(Interview) Olivier Amiel "Cela montre ma volonté de l'avènement d'un parti de droite gaulliste"

olivier Amiel est candidat pour la mairie de Perpignan aux prochaines élections municipales. 

Bonjour Monsieur Amiel, dans un premier temps pouvez-vous nous présenter votre parcours ainsi que les raisons de votre engagement en politique ?

Je suis docteur en droit, juriste de formation avec une thèse en droit public. J’ai exercé en tant qu’avocat. Politiquement j’ai commencé au RPR. Un engagement que je tiens de ma famille qui était de la branche des gaullistes sociaux. J’ai quitté le parti à la création de l’UMP redoutant le regroupement avec la partie centriste. Je suis retourné dans ma famille politique au début des Républicains et pour lequel je risque d’être exclu par rapport à ma candidature à l’élection municipale, alors que j’ai défendu une ligne indépendante du parti par rapport aux alliances avec le centre En Marche mais également avec l’extrême droite . Cela montre ma volonté de l’avènement d’un parti de droite gaulliste mais surtout indépendant qui ne soit ni affilié au centre, ni à l’extrême droite.

Pourquoi vous présenter à la maire de Perpignan face à au maire sortant Jean-Marc Poujol – également Les Républicains ?

Nous avions des différences de points de vue sur la question de la ligne politique. Il a considéré à la suite de l’élection d’Emmanuel Macron que les partis étaient terminés, en phase donc avec cette fable du Nouveau Monde. Il ne cotisait même plus aux républicains.. Nous n’étions donc pas du tout sur la même ligne politique. J’ai sentis aussi une volonté de la population de renouveler les élus mais surtout les idées. Je considère que nous pouvons, avec mon équipe, incarner ce renouvellement.

Au niveau de votre exclusion ?

Ce que je trouve un peu surprenant avec notre parti, c’est que lorsque j’ai annoncé ma candidature -alors que Poujol n’était pas candidat – il a pu me retirer mon poste d’adjoint au maire, un maire LR qui retirait ses délégations à un autre élu LR, pourtant j’étais cadre car j’étais encore trésorier de la fédération départemental et là, le parti n’a pas bougé. A la fin de l’année, le parti lui a donné cette investiture alors qu’il n’était même pas candidat, et depuis, il est allé voir le Secrétaire Général d’En Marche Stanislas Guérini pour demander l’investiture En Marche. Je pense qu’il y a un problème, quand j’ai lu la lettre du siège m’indiquant une procédure disciplinaire à mon encontre par Aurélien Pradié, j’ai reçu un soutien des réseaux sociaux par les militants à travers la France. Il y a un débat chez les militants pour savoir s’il faut suivre la direction avec les doubles investitures ou doit-on rester un parti autonome, retrouvez ainsi les valeurs du RPR (ma position) ou encore aller vers l’alliance des droites. Je défend la vision d’une droite ne faisant pas d’alliance contre nature. J’ai donc été une victime de cette nouvelle manière de penser dans le parti, je regrette un manque de clarté envers notre électorat.

Vous êtes donc candidat à l’élection municipale de Perpignan de 2020, quels seront les axes prioritaires de votre campagne ?

Mon programme que je défends depuis plusieurs mois se situe sur 3 axes. Le premier c’est la pacification, c’est à dire, qu’on est pour un retour de la sécurité et de la tranquillité publique dans la ville de Perpignan, c’est la priorité numéro 1. Il faut ré-sectoriser la police municipale, le maire sortant a centraliser la police municipale et il faut donc retourner dans tous les quartiers avec des petits bureaux de police du style des Kobans japonais, qu’on a pris en exemple. Des structures donc au plus près des habitants dissimilées un peu partout dans la ville, qui permettront d’avoir une police municipale de proximité, qui pourra aussi faire de la cohésion sociale et interviendra plus vite sur le terrain. Je veux qu’on tende vers la tolérance zéro, laisser la police municipale utiliser le maximum de ses prérogatives. Il faut pourrir la vie de ceux qui nous la pourrissent depuis bien trop longtemps.  

Deuxième axe, celui de la probité. Nous sommes dans une ville où il y a beaucoup de clientélisme. Ces questions de copinages c’est un peu notre corruption, ce mode de fonctionnement doit cesser. Nous proposons par exemple la suppression du cabinet du maire. Cela doit amener à terme à plus de transparence et d’intégrité.

Notre troisième axe sur le progrès et sur les innovations. Nous nous positionnons sur plusieurs thèmes : le bien vivre avec la végétalisation mais aussi les questions de stationnement, de circulation mais également de l’emploi et de l’accueil des entreprises. On doit pour se faire s’inspirer de ce qui se fait de mieux en France ou même à l’étranger. Dans ce programme il y a des références à des grandes capitales mondiales même si elles n’ont rien à voir avec une ville de 120 000 habitants comme Perpignan, il faut l’adapter. Je ne me suis rien interdit à ce niveaux, j’ai été voir des villes de droite comme de gauche, on m’a reproché d’être allé voir Béziers ( dont le maire est Robert Ménard).

Mais quelles sont ces villes dont vous voulez vous inspirer ?

Nous avons prévu dans le programme par exemple des parcs à jeux inter-générationnel, ça existe à Singapour, on a cherché à l’adapter à notre ville car ça a beaucoup de vertus, c’est très bon pour les capacités auditives des personnes âgées mais aussi pour les enfants qui sont plus surveillés. En plus en terme de reconquête territoriale, cette multiplication de parcs à jeux permettra de pacifier l’espace public car les voyous s’écartent quand il y a la présence de familles. Je suis aussi allé en visite à Détroit aux Etats-Unis. C’est une ville où il y a une grande criminalité, une grande faillite économique également, des émeutes communautaires, et qui pourtant a réussi à rebondir, en devenant le modèle de ce qui peut se faire en terme de gentrification sans toucher à la cohésion sociale. Je suis pour qu’on s’inspire de ce qui se fait de mieux partout ailleurs, de villes qui se réinventent, alors que des villes comme Perpignan n’osent pas franchir le pas.

Comptez-vous vous appuyer sur l’idéal situation géographique de Perpignan ?

Nous partons du constat que les relations internationales de notre ville de Perpignan ont toujours été concentrées avec la Catalogne. Certes ces relations sont essentielles, surtout dans les aspects culturelles, historiques, voir affectif, mais ça ne peut être que ça. Nous avons une vocation méditerranéenne, européenne très forte et c’est cela qu’on doit développer. On doit voir beaucoup plus grand, avec les jumelages, avec l’accueil d’entreprises, avec l’exportation de l’image de Perpignan…

Comment lutter face au paupérisme du centre ville ?

A Perpignan, nous avons l’un des 200 quartiers les plus pauvres de France et selon l’INSEE le plus pauvre de France, qui est présent en plein cœur de notre centre historique. C’est là où vit la communauté gitane, plus grande communauté gitane sédentarisée. C’est un atout car c’est une très belle culture et une histoire tout aussi belle, mais on a des difficultés sociales, économiques et sécuritaires hors normes dans ce quartier : trafic de drogue, 60% des ménages sous le seuil de pauvreté, entre 20 et 40% d’enfants qui ne vont pas à l’école, risque d’effondrement…  Il y a une vraie urgence à la fois humaine et urbaine, on doit donc faire une politique très volontariste et le problème qu’il y a eu avec le centre ville de Perpignan, c’est lorsque on a mit en place ce projet avec 100 millions d’euros d’investissements. Il y a eu des blocages de pseudos associations notamment d’un député En Marche. Ce blocage fortement politisé s’est fait au dépend de l’urgence pour les gens qui habitent ces quartiers. Ce que je propose, c’est une gentrification positive en donnant les moyens de faire revenir d’autres types de populations sans chasser la population qui y vit, il y a une vraie possibilité de le faire. Et c’est pour ça que j’ai pris l’exemple de Détroit.

Propos recueillis par Paul Gallard pour Droite de Demain

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