Municipales 2020, l’enjeu pour la droite de la « Smart City »

Les élections municipales auront lieux le 15 et 22 mars prochain, l'occasion d'aborder le thème de la Smart City ou ville innovante.

Une vision de la ville cherchant à accentuer les partenariats privés et publics afin d’améliorer les services mais également de développer la participation citoyenne. Nous sommes entrés dans une période où les grandes villes vont devoir jouer un rôle important au niveau de la rationalisation de l’action publique, de la transparence politique, de la transition écologique mais également dans le rapprochement politique/citoyen. Ce sont les demandes de la population, on a pu le constater avec les gilets jaunes. La ville innovante semble répondre en partie à ces inquiétudes.
Nos villes se développent à grande vitesse, avec une croissance du nombre d’habitants exponentielle, l’enjeu se situera aussi dans des politiques publiques permettant de loger de manière décente la population tout en garantissant une sécurité optimale et des services de qualité à moindre coût. Les petites villes ont eu aussi un boom démographique mais ont pour la plupart choisit de s’élargir, cependant l’élargissement des villes ne permettra pas le développement d’un service public de qualité. Il faut construire des villes plus concentrées, avec des développements dans les airs afin de ne toucher ni aux espaces verts ni aux terrains agricoles. Nous éviterons aussi l’essor de trajet et la pollution qui vont avec. Mon propos n’est en aucun cas de reléguer la ruralité qui reste un élément structurant de notre conception française du territoire. Le développement des centres doit également se faire en adéquation avec leur préservation historique qui fait l’âme de chaque ville.

La droite a tout intérêt à se concentrer sur le concept de la smart city, à Toulouse le maire Jean-Luc Moudenc a créé la « direction générale à la modernisation » afin de répondre aux besoins des Toulousains. Ainsi, à Toulouse ont été créé des systèmes de nacelles pour faire remonter les avis des citoyens sur les politiques de la population. Le citoyen doit être un acteur de la décision politique pour respecter nos principes démocratiques et non être qu’un locataire consommateur de la ville. Plus le citoyen est concerné par la prise de décision, plus il sera enclin à prendre soin de sa ville. Ainsi, des villes ont fait du dialogue citoyen un enjeu de démocratie et de développement. L’exemple le plus impressionnant reste celui de Medellin, deuxième ville de Colombie qui était gangrenée de l’intérieur par les narcotrafiquants et qui a connu un second souffle avec la mise en place d’un dialogue citoyen de qualité. Une stratégie de smart city qui lui permet de mettre en place 50 propositions citoyennes, de développer des applications mobiles et de connecter la ville. La ville a mis en place la plate-forme MiMedellin qui recueille grâce à des questionnaires les propositions des citoyens et qui sont analysés par un cabinet local.

La France dispose d’universités de qualités dans chaque grande ville, qui sont enviées par la plupart des pays, nos industries de recherches et de développements sont au niveau contrairement à ce qu’on peut nous faire croire, et pourtant les partenariats entre les secteurs privés et publics restent rares. François Fillon durant la campagne présidentielle voulait développer cet aspect. La peur du néolibéralisme ne doit pas nous empêcher d’améliorer l’action publique. Les externalisations c’est-à- dire, l’utilisation de cabinets privés pour la recherche de données se pratiquent déjà dans certains domaines. Des villes ont des parcs industriels de grandes qualités. Issy-les-Moulineaux par exemple a lancé par l’intermédiaire de son maire André Santini (UDI) le smart grids (réseaux électrique intelligent) en collaboration avec un consortium d’entreprises. Plusieurs villes ont développé des centres de recherches publics/privés pour imaginer les villes du futur, c’est le cas de Barcelone avec le Metropolis en coopération avec SEAT, de Medellin avec Ruta N, Issy-les-Moulineaux avec le IssyGrid testant les éco-quartiers. Cette dernière a aussi mise en place des locaux pour les start-up afin de tester leur projet tout en favorisant le dialogue entre les acteurs.

C’est grâce à ces partenariats que le numérique pourra se développer dans nos villes et ainsi faciliter la vie de la population mais également d’éviter certains gaspillages. Ainsi, pour une ville comme Marseille pour laquelle on reproche régulièrement sa saleté, des villes ont mis en place des capteurs et poubelles intelligentes afin de faciliter le passage des éboueurs, c’est le cas de Barcelone et Copenhague. Dans certaines villes, la qualité de l’air est très mauvaise en raison de la circulation, afin d’éviter les bouchons, et afin surtout de ne pas faire des politiques publiques punitives (comme c’est le cas d’Anne Hidalgo à Paris). Ainsi, Copenhague a développé une application pour mesurer la qualité de l’air en temps réel. Barcelone a utilisé les applications mobiles pour les places de parking en temps réel, cela peut paraître minime mais 25 % des émissions de gaz à effet de serre sont le résultat d’automobilistes faisant des tours pour chercher une place. Cette utilisation des nouvelles technologies doit s’accompagner d’une politique offensive en matière de transports en commun. Des transports trop souvent bondés et n’allant pas de partout. Il faut que le prix soit bas, que le transport en commun devienne pratique et là seulement les mentalités pourront s’adapter.
Un aspect écologique qu’il faut savoir donc maîtriser. Le vélo est ainsi revenu de plus en plus au cœur du débat public, cependant, les villes ne sont clairement pas encore assez développés et beaucoup trop de cyclistes se pensent hors des lois.

A ce sujet, une pédagogie doit être faite, les pistes cyclables doivent être logiques et imaginées comme c’est le cas par exemple de la ville de Copenhague, construisant 400 km de pistes cyclables dont une réelle autoroute. Je reste assez dubitatif sur les voitures et transports électriques car ils ne sont pas encore pratiques, vont accentuer notre dépendance envers la Chine et dont le recyclage pose d’énormes problèmes. On peut aussi noter les projets de téléphérique dans les villes qui vont permettre de désengorger les trottoirs. Avec cette politique de transport, l’écologie doit passer par la végétalisation des centre-villes qui développe à la fois la biodiversité mais aussi améliore la santé des habitants.
Enfin d’un point de vue totalement sécuritaire, le numérique permet de sécuriser les lieux sensibles. A Toulouse, la municipalité a installé 355 caméras faisant baisser la criminalité, la vidéosurveillance permettant aussi l’intervention de la police municipale plus rapidement. Dans une démarche smart city on peut noter la proposition d’Olivier Amiel sur le « koban » japonais. Ce sont des petites installations en maillage, dans tous les quartiers de la ville, qui permettent à la fois une police de proximité proche de la population mais aussi une présence de l’état plus importante et surtout de désengorger les commissariats. La France doit rétablir l’ordre et il serait intéressant de mettre en place des kobans dans les quartier sensibles permettant de créer un lien avec la population tout en montrant que l’état est présent.

La démarche de la smart city est souvent une réussite, les villes qui se développent le plus ont pris en compte cette donnée, il faut donc que les candidats de droite s’en empreignent. Des démarches qui doivent, comme en Inde, être accompagnées d’un soutien de l’Etat. L’Inde a ainsi menée un programme « 100 villes intelligentes » afin d’accompagner avec 14 milliards de dollars d’investissements les villes entrant dans cette démarche. L’Etat n’a plus les moyens d’investir autant mais il se doit de le faire pour que nos villes continuent de se développer économiquement et créer ainsi des richesses mais surtout de l’emploi. Nos villes doivent être des moteurs de notre reconstruction et c’est par la droite que ce développement des smart city semble s’imposer. La ville innovante et intelligente est la solution de l’avenir, à la fois, pour créer une ville durable mais aussi développer notre économie et moderniser l’action publique, ce qu’attendent la plupart des électeurs.

Paul Gallard

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