Humanité quand tu nous tiens, on peut bien dire : Adieu thaumaturge !

L’horizon s’est éclairci le jour de la Sainte Estelle, mais avec quelle certitude ? Puisque les sachants continuent de décrypter un virus inconnu, et que l’efficacité du déconfinement ne tient qu’aux français.

A travers son dernier discours, Emmanuel Macron s’est attaché à soulager l’humanité, à venir en aide aux femmes et aux hommes touchés par un deuil, aux victimes de cette « guerre », aussi bien dans le domaine social, touristique, évènementiel, industriel, et économique. Il reconnaît à demi-mot, qu’il existe des dysfonctionnements, sans parler du fiasco d’approvisionnement en masques et tests, dont les premières et secondes lignes ont essuyé les plâtres et les troisièmes lignes confinées se déconfinent dans cet étrange inconnu. 

On décrypte alors, cette façon de vouloir se donner bonne conscience, cette habileté de confondre la justice et la compassion. La justice consiste à donner à autrui ce qui est à lui, ce qui lui revient de droit, c’est pourquoi on peut s’étonner qu’après d’innombrables appels des blouses blanches, le Président découvre leur réalité. 
Alors que la charité semble faire autre chose : Elle donne ce qui est à soi. En lançant un plan massif d’annulation de la dette de certains pays africains, n’y a-t-il pas de contrepartie pour essayer de lutter contre l’impérialisme chinois .

Une définition du dictionnaire vaut mille mots. « Se donner bonne conscience » : Trouver les accommodements et l’indulgence nécessaires vis-à-vis de soi-même pour avoir à moindre frais le sentiment de s’acquitter de ses obligations morales et de n’avoir rien à se reprocher.
Chez Emmanuel Macron, avoir bonne conscience, cela revient à s’estimer sans reproche, tout en sachant que l’injustice demeure, tout en sachant que cela ne changera rien aux causes de l’exclusion, des fractures sociales, et à la faillite du service public. Se déresponsabiliser de tout, en utilisant « vous », et s’approprier les réussites en disant « nous ».
Ne nous leurrons pas, ce quinquennat bien corrodé du « Nouveau Monde » a heurté les français, a divisé le peuple sans cesse, par des mouvements sociaux de grande ampleur. Pour autant, est-il le mieux placé pour rassembler les français aujourd’hui ? Rien n’est moins sûr, tant la réponse à la crise est du ressort de la responsabilité collective et de la politique locale, et qu’il n’y a aucune intention d’endosser une responsabilité individuelle de la part de nos dirigeants, ni même une responsabilité pénale au vu d’une sombre loi jetant l’ambiguïté d’une amnistie, voire d’une auto-amnistie. Est-ce que cela réanimera le cœur des gilets jaunes ? Rien n’est moins sûr, tant les pestiférées d’hier sont les héros d’aujourd’hui, alors qu’ils sont des héros du quotidien. 

Et nous faire croire à la formation d’un gouvernement d’unité nationale serait encore une duperie de plus.

En grande période de crise, lorsque l’on parle d’union nationale, on ne peut s’empêcher de penser à celle de 1934 sous Doumergue, et à celle des deux guerres,  « l’union sacrée » de Raymond Poincaré, en 1914, et l’appel du général de Gaulle, le 5 octobre 1947 : « Depuis l’aurore de notre histoire, nos malheurs furent toujours en proportion de nos divisions. Mais jamais la fortune n’a trahi une France rassemblée. »Il existe aussi, un autre volet de l’union nationale, celui d‘une stratégie de campagne présidentielle exercée par Mitterrand en 1988 sur le refrain de la « France unie » , et sans oublier la volonté d’inscrire son gouvernement dans une démarche « d’ouverture » pratiqué par Sarkozy, en 2007.
Quelle unité nationale ?

Une sorte de gouvernement d’attrape-nigaud de gauche et de droite, de bric et de broc, rempli d’épigone en pleine jaculation déjà usé et déchu. Une unité pour servir une seule et même idée dont l’objectif est d’atteindre l’Elysée en 2022, en achevant ainsi la droite. Tel est le piège, celui de diviser en interne la droite. Cet appel à l’unité se limitera aux mots et aux symboles, et scellera le destin de la droite, parce que, même en démocratie, où l’on peut espérer que la libre confrontation des opinions fasse ressortir le meilleur, le risque de plus en plus tangent, est celui de céder aux sirènes du nationalisme et d’une démagogie déjà bien consommée. Le débat est réduit et la vérité est devenue une opinion parmi tant d’autre.

Si l’appel à l’unité nationale se défigure comme un réflexe conventionnel face à une crise en noyant un profond malaise, elle se limitera alors à la posture, se contentera à copier x fois des Emojis « bravo » en le publiant sur Twitter à 20h00. Inexorablement, la défiance s’est installée, et nous amène à mesurer si l’appel est sincère, ou bien s’il y a une intention électorale.

Si l’union nationale est de rassembler tous les français, elle doit s’exprimer par une politique, des actes assortis à cette détermination de la nation écoutée dans son unité. L’union nationale n’appartient pas à un seul homme, elle peut être engagée par la droite, un groupe solide dans ces convictions qui ne tergiversent plus, en prenant en compte le premier parti de France, celui de l’abstentionnisme, celui de la jeunesse des 18-25 ans. L’unité se basera sur un véritable projet politique sans compromission, en enlevant les ronds de serviettes, en ne cédant plus au fatalisme et au déclinisme.

C’était mieux avant, pas vrai ?

Toutes les périodes de l’histoire ont eu leurs avantages et leurs inconvénients, cela n’empêche pas de rester critique envers la nôtre. Nous devons nous servir de ce lien, se tourner vers le passé, non par nostalgie d’une époque révolue qu’on ne saurait dépasser, mais comme source d’expérience humaine sur laquelle se construit le présent. On ne peut pas non plus se laisser aller à une forme d’indignation sélective, car on s’indigne d’autant plus avec facilité que cela n’a aucune conséquence, c’est ce que l’on appelle l’hypocrisie. N’imitons plus le passé, cultivons-le.

La droite doit prendre conscience des défis d’aujourd’hui et de demain, et doit s’orienter vers un humanisme moderne. Un humanisme préservant l’identité de la France, vivant dans son époque, préoccupé de garantir les liens entre le passé et le présent, tout en restant concerné par la science et ses progrès. Une nouvelle droite qui veillerait à protéger l’homme de leurs répercussions toxiques. Une droite qui conservera son indépendance d’esprit face à toutes les nomenclatures et tous les dogmatismes qu’elle s’est elle-même imposée. Cet humanisme se réalisera par l’action, l’engagement et la solidarité.
Ce ne sera pas un humanisme mou, il devra être accompagné d’une verticalité républicaine pour « guérir ces cœurs empoisonnés » comme l’exprimait Camus, et donc d’une autorité rétablie. La démocratie démarre avec l’instauration de la paix civile et d’un État de droit. Autrement dit, ramener la police administrative à son premier rôle, celui de la prévention et replacer la justice à sa fonction principale de répression. La raison doit reprendre tous son sens.

La droite a la capacité de changer son logiciel, d’être plus proche du citoyen, par des actions fortes, en rassemblant tous les français, les jeunes et les anciens, les femmes et les hommes, les plus fragiles, en s’inspirant de cette parole si juste et encore d’actualité d’Aristide Briand : « La politique, c’est savoir parler aux gens. « , tel est son premier cap.


André Missonnier

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