrive à contenter tous les centristes.

Cependant, on peut douter de l’idée selon laquelle Valérie Pécresse ferait alliance avec Emmanuel Macron au regard de son ambition présidentielle. La réelle difficulté pour LR, c’est un ralliement de toutes les forces centristes chez Pécresse qui diviserait les voix du premier tour et ferait encore gagner Macron au deuxième. C’est exactement le schéma de 2002 du côté de la gauche qui a divisé ses voix faisant ainsi le jeu du FN et condamnant Lionel Jospin pourtant grand favoris.

Paul Gallard

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