(Entretien) Ivan Rioufol, « La guerre intérieure oppose l’islam colonisateur (…) à la France millénaire.

Ivan Rioufol est journaliste au Figaro, éditorialiste média et il a écrit deux ouvrages en 2020 : « Les Traîtres : ils ont abandonné la France » et « Le Réveil des somnambules ».

Bonjour monsieur Rioufol, déjà comment expliquer cet aveuglement de la gauche face aux nombreux périls qui guettaient et guettent aujourd’hui la France ?

L’aveuglement n’a pas été propre à la gauche. Il a touché tous les dirigeants depuis plus de trente ans. Il a consisté à vouloir accompagner la mondialisation, au nom d’une prétendue modernité hostile à toute nostalgie. C’est ainsi que les « élites » ont unilatéralement décrété la fin des nations. Elles ont feint de croire à l’indifférenciation des peuples et des cultures, devenus naturellement remplaçables. La gauche a, certes, été l’inspiratrice de cette idéologie de la diversité, qui est entrée en contradiction avec le principe de l’assimilation, cet ADN français. Mais la droite mimétique l’a suivie. C’est Jacques Chirac qui s’est fait le chantre de l’immigration « chance pour la France ». C’est Nicolas Sarkozy qui a voulu imposer le métissage et a envisagé, un temps, d’introduire la « diversité » dans la Constitution. C’est Alain Juppé qui a fait de l’islamophobie le « point de clivage » pour les Républicains, etc. Parce qu’il ne fallait pas, politiquement correct oblige, « faire le jeu du FN », toutes les alertes ont été rejetées au nom de l’antiracisme, de l’islamophobie et du respect de l’Autre. On en paye aujourd’hui les désastres.

Pourquoi un tel virage de la gauche vers l’Islamisme qui semble pourtant contraire à tous leurs principes existentiels (Laïcité, égalité des genres, fraternité, pacifisme…) ?

Pendant très longtemps, l’islamisme n’a pas été perçu comme un danger. Ceux qui mettaient en alerte – je fus de ceux-là dès les années quatre-vingt-dix – étaient jugés infréquentables, xénophobes, anti-arabes, bas du front. Au nom du respect des minorités, de la non discrimination, du droit à la différence, l’islam politique a très longtemps été laissé en paix. Son goût pour la victimisation a, par la suite, ému une grande partie de la gauche qui a cru voir dans le musulman le nouveau prolétaire, le nouveau dominé à qui la revanche était promise. Des considérations électoralistes ont accentué ce mouvement auprès de l’extrême gauche, qui a clairement fait alliance avec l’< islam révolutionnaire >, cet avatar du défunt communisme, Allah en plus. Une même détestation de l’Occident et de la démocratie libérale, des Etats-Unis et d’Israël, unit le gauchisme à l’islamisme. Leur but est de subvertir la France au profit d’un nouveau totalitarisme.

C’est ce qu’on retrouve dans votre deuxième livre « Le Réveil des somnambules », les drames actuels remettent-ils face à leurs responsabilités tous ces « traîtres » ?

La décapitation de Samuel Paty, le 16 octobre, par un jeune islamiste tchétchène a été le cauchemar de trop. Si la France ne se réveille pas cette fois-ci, elle mourra. Il ne s’agit pas de se contenter de désigner l’islam politique comme le coupable, et encore moins les réseaux sociaux. Les complices du tueur sont d’abord des Français qui portent des prénoms français. Ce sont tous ceux qui, depuis des décennies, n’ont rien voulu voir, ont laissé faire, ont encouragé la République à s’intégrer à l’islam au lieu de l’inverse. Le tueur a appliqué la charia en France. Elle commande, au nom du Coran pris à la lettre, de décapiter le blasphémateur. Or la charia a été rendue possible par une somme de lâchetés, de traîtrises, d’indifférences. L’heure des comptes a sonné. Les responsables sont innombrables. Il n’est pas envisageable de reconstruire la France avec ceux qui l’ont démolie.

Peut-on considérer que la France a du mal à susciter un enthousiasme en la Nation des immigrés sur son territoire en partie par le manque d’identité claire ? L’identité du pays d’origine est-elle plus forte que l’identité Française actuelle ?

La France doit retrouver sa fierté, son goût de vivre et de se défendre. Elle doit renaître. Quand Emmanuel Macron assigne au professeur, dans son hommage rendu à Samuel Paty, le rôle de «  faire des républicains », il participe au mortel oubli d’être d’abord Français, c’est-à-dire attaché à une mémoire collective et à un mode de vie particulier. Comment voulez-vous donner l’envie à un jeune immigré de s’identifier à la nation quand ses dirigeants ne cessent de la mortifier et de la déclarer coupable ? C’est mépriser les musulmans que de les croire, pour nombre d’entre eux, incapables de s’approprier les règles de notre démocratie laïque et l’héritage de notre vieille nation littéraire et frondeuse.

D’un point de vue sémantique, l’emploi du terme de « guerre » renvoie à l’existence de deux camps distincts, lesquels ?

La guerre intérieure oppose l’islam colonisateur et conquérant à la France millénaire. C’est une « drôle de guerre », menée à bas bruit par une minorité qui a ses alliés français et qui remporte des victoires. Si l’Etat ne met pas brutalement un terme à ces crimes, à ces humiliations et à ces collaborations, une guerre civile est à craindre. Elle opposera alors, directement, les résistants aux tenants de l’islamo-fascisme. Son ombre s’étend de plus en plus.

Propos recueillis par Paul Gallard

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