(Tribune) Verlaine Djeni « Les enjeux électoraux demain se feront sur la maîtrise de la data »

Mis en ligne le 18/08/2019.

Verlaine Djeni, blogueur, s'intéresse de près à l'actualité politique et participe activement à la reconstruction de la droite. 

Depuis 2012, les adhérents Les Républicains (ex UMP) ont connu trois élections pour désigner le président de leur formation : Le 18 novembre 2012 (victoire de Copé) ; Le 29 novembre 2014 (victoire de Sarkozy) ; Le 10 décembre 2017 (victoire de Wauquiez). Le 13 octobre 2019 ils seront convoqués pour la quatrième fois en sept ans afin de choisir un nouveau président. Si on ajoute à ces scrutins les deux tours de la primaire de 2016 et les élections internes aux fédérations du parti en 2015 et 2018, on peut sans sourciller, dire que la grande formation de la droite Française, est la plus active dans le déclenchement du jeu démocratique pour le renouvellement de ses équipes dirigeantes.

On se réjouirait presque en voyant autant de vitalité démocratique sauf que cette instabilité est la conséquence des revers électoraux nationaux, qui eux-mêmes sont liés à divers facteurs tournant autour des valeurs du mouvement et surtout de la personnalité des cadres qui doivent les porter. Au-delà des démonstrations contextuelles qui peuvent expliquer les résultats des élections de 2017, force est de constater que durant sa campagne électorale, le candidat Emmanuel Macron avait théorisé et porté le duel entre conservateurs et progressistes afin de sortir de l’ancien ordre manichéen, droite/gauche.

Cependant, sans le soutien de l’un des partis inscrits dans le paysage traditionnel et surtout sans la capacité de s’appuyer sur les vieux maillages locaux, la stratégie du futur président avait toutes les chances de rester inaudible. Sauf qu’Emmanuel Macron et ses équipes ont vite compris l’optimisation des réseaux sociaux, ils ont révolutionné la façon d’approcher le citoyen, la façon de se rendre disponible pour lui, la façon d’être à son écoute et in fine, la façon de lui servir ce qu’il attend. Face aux défis de demain, que peut/doit faire la droite ? Une analyse depuis le prisme des réseaux sociaux, oriente vers trois recommandations.

La droite de demain, si elle doit être incarnée par Les Républicains, devra s’approprier le numérique, s’inscrire dans l’écoute et la veille sur l’intelligence artificielle afin d’anticiper les attentes des électeurs. Les enjeux électoraux demain se feront sur la maîtrise de la data, d’ailleurs aux USA, pour sa campagne 2020, Trump compte dans ses équipes une trentaine de data scientist, dont on connait le rôle dans la gestion du positionnement auprès de l’opinion publique. La droite de demain, si elle doit être incarnée par Les Républicains, devra partir des attentes de la base, donner la parole à chacun et appliquer les orientations désirées par la majorité.

Il est à ce jour incompréhensible de voir que les recommandations du rapport de la refondation, réalisé en 2017 par Bernard Accoyer, après une large consultation de la base, soient restées aux archives. La droite de demain, si elle doit être incarnée par Les Républicains, devra avoir des cadres qui acceptent de défendre les choix de la majorité de la base consultée. Cela relève tout simplement de cohérence et permet d’éviter des situations dans lesquelles, les divergences entre les militants et les cadres peuvent être exploitées par les adversaires.

Ces trois recommandations ne sont pas exhaustives et ne remettent absolument pas en question les questions doctrinales, notamment celle des valeurs et celle des alliances électorales éventuelles. Mais quel est l’intérêt de définir des valeurs désirées par la majorité dans la base mais que les cadres refuseront de défendre ? Mais quel est l’intérêt de parler d’alliance avec d’autres formations politiques quand on ne sait même pas qui on est et où on va ? La droite de demain ne peut pas être la droite d’aujourd’hui et si Les Républicains veulent l’incarner, ils devront impérativement regarder le passé, se pencher sur les bases du grand RPR avec ses 800.000 adhérents, faire évoluer la doxa, l’adapter aux enjeux modernes, tout en écoutant la base.

La mission du prochain président LR relève de travaux digne du grand Hercule, mais s’il échoue le mouvement disparaîtra.

Verlaine Djeni

1 Comment

  1. Je ne suis pas de votre avis. Certes le Data peut aider comme l’a fait Macron avec ses troupes qui sont allées chez les gens pour recueillir des éléments de langage qui revenaient souvent et ensuite un logiciel américain a fabriqué les discours de Macron qui pour beaucoup n’avaient aucun sens, étaient creux, tout le monde pouvait s’y reconnaitre. Mais est ce un progrès? Je dirais plutôt que c’est une régression.
    Macron avait aussi, durant son passage au ministère des finances, fait en sorte d’avoir un maximum de médias, de journalistes à sa botte, Bildelberg et la finance le soutiennent aussi. Nous assistons actuellement à un véritable lavage de cerveau fait par le télé et les journaux.
    Nous avons le résultat de générations « biberonnees » à la consommation, l’immédiateté, le principe de plaisir avant le sens et le goût de l’ effort, l’ individualisme forcené avant le sens de l’appartenance, l’apatridie avant la notion de Nation, et caetera, et caetera…cela porte un nom : un naufrage civilisationnel et cela emporte une « évolution », ou encore la disparition ou la décadence d’une civilisation comme fut celle de la Grèce antique ou la Rome de César. Et j’ai bien peur que nous ne relevions pas et disparaissions.
    « Le snobisme anglo-saxon de la bourgeoisie française est quelque chose de terrifiant, a lâché de Gaulle à Peyrefitte un soir de révolte face au conformisme ambiant. Mais il y a plus grave. C’est l’esprit d’abandon! Cette espèce de trahison de l’esprit dont on ne se rend même pas compte… Comme si le but d’une politique française était de faire plaisir aux autres pays et de faire en sorte qu’il n’y ait plus de France! Surtout ne pas faire de peine aux étrangers!… Il y a chez nous toute une bande de lascars qui ont la vocation de la servilité. Ils sont faits pour faire des courbettes aux autres. Et ils se croient capables de cé seul fait, de diriger le pays! (Extraits de « C’était de Gaulle » d’Alain Peyrefitte, cité par Eric Branca dans « L’ami américain ». Propos tenus alors que de Gaulle donnait l’ordre aux troupes américaines de quitter le pays à la suite du désengagement dans le commandement de l’OTAN)

    Il est intéressant de noter que le principal opposant à de Gaulle était René Pleven qui n’hésita pas à accuser le chef de l’Etat de complicité avec le bloc communiste. Et déjà à cette époque, la majorité de la presse fustigeait l’indépendance du général. Le Monde dénonçant « un coup porté à l’Europe » et Le Figaro « un retour aux vieilles formules du passé ». Exactement les mêmes arguments qui sont aujourd’hui opposés aux anti- européistes…
    Le 14 avril 1966, René Pleven avait résumé sa position à l’Assemblée: « Pour nous, la grandeur d’un pays n’est pas d’avoir les mains libres! ». D’où la réplique en forme de question du gaulliste Alexandre Sanguinetti: « Qu’est-ce que l’atlantisme? » et la réponse devenue célèbre: « Le vichysme du temps de paix ».

    Vichysme du temps de paix… c’est l’Union Européenne… Et Bruxelles remplace Berlin… et Macron et LREM…

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