(Entretien) Fabien Bouglé (Essayiste), « Les éoliennes (…) sont fabriquées avec des matières polluantes et non-recyclables ».

Fabien Bouglé est l’auteur de l’essai « Eoliennes la face noire de la transition énergétique ». Porte-parole du réseau Ulysse, ancien vice-président de la Fédération Environnement Durable et conseiller municipal de Versailles 

Vous avez consacré un livre qui avertit sur les dérives des éoliennes, sont-elles réellement écologiques ? 

Les éoliennes ne sont pas de jolies fleurs sur la planète comme nous le dit Green Peace, mais sont fabriquées avec des matières polluantes et non-recyclables. Elles nécessitent des terres rares – ou métaux rares – principalement extraits en Chine, dont l’extraction est extrêmement polluante et conduit à des problèmes de santé – notamment pour des enfants qui sont atteints de leucémie. A Baotou, en Mongolie, il y a beaucoup de leucémies et de radioactivité au sein des mines de terre rare. 

En Outre les pales d’éolienne ne sont pas recyclables. En fin de vie, elles sont alors enfouies dans des décharges. Bloomberg a dévoilé en février de cette année des photographies vues du ciel de pales d’éoliennes alignées les unes aux autres et enterrée des cimetières d’éoliennes.  Les socles de bêton sont enterrés à vie avec 1300 tonnes de bêton et 50 à 100 tonnes de ferrailles. La constitution même des éoliennes est donc polluante. 

Par ailleurs, la raison invoquées pour installer  des éoliennes, c’est de sauver la planète en limitant l’émission des gaz à effet de serre. Effectivement lorsqu’elles fonctionnent, les éoliennes produisent de l’électricité sans émission de gaz à effet de serre, mais le problème – à la différence du nucléaire ou de l’hydraulique – c’est que les éoliennes lorsqu’elles ne tournent pas, nous obligent en complément  à utiliser des usines thermiques (charbon, pétrole, gaz), qui sont ultra polluantes. On a un exemple récent – il y a quelques jours – car le RTE a affirmé qu’on serait confronté bientôt à un blackout (impossibilité de fournir de l’électricité), et on a ouvert des usines au charbon pour compenser l’intermittence des éoliennes car on a mis à l’arrêt plus de 22 usines nucléaires. On en arrive donc au paradoxe que la France qui est l’un des pays les plus vertueux au monde en matière d’émission de gaz à effet de serre grâce à ses parcs nucléaires et hydrauliques, se retrouve dans l’obligation  d’ouvrir des usines au charbon polluantes en raison de l’intermittence du vent. 

Une étude d’Harvard a démontré que les éoliennes causeraient une hausse du réchauffement climatique de 0,24° sur le pays, qu’en pensez-vous ? 

Cette étude précise que l’activité elle-même des éoliennes peut provoquer un réchauffement climatique ; je l’ai écrit dans mon livre, un réchauffement climatique ponctuel sur la zone des éoliennes, et un réchauffement climatique plus globale sur toute la zone pour l’ensemble du parc éolien. Cela vient s’ajouter à l’intermittence du vent et donc de l’utilisation des usines thermiques. 

Mais il est également nécessaire de prendre en compte le bilan carbone d’une éolienne d’environ 60g eq CO2/KWh qui est nécessaire pour la construction de l’éolienne, son transport et son recyclage ; ce bilan est très largement supérieur à l’hydraulique 6 g eq CO2/KWh. On est loin de l’image vertueuse dont elles jouissent. 

On sait que ces éoliennes, et plus généralement les énergies renouvelables ne sont pas compatibles selon les territoires, on ne serait alors pas indépendant énergétiquement ? 

La fermeture de Fessenheim a conduit à l’ouverture d’une usine au charbon ouverte par les Allemands, et cette obligation pour nous de construire des éoliennes conduit à la nécessité de contrebalancer par des énergies fossiles – en particulier le gaz – qui sont contrôlées par d’autres états. Cela pose un problème de souveraineté énergétique : nous sommes actuellement à la fois autosuffisants énergétiquement – par notre parc nucléaire – mais également exportateur en énergie. 

En diminuant la part du  nucléaire, on nous conduit vers une dépendance aux énergies fossiles que nous n’avions pas jusque-là. En outre, lors d’un colloque à l’interallié le 29 septembre, en août, Hervé Machenaud ancien cadre dirigeant d’EDF a dévoilé que  56% de l’électricité produite en France l’était par des entreprises étrangères dont les 2 tiers contrôlées par l’Allemagne, sans compter que les éoliennes en mer sont sous l’égide d’entreprises étrangères : le parc au large de l’Île de Noirmoutier est détenu à 60% par un fond portugais-sino-japonais, Iberdrola détient 100% des éoliennes au large de Saint-Brieuc et les trois autres – Fécamp, Courseulles-sur-Mer et Saint-Nazaire – sont détenus à hauteur de 49 % par des fonds d’investissement et de pension canadien. On voit ainsi qu’en mer ou sur terre, nous perdons la maitrise capitalistique des producteurs d’électricité chez nous. C’est donc un double problème : capitalistique et d’indépendance énergétique. On se demande comment certains élus ont pu défendre de telles absurdités… 

Les terres rares deviendraient un enjeu de puissance, serions-nous dépendants une nouvelle fois de la Chine ? 

Comme les terres rares sont extraites à 80 % en Chine, ça nous rend complétement dépendants des fabricants d’éoliennes chinois et des fournisseurs des matières brutes. Pour une éolienne en mer, c’est près d’une tonne de terres rares pour la construire. 

Pourquoi cette haine envers le nucléaire qui est pourtant l’énergie la plus propre ? 

Il y a eu une modification intellectuelle sur la notion de « pollution ». Auparavant, ce qui posait des difficultés dans la question du nucléaire, c’était la dimension potentiellement non-recyclable des déchets nucléaires, en liaison avec le fait que le nucléaire pouvait être militaire ou civil. Aujourd’hui, nous avons répondu à deux problématiques et nous sommes plus sensibles à la question des émissions de gaz à effet de serre. Le nucléaire fait que 80% de notre électricité est décarbonée. 

La France est un des pays champion du monde en matière de faibles émissions de gaz à effet de serre ; un des pays les plus vertueux (Greta Thunberg peut s’abstenir dans ses remarques sur la France). La question de la gestion de ces déchets nucléaires est pratiquement réglée, le prix Nobel de chimie de 2018, Gérard Mouroux a trouvé la possibilité de traiter les déchets nucléaires au laser, en transformant un isotope ; une découverte majeure qui pourrait permettre de résoudre la question des déchets. 

Là-dessus, la chape de plomb sur cette découverte est insupportable, ces milliards d’euros qu’on consacre aux éoliennes devraient servir à l’industrialisation des travaux de Gérard Mouroux. Cette haine du nucléaire en France est nourrie par des lobbys pilotés par certains gouvernements étrangers. Effectivement, il faut marteler que le nucléaire ne produit pas d’émission de gaz à effet de serre et que le traitement des déchets est en cour de résolution. Quel est l’intérêt de remplacer le nucléaire qui est une énergie décarbonée par l’éolien qui est décarboné mais intermittent ? Les militants d’EELV sont les pollueurs de demain s’ils s’obstinent avec le nucléaire. 

La transition énergétique est-elle devenue une sorte de politiquement correct ? 

C’est le terme du green washing. Pour faire bien, on fait de la transition énergétique ; on ne sait pas vraiment ce que ça veut dire, mais on a bien infusé dans la tête des gens que transition énergétique est égale à éolienne. Or, aujourd’hui, l’éolien est loin d’assurer cette transition énergétique. Une centrale nucléaire répond bien mieux aux défis de la transition écologique. Effectivement, les éoliennes sont devenues des totems de la religion écologiste et servent les intérêts politiques de certains qui souhaitent acheter les voix écologistes afin d’être élus lors des prochaines élections. La compréhension que l’éolien n’est pas une solution pour résoudre les maux écologiques est diffusée de manière importante ; c’est une prise de conscience importante qui aura certainement une influence aux prochaines présidentielles. 

Où doit être le curseur entre progrès et conservatisme ? 

Je ne crois pas du tout en la collapsologie et au fait qu’on reviendrait à une société d’Amish de type Cochet, qui croit qu’on doit revenir aux puits, etc… L’Homme a la particularité depuis la nuit des temps – on le retrouve en archéologie – de trouver des inventions pour améliorer son cadre de vie. Je crois en l’Homme capable d’avoir des valeurs conservatrices – valeurs très écologistes – en respectant son environnement, en évitant les dérapages transhumanistes, tout en étant sensible aux découvertes. Comment avoir une société moderne, tout en assurant une conservation de notre environnement ? On aura des grands penseurs, des grands inventeurs, des grands politiques, qui permettront d’aller dans ce sens, il faut être optimiste. Cependant, il faut rester vigilant sur les dérives de l’industrialisation. 

L’opposition envers les éoliennes peut-elle servir dans une vision plus globale de l’écologie de la droite de demain ? 

On parle en permanence d’une écologie de droite, ce qui l’opposerait à l’écologie idéologique, ce serait le pragmatisme. Comment on vit dans un environnement sain – bien manger, un paysage de qualité ? Est-ce que l’écologie n’est pas consubstantielle avec la droite ? N’est-ce pas un pléonasme ? La droite n’a-t-elle au fond toujours été écologique et qu’elle en a simplement perdu l’écologie politique ? En réalité, ce qui s’oppose n’est pas l’écologie de droite ou de gauche – certaines personnes de gauche sont très sincères sur ces sujets et rejoindraient des gens de droite – mais plutôt ce qui différencie une écologie pragmatique à l’écolo-business. Oui, il y a une écologie de droite, et elle doit être basée sur l’action concrète plutôt que sur de grands discours politiques. Je n’ai pas vu beaucoup d’engagement de la droite sur ces sujets. Je conseille à la droite de s’en saisir, en agissant dans des domaines concrets tels que le localisme, les circuits courts, un cadre de vie de qualité et la préservation de l’environnement ; et bien entendu sur le refus de la multiplication des éoliennes. 

Propos recueillis par Paul Gallard

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