Etre de droite et non à droite : défendons une certaine idée de la droite et de la France

Ce n’est pas nouveau, la droite est confrontée à une crise profonde depuis plusieurs années et plus spécifiquement depuis 2017. L’élection présidentielle, pour plusieurs raisons, nous a conduit à une impasse. Les élections législatives n’ont fait qu’amplifier cette dynamique mortifère, malgré des résultats honorables au vu de circonstances compliquées.

L’élection d’Emmanuel Macron, véritable « dynamite » dans le spectre politique actuel n’a finalement rien d’étonnant. Un éminent intellectuel italien, Antonio Gramsci, aurait pu prédire un tel événement. Le natif de Sardaigne avait, en effet, théorisé le concept d’hégémonie culturelle. Selon celui-ci, toute victoire politique résulterait d’une victoire idéologique. Alors quel rapport avec Emmanuel Macron me diriez-vous avec raison.

La vérité, c’est que notre Président de la République est une parfaite copie de Louis-Philippe. Il a réussi l’union de la bourgeoisie de droite et de la bourgeoisie de gauche, celle qui lit Le Monde et celle qui lit Le Figaro. Bien sûr, droite et gauche se sont alternées au pouvoir mais appliquant une politique pas si différente sur le fond. Chacune a même voulu marcher sur les plates-bandes de l’autre.

Avec l’arrivée de Valéry Giscard d’Estaing à l’Élysée en 1974, la droite a commencé par abandonner ce qui faisait une partie de son ADN, c’est-à-dire le conservatisme culturel. Le progressisme devenait alors une valeur montante à droite.

Quant à la gauche, enfin victorieuse en 1981 avec l’arrivée de François Mitterrand au pouvoir, elle s’est vite abandonnée à la rigueur budgétaire avec le fameux tournant de la rigueur mené par Pierre Mauroy et Jacques Delors ; précipitant alors la soumission aux critères maastrichtiens, très largement favorables aux intérêts allemands.

Droite progressiste et gauche libérale, cela a conduit le philosophe Jean-Claude Michéa à parler d’une « alternance unique ». L’auteur de la thèse selon laquelle il existerait une unité du libéralisme avait certainement vu juste. Philippe Raynaud ajoutait, quant à lui, que la France était gouvernée par un centrisme implicite depuis quarante ans.

Voilà comment démontrer la véracité des thèses gramscistes. Emmanuel Macron n’a fait que valider un phénomène enclenché de longue date. Nos intellectuels, bercé par les drapeaux rouges de Mai 68 ne sont pas étrangers à ce processus. Cet idéal libéral-libertaire, creuset du macronisme, influence nos pensées tous les jours.

Nous réfléchissons dans un logiciel de pensée déjà préfabriqué. Ce logiciel, abondé par les intérêts des différentes minorités, fait régner un quasi-musèlement des idées qui lui seraient contraires. Les parangons de la liberté d’expression sont souvent, et malheureusement, les premiers à vouer aux gémonies ceux qui pensent différemment de l’idéologie dominante (qui est d’ailleurs celle des classes dominantes selon Karl Marx).

La droite, qui devrait être en mesure d’apporter une alternative sérieuse et crédible, ne doit pas se laisser aspirer au seul et unique motif qu’il faille « vivre avec son temps ». Cette expression, en plus d’être un sophisme fallacieux, ne veut strictement rien dire. Osons imaginer ce qu’auraient fait le Général de Gaulle et les pêcheurs de l’île de Sein s’ils avaient vécu avec leur temps en juin 1940…

Une droite moderne ne pouvant être qu’une ancienne gauche selon le brillant sociologue André Siegfried, il est plus que temps d’avoir le courage de ses convictions sans peur d’être traité de tous les noms. Ne soyons pas les idiots utiles d’une bien-pensance complice du déclin progressif de notre pays.

Corentin Quignon

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