Gaia x, un projet politique fort…et la droite dans tout ça ?

Gaïa x, c’est un projet porté par le couple franco-allemand qui a pour ambition d’asseoir la souveraineté européenne.

Gaïa X est un cloud à part entière, c’est-à-dire un ensemble de serveurs séparés de l’Internet. Elle est donc un espace de stockage sécurisé pour les Européens. Ce projet permettra ainsi de faire basculer les données européennes du Cloud américain, à lui.

Les citoyens européens, les entreprises européennes ; tous pourront se développer dans un « nuage » qui cette fois-ci, sera européen.

Gaïa x devrait ainsi permettre aux entreprises et particuliers européens le souhaitant de ne plus être exposés au bon-vouloir des GAFAM et du gouvernement américain.

Gaïa X témoigne également de la souveraineté française ; dans le domaine numérique, la France mène le pas européen, ce en quoi Gaïa x est une confirmation. S’ajoute à cela l’imbrication de la souveraineté française – nous dirons de l’indépendance française – dans l’indépendance numérique européenne.

Gaïa X, qui es-tu ?

                   Dans la mythologie grecque, Gaïa est la « terre », c’est-à-dire la mère du tout, des titans aux cyclopes.

Elle est donc celle qui rend possible le monde ; de la même manière que le projet Gaïa X ambitionne de marquer le début de l’indépendance numérique européenne.

                   Le projet Gaïa X est né de la coopération de vingt-deux entreprises allemandes et françaises. Sa particularité est d’avoir très vite – si ce n’est, dès ses débuts – été portée tout en même temps par le monde entrepreneurial et par le couple franco-allemand européen.

C’est précisément cette collaboration de l’entreprise et du politique qui est source d’espoir d’un cloud européen solide.

Lors de leur allocution conjointe du 04 juin dernier, Bruno Le Maire et son homologue allemand Peter Altmeier ont annoncé les premiers services de Gaïa X pour début 2021.

A cette date, les entreprises pourront migrer du cloud américain à Gaïa x. Même si la chose est évidemment plus complexe qu’un simple transfert.

Gaïa X se veut comme projet ambitieux et prudent, car Gaïa X est un projet politique (d’où sa force) mais un projet politique européen (d’où sa prudence).

Nous touchons ici à un élément clé de la transition qu’entend porter Gaïa X : équilibrer adroitement entre force et tempérance. En cela, Gaïa X incarne l’autorité à l’européenne, entre force de nos principes démocratiques et force tout court ; force d’abord de nos principes démocratiques, en ce qui légitiment notre force « physique » ensuite.

C’est dans cette même perspective d’autonomie, que Gaïa X prévoit le basculement des utilisateurs du cloud américain à elle, afin de garantir l’indépendance des données européennes.

Gaïa X ou l’Antigone européenne

L’Union européenne doit être fière de ce qui la constitue, c’est-à-dire de ses valeurs et il s’agit maintenant de leur donner une nouvelle réalité.

Gaïa X, c’est en cela la protection des citoyens européens : l’Union européenne n’a jamais abandonné ses citoyens, elle a défendu le RGPD mais ce dernier s’est malheureusement, avéré insuffisant.

Gaïa X, c’est une action plus radicale : c’est pour l’Europe dire « non » aux Etats-Unis.

Non, nous ne transigerons pas sur nos valeurs, qui constituent notre projet politique.

Oui, nous défendrons nos citoyens jusqu’au bout, car notre projet politique est éthique et en cela, nous plaçons et continuerons de placer l’humain au cœur de notre projet. Car qu’est-ce que la politique si ce n’est le service des hommes ?

Précisons ensuite qu’il ne s’agit pas pour l’UE de s’opposer aux Etats-Unis qui restent notre allié idéologique, malgré certains désaccords. Gaïa X touche par là une difficulté pour l’Europe : restée l’alliée des Etats-Unis, avec lesquels domine avant tout l’accord sur l’importance de nos valeurs démocratiques, tout en lui faisant part de nos valeurs caractéristiques, à nous Européens.

Sachant que la puissance américaine doit, en même temps qu’elle échange avec nous, Européens, continuer de s’affirmer dans le jeu mondial…

Autrement dit, les relations Europe/Etats-Unis doivent rester du « gagnant-gagnant ».

Gaïa X comme porte d’entrée vers l’autonomie numérique européenne

Par différents aspects, le « volet numérique » est au cœur de notre présent et sera, que nous l’entendions au non, au cœur de notre futur. Ce que montre Gaïa X : Gaïa X, c’est l’acceptation européenne de l’incontournabilité de cette question conjuguée à l’affirmation européenne.

Le numérique, l’indépendance numérique, ce n’est pas seulement la protection des données européennes. Mais c’est peut-être la porte que l’UE pourrait faire sienne : car l’UE doit bien prendre le sujet par un bout et qu’elle le fait à sa manière, au regard de sa personnalité, de son histoire.

Gaïa X et le covid

La crise sanitaire a secoué nos démocraties, mais elle ne les a pas bouleversées : c’est-à-dire qu’elle ne les a pas retournées.

Les démocraties, ce sont les démocraties européennes (ou occidentales car nous avons rappelé que certains aspects de notre puissance exigent d’inclure les Etats-Unis).

La crise covidique doit ainsi être notre tremplin, notre opportunité pour donner une nouvelle dynamique à notre autonomie européenne.

C’est la question de la 5G, du télétravail, des cours « en distanciel », donc globalement de la couverture numérique de notre pays. Nous l’avons compris : il y a beaucoup à faire.

Mais dès que l’on touche à un de ces sujets, Gaïa X apparait comme la première étape. Par exemple, parce que, qui dit télétravail dit application pour connecter les employés entre eux et qui dit application, dit cloud…

Le numérique ? La droite l’a dans ses gênes.

Gaïa X serait donc le terreau de notre indépendance numérique européenne, mais Gaïa X ne fera pas tout : Gaïa X est le début…aux politiques maintenant de définir le début « de quoi ».

C’est pourquoi la droite doit davantage investir « l’espace numérique », l’inclure dans son projet. Au risque sinon de perdre en audibilité. Car le constat est le suivant : la transition numérique nourrit les autres transitions, que ce sont la transition écologique, la transition démographique, la transition démocratique ou encore l’organisation de l’Etat.

De plus, les questions numériques (difficile ici d’utiliser le singulier) sont transversales et recoupent des espaces largement investis par la droite.

  • Le premier est la place des territoires dans notre démocratie.

La droite connait leur importance ; là où LaREM a (encore) confirmé lors des municipales 2020 sa déconnexion.

La droite n’oublie pas ses territoires, parle à ses territoires, aime ses territoires. Et quel avenir pour nos territoires sans, par exemple, une couverture numérique complète ?

Car les risques sont connus : le premier étant le creusement des inégalités entre les villes, les espaces périurbains, les espaces ruraux. Et ces inégalités portent et continueront de porter sur l’éducation, le travail, l’accès aux services publics.

Aussi, la puissance publique doit continuer et renforcer son travail de sur-mesure développé avec des partenaires comme Orange, géant du numérique mais aussi acteur local. Afin que la fibre soit un bien collectif, c’est-à-dire qu’elle n’entraine pas de phénomène d’exclusion et/ou de rivalité entre les français et ce, dans les différents domaines cités.

  • Le second espace propre à la droite regroupe la sécurité et la défense.

La droite a, dans ce domaine encore, le courage d’en parler. Le courage de continuer le combat. La droite n’oublie pas, par exemple, ces milliers de français qui subissent l’insécurité de certains quartiers, mais aussi les policiers qui, bafoués, continuent de faire leur devoir dans les conditions que l’on connait. De la même manière, la droite porte une vision de la place de la France sur la scène internationale et soutient ses soldats en mission à l’étranger.

Alors la droite doit continuer le combat et porter, pour les Français, un projet numérique ambitieux aussi dans le domaine de la sécurité et de la défense, domaines qui débouchent pour le pays, sur la nécessité de conserver son autonomie numérique.

C’est ce qu’ont rappelé les enchères des fréquences de la 5G : la question n’était pas « va-t-on oui ou non l’installer ? » mais plutôt « qui », allait l’installer. Si nous, c’est-à-dire nos opérateurs et notre gouvernement avaient refusé l’investissement, alors les opérateurs étrangers auraient investi l’espace.

Et alors, non seulement la France aurait perdu l’intérêt de son principal atout dans le domaine du numérique – les opérateurs – mais elle aurait en plus perdu en autonomie. Et comment assumer de reculer de la sorte alors que le pays sort tout juste de la crise covidique qui a notamment mis en exergue la dépendance française pour le matériel sanitaire ?

La droite sait que l’indépendance n’est pas une fin en soi, mais plutôt un moyen de protéger les français et, connaissant la réalité chinoise, personne n’oserait proposer à son pays des réseaux orchestrés par des opérateurs chinois.

Autrement dit, l’autonomie c’est la sécurité et la défense, c’est-à-dire la droite.

C’est la droite qui a toujours porté un discours ambitieux dans ces domaines, c’est la droite qui doit continuer de le porter.

  • Ce qui nous amène au troisième point : la droite est celle qui réconcilie.

Elle est celle qui conserve son ambition de faire société, c’est-à-dire de continuer à placer les français au cœur de son projet en faisant preuve de respect et d’agilité.

C’est précisément parce qu’elle continue de se penser comme le serviteur des Français que la droite doit proposer une politique numérique ambitieuse. Un projet qui ne laissera une partie des français sur le bas-côté. Car aujourd’hui, 20% des français n’ont pas accès au numérique (chiffres de l’Association des petites villes de France). Il s’agit de mener une politique d’accompagnement vers la constitution d’une « culture numérique » car le numérique n’est pas l’informatique : il n’est pas seulement du matériel mais tout en même temps des pratiques.

Il s’agit donc de continuer l’encadrement de la couverture numérique, de continuer à équiper les français – comme le fait par exemple la Région Ile de France ; le travail de Valérie Pécresse a ainsi permis la distribution de quelques 350 000 équipements numériques à destination des lycées en deux ans !

Et il s’agit également d’accompagner les français dans leur apprentissage du numérique ; afin que la culture numérique soit, des étudiants aux administrations en passant par les entreprises, une culture partagée.

L’accompagnement devra également comprendre, inclure la protection. Afin que notre France soit pleinement résiliente et autonome.

  • Le dernier volet constitutif de la droite est sa reconnaissance de l’importance de nos multiples entreprises dans la vitalité de notre tissu économique et social.

La droite a compris depuis longtemps qu’il s’agissait bien de travailler avec elles ; ce qui se manifeste principalement dans son combat pour faire reculer une imposition qui fait partie des plus importantes d’Europe.

Or, le cyber, c’est-à-dire le développement exponentiel de l’Internet, est aussi une cause de fragilisation des entreprises françaises. En effet, 81% d’entre-elles avaient connu une cyberattaque en 2015 (chiffres de Microsoft) !

Si le coût de ces attaques reste difficile à évaluer (car ces attaques sont « silencieuses », c’est-à-dire que les dommages apparaissent au fur et à mesure), une chose est sûre : la réparation est plus coûteuse que la prévention.

Autrement dit, les cyberattaques sont un nouveau coup porté à nos entreprises. C’est pourquoi la droite doit proposer un soutien à ces entreprises ; afin qu’elles soient plus des 17% actuelles, à disposer de moyens de détection.

Pour conclure, la droite est historiquement, celle qui croit au progrès, c’est-à-dire celle qui lit les mutations comme autant d’opportunités. Il ne s’agit pas d’accepter quelconque fatalité mais bien mieux d’anticiper, d’installer, de former. Aussi la droite est la mieux placée pour porter une telle transition. C’est elle qui portera cet espoir.

Aurore Zeghouani

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