La dérive du système éducatif français

L’Éducation Nationale, ou l’institution censée transmettre des savoirs, une histoire, un héritage culturel. L’Éducation Nationale, ou cette institution de la méritocratie, censée récompenser les talents sans distinction sociale.

Or, Depuis des dizaines d’années, cette machine, ce « mammouth » comme disait Claude Allègre, se morfond dans un immobilisme criminel. En effet, au gré des réformes idéologiques, l’école d’aujourd’hui ne répond plus à ses missions essentielles. Francois Fillon avait déjà évoqué ce problème en 2017 lorsqu’il disait,

« C’était par l’école, que chacun s’il en avait le talent, et s’il en avait la volonté pouvait s’élever au dessus de sa condition et échapper à tous les déterminismes sociaux. Désormais l’école ne veut plus voir la réussite. Elle s’est érigée en machine à niveler, à mettre en scène une illusoire uniformité pour tous ».

Parmi les causes de ce massacre, deux ont été particulièrement dévastatrices.  Tout d’abord, le Président François Mitterand et son idée désastreuse ; « 80%  d’une classe d’âge au bac ». Cette politique de chiffre a largement contribué à l’affaissement du niveau du premier grade universitaire, le baccalauréat. En effet, pour parvenir à un tel résultat, le niveau requis afin d’obtenir ce diplôme a baissé  de façon grotesque. On en est même arrivé au point où celui-ci est désormais presque donné. À titre illustratif, le taux de réussite au baccalauréat général en 2019 s’élève à 91.2%. On constate dès lors un fossé entre le niveau du baccalauréat et le niveau attendu en études supérieures. Le baccalauréat est alors réduit en un diplôme qui ouvre l’accès à l’enseignement supérieur sans réellement y préparer. Ensuite, il y a eu la loi d’orientation sur l’éducation, dite loi « Jospin »,  du 10 juillet 1989 qui invite l’élève à construire son propre savoir. Mais, ne serait-ce pas au professeur d’enseigner, de transmettre les savoirs fondamentaux, plutôt qu’à l’élève d’aller les chercher par lui-même ? N’aurait-on pas inversé les rôles ?

De surcroît, certains chiffres sont alarmants. On observe à cet égard qu’environ 20% des élèves ne maitrisent pas la lecture à leur entrée au collège. La lecture qui, avec l’écriture et le calcul, est pourtant la condition sine qua non de l’intégration sociale. Puis, récemment, l’étude Internationale TIMSS 2019 a pointé du doigt le niveau des élèves de CM1 ainsi que de quatrième en mathématiques et en sciences. Cette étude n’est guère plus rassurante sur l’état de notre système éducatif, sur notre capacité à enseigner les savoirs fondamentaux.

Mais alors, où va t-on ? Quelle école veulent-ils nous imposer ? Une école de l’inculture ?

Notons le lien étroit qui subsiste entre la culture et la liberté. C’est en effet grâce,  et par la culture qu’un individu développera son esprit critique. Ce dernier est l’un des points cardinaux de la liberté de l’Homme ; il lui permet d’élever sa réflexion, d’approfondir ses pensées, ses idées. Cet esprit critique est d’autant plus  primordial qu’il va permettre à l’Homme de ne pas tomber dans le piège de la démagogie, si habilement tendu par les extrêmes.

Cette folie criminelle qu’est le saccage de l’école, et par conséquent de la culture générale doit cesser dès maintenant. L’Éducation doit redevenir une priorité pour nos gouvernants, car c’est par l’Éducation que l’on forme les citoyens de demain. L’école doit redevenir ce lieu de transmission de connaissances, ce lieu qui livre aux futurs citoyens le socle de culture générale nécessaire à leur propre développement. François Xavier Bellamy soulignait très bien dans une récente interview les risques de l’inculture, les risques d’une école qui ne transmet plus les savoirs fondamentaux. « Partout où la culture n’est plus transmise on voit resurgir l’inculture c’est à dire aussi le chemin vers la barbarie ».

Aubin Ravaut

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