(Interview) Sébastien Olharan, « La droite en général, les Républicains en particulier, constituent la force politique la plus présente dans les territoires ».

Sébastien Olharan est Maire de Breil-sur-Roya et est le plus jeune maire des Alpes-Maritimes.

Bonjour Monsieur Olharan, quelles sont les motivations qui ont pu vous guider à devenir maire de ce village de Breil-sur-Roya ?

Depuis ma naissance, j’ai toujours vécu à Breil-sur-Roya et j’aime ce village. A l’adolescence, je me suis découvert une passion pour la vie politique. Il était donc on ne peut plus naturel de faire le choix de m’engager pour ma commune, d’autant que j’ai vu à la fois son économie, son image, ses traditions se dégrader rapidement au cours des dernières années. Les associations ont joué un rôle formidable pour maintenir une vie locale mais il était essentiel que la commune soit dans ce domaine également un élément moteur.

Quel doit-être le rôle d’un maire d’une petite commune comme Breil-sur-Roya ?

Le premier rôle d’un Maire, en particulier dans les petites communes, est d’être à l’écoute des habitants, des élus, des agents municipaux. Les habitants peuvent comprendre que le Maire n’ait pas forcément de solutions à tous les problèmes mais ils attendent au minimum que le Maire les entende et fasse de son mieux pour y apporter des réponses. Ensuite, il faut que le Maire soit porteur d’une véritable vision, qu’il élabore une stratégie de développement qui doit dépasser le simple territoire de sa commune et pour cela savoir créer les liens de coopération nécessaires. Une petite commune ne peut rien faire si elle est isolée, elle doit pouvoir s’appuyer sur des relations solides avec ses partenaires, institutionnels et privés.

On note une désertification des milieux ruraux, comment peut-on la résoudre ? Est-ce un processus inévitable lié à l’importance des métropoles ?

Il faut que le Gouvernement cesse d’avoir un temps de retard et regarde en face les dernières évolutions de la société. Comment expliquer qu’on continue la fermeture des services publics en milieu rural alors que de plus en plus d’habitants quittent la ville pour venir s’y installer ? Aujourd’hui, ce ne sont plus les populations rurales qui rejoignent les Métropoles mais les Métropoles qui étendent leur territoire jusqu’à englober des territoires ruraux. C’est à double tranchant. Cela peut permettre une meilleure prise en compte de ces petites communes ou au contraire les faire s’effacer au profit d’une superstructure où le poids de la ville centre est écrasant. Si les Métropoles, les Communautés urbaines et d’Agglomérations devaient être pérennisées, il me semble indispensable que l’organe politique délibérant soit plus représentatif de la diversité des territoires et que l’influence des zones rurales y soit renforcée. De mon point de vue, le modèle des Conseils généraux tels qu’ils étaient constitués avant le dernier redécoupage des cantons était le bon. Je pense que le département est la bonne échelle pour des politiques qui portent une dynamique de territoire sans perdre de vue la proximité, et tous les territoires y étaient bien représentés.

On envie souvent le patrimoine exceptionnel des petites communes françaises, mais le manque de moyens consacrés au patrimoine est criant, quelle doit être la stratégie d’un maire pour conserver et embellir le patrimoine de sa commune ?

La commune de Breil-sur-Roya est riche d’un patrimoine exceptionnel avec un lac, des monuments religieux, militaires, un environnement de Montagne exceptionnel, une des plus belles rivières de France, sans oublier notre langue breilloise, notre cuisine, nos traditions, et le savoir-faire, notamment agricole, que nous avons hérité de nos anciens. Tout cela est malheureusement insuffisamment exploité et valorisé. L’enjeu de mon mandat sera de le faire connaitre et de le transmettre. Pour ne parler que des édifices religieux, qui sont ceux dont l’entretien est le plus couteux, nous avons la chance dans les Alpes-Maritimes de bénéficier de soutiens financiers importants de la part des autres collectivités. Ce patrimoine est si remarquable dans la vallée de la Roya qu’une ligne budgétaire spécifique avait été ouverte dans le dernier Contrat de Plan Etat-Région. J’espère que celle-ci sera reconduite car il y a encore du travail.

Trouvez-vous que la droite sait encore parler à ces milieux ruraux ?

La droite en général, les Républicains en particulier, constituent la force politique la plus présente dans les territoires. Elle obtient au niveau municipal, départemental, régional des résultats remarquables et agit au quotidien, avec des initiatives innovantes, pour faire face au désengagement de l’Etat. A Breil-sur-Roya, pour prévenir la désertification médicale et faire cesser les fermetures de lits à l’hôpital, la commune avait créé une Maison de santé pluriprofessionnelle qui est aujourd’hui considérée comme un modèle à l’échelle de la Région. Cette capacité à innover et cet ancrage dans les territoires est la plus grande force de la droite française. Ses dirigeants doivent en prendre davantage conscience, s’appuyer sur ce qui se fait localement, et écouter les élus locaux pour porter une voix différente des autres familles politiques et plus en phase avec les réalités du terrain.

Quelle vision de la ruralité pour la droite de demain ?

Il faut la considérer comme un atout et non comme une charge. Les territoires ruraux n’ont pas besoin d’assistanat. Ils ont un potentiel considérable qui ne demande qu’à être exploité. On a progressivement, par le recul des services publics, entraîné le déclin de ces territoires, sacrifié leur développement économique et on les a rendus dépendants des mécanismes de péréquation et des dotations de solidarité. La vision que la droite doit porter c’est celle d’un Etat qui recrée une dynamique pour ces zones rurales en y maintenant les services publics essentiels et en faisant en sorte que l’argent employé pour les maintenir en vie le soit pour porter une stratégie de développement. Dans certains domaines comme le tourisme vert, le sport de pleine nature, l’agriculture identitaire, l’agroécologie, il y aura une forte demande dans les années et décennies à venir. Seule la ruralité permettra d’y répondre.

Propos recueillis par Paul Gallard

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