(Rencontre) Valérie Boyer, « La France (…) est une civilisation »

Valérie Boyer est députée Les Républicains des Bouches-du-Rhône. Ancrée dans son territoire, elle est également très engagée dans la défense de notre culture à travers une volonté de transmission de l'héritage civilisationnel. 

A.S : Pouvez-vous nous présenter votre parcours politique ?

V.B : Je m’appelle Valérie Boyer, j’ai été élue députée pour la première fois en 2007 à Marseille, c’est donc mon troisième mandat. Je suis engagée sur les questions de santé puisque je m’occupais de ces questions pour mon parti politique. Lors du dernier mandat en 2017, j’ai élargi mon champ d’activité et maintenant je siège à la Commission des affaires étrangères où les actions que j’avais conduite auparavant sur les droits humains trouvent un prolongement dans l’action que je mène au sein de cette dernière.

Je suis également Vice-présidente de la Commission du Droit des femmes, présidente d’un groupe sur les violences intra-familiales et je m’occupe aussi des questions liées aux chrétiens d’Orient puisque je suis également Vice-présidente d’un groupe d’étude parlementaire sur les chrétiens d’Orient. Je mène également d’autres actions car je fais parti des groupes d’amitié France-Israël, France-Arménie, et je préside le groupe d’amitié France-Jordanie

A.S : À ce titre, quel regard avez-vous sur la loi du non-cumul des mandats ? Faut-il garder un lien entre le mandat local et national ?

V.B :  Je trouve que c’est une erreur purement démagogique de la part de la gauche et d’Emmanuel Macron d’avoir coupé le lien entre l’Assemblée Nationale et les territoires. D’ailleurs ils l’ont payé cher avec la crise des gilets jaunes. Aujourd’hui, tout le monde est convaincu que si les députés, même En Marche, avaient été ancrés dans leurs territoires, cette crise n’aurait pas eu lieu, ou du moins n’aurait pas pris cette ampleur. Je rappelle que 50% des parlementaires qui siègent à l’Assemblée Nationale dans le groupe En Marche sont issus directement du parti socialiste soit par un encartement dans ce dernier, soit par un mandat. Parmi les autres, il y a des opportunistes et quelques prises de « gueguerre » de notre famille politique.

A.S : Sur les élections européennes, d’après vous quels sont les enjeux civilisationnels pour la France au travers de ces dernières ?

V.B : Il faut que les français aient conscience qu’aujourd’hui, la France c’est plus qu’un pays, qu’une nation, c’est une civilisation. Cette dernière s’inscrit dans un trésor qui est unique au monde et dans l’histoire de l’humanité par la construction européenne. Aujourd’hui, il nous faut une France forte dans un Europe forte mais que chacun respecte sa souveraineté. Pour cela, il faut qu’on sache d’où l’on vient, le meilleur symbole étant le drapeau européen. Il est bleu et jaune, bleu comme le manteau de la vierge Marie et porte les 12 étoiles, non pas car la construction s’est faite à 12 pays car c’était à 6, mais parce que sur la couronne de la vierge Marie il y avait 12 étoiles et la personne qui a dessiné ce drapeau, l’a conçu car il a compris que si l’Europe se faisait, c’est par ce qu’elle était enracinée dans un continent où la culture et les racines chrétiennes sont primordiales et essentielles. Tout comme les racines de la démocratie qui est naît à Athènes en Grèce, qui ont permis par la suite aux Lumières de pouvoir s’exprimer et advenir.

Donc si on a pas conscience de nos fondamentaux, de nos piliers civilisationnels, et bien ce sera très compliqué d’imposer l’Union Européenne dans le monde. Or, nous avons à faire à des gros enjeux, ceux des États-Unis, de la Chine et surtout, nous sommes face à une lutte mondiale contre le terrorisme islamiste.

Si l’on ne sait pas quels sont nos racines, que l’Europe cesse d’être le continent des droits humains, celui où les femmes sont libres, nous ne pourrons plus défendre nos valeurs.

S.J : Vous avez parlé de la Chine et des États-Unis, comment l’Europe peut-elle se positionner entre ces deux forces continentales, en plus de la Russie ?

V.B : La première chose, c’est d’avoir des relations où la réciprocité est au cœur de ces dernières. Ce n’est pas le cas aujourd’hui. Savez-vous que les marchés publics français sont ouverts à 100%. Or, ils ne le sont qu’à 30% aux États-Unis et 0% en Chine, donc sans réciprocité cela ne peut pas fonctionner. Démographiquement, l’Europe pèse très peu à l’échelle du monde. En revanche, sur le plan du développement économique, des inventions, des brevets, des droits humains, de l’aide au développement, l’Europe est moteur mondial. Donc si on a pas conscience du trésor que constitue la France dans l’Europe, c’est compliqué de le défendre.

Mais pour cela, il faut abandonner notre naïveté et avoir conscience de ce que nous pesons, de ce que nous sommes, d’où nous venons et avoir des relations équilibrées. Avec la Chine par exemple, les relations ne sont pas équilibrées sur le plan commercial et technologique. C’est bien évidemment le même cas avec les États-Unis et avec les traités que l’on signe.

Je souhaiterai évoquer avec vous un point qui m’a beaucoup choqué. Par delà la sinistre affaire Vincent Lambert, où une famille déchirée se dispute le sort d’une personne extrêmement handicapée, je note que ce qui a permis à Vincent Lambert d’être accueilli dans une unité pour les pauci-relationnels, soit un endroit où sa situation de grand handicape pourra être pris en charge pour son alimentation et son hydratation, c’est parce qu’un tribunal français s’est appuyé sur un Traité de l’ONU sur les handicapés. La France étant partie à ce Traité, on nous a toujours dit que ce dernier était non-contraignant, or je note que les traités ou pactes dans lesquels la France s’engagent sont extrêmement contraignant, la preuve en est avec le dénouement de l’affaire.

Pendant plusieurs semaines, le Gouvernement nous a fait croire que la ratification en catimini du Pacte de Marrakech n’était pas contraignant, et bien cela me fait douter sur cette ratification soit-disant non-contraignante. En effet, si nous signons des traités, c’est pour qu’ils soient respectés et s’ils existent c’est pour que des juridictions y fassent un jour référence.

Moi je ne souhaite pas qu’on abandonne des pans de notre souveraineté à ce genre de traité qui sont négociés et votés sans que les français y participent ou que cela soit effectué sans transparence auprès des français.     

S.J : Très bien, la deuxième thématique portera sur le droit des femmes en France, de ce fait, pensez-vous que la société française est-elle suffisamment armée et avancée ?

V.B : Vous savez, je m’honore d’appartenir à la famille politique dans laquelle Simone Veil militait. Je rappelle qu’elle était présidente du comité de soutien de Nicolas Sarkozy, qu’elle a défilée comme moi lors de la « Manif pour Tous » pour dire non à la Gestation pour Autrui (GPA). Dans ma famille politique, il y a toujours eu de grandes avancées pour le droit des femmes, la loi Copé-Zimmermann permet d’avoir des avancées majeures pour les femmes dans les entreprises et le monde du travail. La loi de 2010 de Guy Geoffroy pour les violences qui sont faites aux femmes également. Moi-même, j’ai beaucoup travaillé sur cette question et ait déposé de nombreuse propositions. J’ai déposé des propositions pour protéger les enfants lorsqu’il y a des conjoints violents, des propositions pour que les femmes qui sont en danger de mort permanent parce qu’elles sont battues puissent être mieux protégées. Je me suis bien évidement opposée à la GPA car je suis opposée à la location du corps des femmes et au fait qu’on s’arroge le droit de commander, fabriquer et de vendre un être humain vulnérable, puisqu’il s’agit dans un premier temps d’un foetus puis d’un bébé.

Tout cela fait parti de mon ADN, de la même façon que j’interviendrai dans le débat pour la Procréation Médical Assistée (PMA). Non pas que je m’y oppose, bien au contraire, je suis pour la PMA, d’autant plus que c’est moi qui ai permis aux femmes françaises de pouvoir congeler leur patrimoine génétique par la congélation des ovocytes comme le faisait les hommes jusqu’à présent pour leur patrimoine.

C’est quelque chose que j’ai imposé en 2010 lors des lois de bio-éthique. Donc je suis extrêmement favorable à toutes ces techniques qui permettent à des personnes infertiles de pouvoir avoir des enfants en bénéficiant de la solidarité nationale.

            En revanche, je m’opposerai au fait, qu’au nom du désir d’enfant, on permette à des personnes qui ne sont pas malades, en l’occurence deux femmes qui veulent avoir un enfant ne le sont pas et je ne vois pas pourquoi la solidarité nationale participerai à leurs soins pour qu’elles puissent avoir un enfant. De la même façon, je n’arrive pas à voir comment on arriverait à faire le tri entre les couples infertiles et ces personnes qui désirent avoir un enfant, même si je trouve cela tout à fait légitime. Mais qui allons nous mettre dans la file d’attente ?

-Aux personnes infertiles, on va leur demander de prouver leur infertilité et à ces personnes qui ne le sont pas on va leur permettre d’être directement mises dans la file d’attente. Premier problème.

-Deuxième problème : comment allons-nous faire pour les gamètes ? Savez-vous qu’aujourd’hui nous sommes en pénurie de gamètes et qu’on a très peu d’hommes qui donnent du sperme et encore moins de femmes qui sont en capacité de donner leurs ovocytes ? Donc demain, comment choisir entre une personne infertile et une personne qui n’est pas malade ? Et pourquoi la solidarité nationale paierai un traitement pour des personnes non-malade ?

Donc nous sommes là au cœur de principes fondamentaux, à la fois des principes qui heurtent la solidarité nationale et à la fois des principes qui vont nous conduire à vendre ou acheter des produits humains. Pour ma part, je m’oppose à la marchandisation du corps humain.

Pour revenir aux droits des femmes, il y a eu d’énorme avancées et je me réjouis d’être française et européenne, car c’est bien en France que les femmes comme les hommes sont le mieux protégés. Aussi bien pour leur protection sociale que pour leur protection physique ou leurs droits humains.

En revanche, l’instrumentalisation qu’en fait le Gouvernement au travers de la Ministre chargé de l’égalité entre les femmes et les hommes Madame Schiappa est particulièrement calamiteuse. Un seul exemple, Madame Schiappa réagi avec beaucoup de violences et véhémence à une blague grasse d’un animateur TV, en l’occurence Tex, et qui est dans un silence assourdissant quand un rappeur comme Nick Conrad récidive après avoir dit « pendez les blancs, pendez les bébés blancs » et condamné à une peine dérisoire de 5000€ et qui maintenant a mimé l’étranglement d’une femme parce que blanche et qu’il a des propos absolument incroyable sur le viol dans l’indifférence médiatique, alors que Tex a été renvoyé de France Télévision et a complètement disparu des plateaux télévisés.

Je ne comprends pas cette indignation à deux vitesses et cette complaisance qu’entretien Madame Schiappa et ses amis avec tous ces mouvements extrêmement racistes que sont les indigènes de la République par exemple, et qui divisent la société en fonction de notre couleur de peau et de nos origines. Or, je voudrai rappeler que la France n’est pas un pays multiculturel mais qu’il a toujours été un pays multiracial, et ça c’est quand même quelque chose de fondamental dans notre culture. Nous ne sommes pas un pays communautariste, nous pensons que les valeurs de la République s’appliquent à tous, nous croyons à l’universalité de nos valeurs. C’est d’ailleurs pour cela que la France est plus qu’un pays, c’est une civilisation.

S.J : Quelles sont les nouveautés en matière de droit des femmes au sein de la droite ? 

V.B : Il a été voté il y a quelques jours au Sénat, un texte qui permet que les personnes qui portent un voile ne puissent pas accompagner les enfants en sortie scolaire. Je rappelle que la République est laïque et que l’école l’est aussi. Soit quand en sortie scolaire, pendant les horaires de l’école, avec des enfants qui la fréquente avec leurs instituteurs, des personnes affichent leur appartenance religieuse c’est une atteinte à la laïcité. Mais au-delà de ça, ce qui m’indigne c’est que le voilement des femmes comme le voilement des petites filles, c’est une atteinte à la liberté des femmes car c’est les enfermées dans leur sexe, dans leur genre, c’est leur dire qu’elles sont en dehors de la société et qu’une partie du monde leur est interdit. C’est peut être une liberté dans le privé mais c’est pas une liberté qui peut s’exprimer de cette façon parce que c’est contraire à nos principes d’égalité et c’est au contraire quand il s’agit de service public, à notre principe de neutralité. 

A.S : Merci pour vos réponses, nous allons donc passer au troisième et dernier thème de la journée, sur les chrétiens d’Orient. Depuis le génocide arménien de 1915, qui a fait près d’1,5 millions de mort parmi les populations arméniennes, assyriennes et grecques pontiques, donc des chrétiens d’Orient, quel constat faites vous sur le niveau de vie actuel de ces populations ?

V.B : C’est absolument dramatique. Effectivement, je fais parti des personnes qui ont fondé le groupe d’étude sur les chrétiens d’Orient, puisqu’en 2014 nous avons tous assisté impuissant à l’émergence de l’organisation « État islamique » qui a mis à feu et à sang cette partie du monde, et qui a répandu sa morbide idéologie terroriste, y compris chez nous où on a plus de 250 personnes qui sont mortes parce qu’elles étaient françaises.

Ce que je souhaite faire dans ce groupe, c’est déjà d’être cohérente dans mes engagements. Effectivement en 2011 et 2012, j’ai porté et j’ai été l’auteure du texte sur la pénalisation du négationnisme du génocide arménien. Pour rappelle, en 1915, le Gouvernement « Jeunes-Turcs » a massacré les arméniens parce qu’ils étaient chrétiens, l’objectif étant de faire un nettoyage ethnique dans cette partie de la Turquie dont un tiers de la population était arménienne. Ce nettoyage ethnique a abouti au génocide d’1,5 millions de personnes arméniennes.

Mais en même temps, sur un territoire frontalier, se jouait le même génocide qui s’appelle « passer par l’épée » et qui a concerné les grecs pontiques, les assyriens, les assyro-chaldéens, les nestoriens…etc soit le même nettoyage ethnique qui est fait par les mêmes sur ce territoire mais qui est fait dans l’indifférence, et là c’est 75% de la population qui a été massacrée.

Donc on a deux génocides qui se sont déroulés en même temps, un sur la partie actuelle de la Turquie, et un autre en Irak et en Syrie.

Quand j’ai vu les images du Mont Sinjar, quand j’ai entendu parler de Deir ez-Zor et que j’ai lu les témoignages de ce qu’il s’est passé en 2014 lorsque l’organisation « État islamique » a jeté son voile noir sur cette partie du monde, j’ai eu l’impression de relire les témoignages des mêmes atrocités qui ont été perpétrées à partir de 1915 dans l’actuelle Turquie. C’est la raison pour laquelle j’ai déposé à l’Assemblée Nationale, outre plusieurs textes sur la pénalisation de la négation du génocide arménien, une demande de reconnaissance par la France du génocide des grecs pontiques, des assyro-chaldéens, des assyriens. Le but étant que le 24 avril, nous commémorions à la fois le génocide arménien mais aussi le génocide de leurs malheureux voisins qui ont subi le même sort de nettoyage ethnique qui a été fait sur la base de leur chrétienté et de leur appartenance ethnique. Cette éradication ethnique est absolument terrible et elle a été très récemment subite par les yézidis sous l’organisation « État islamique ».

A.S : Que pensez vous de l’entrée de la Turquie dans l’Union Européenne ?

V.B : Je suis opposée à la Turquie dans l’Union Européenne, pas seulement parce que la Turquie n’est pas l’Europe du fait qu’elle se trouve en Asie mineure, mais également parce que la Turquie ne répond pas aux critères d’entrée dans l’Union Européenne. Parmi ces critères, il y a le refus de reconnaître l’existence du Génocide arménien. C’est malheureusement sur la base de ce mensonge et de ce refus que la société turque est fondée et enfermée. Donc il n’est pas possible de faire entrer ce genre de pays dans l’Union Européenne, et il y a bien entendu beaucoup d’autres raisons.

Je voudrais quand même rappeler à tous ceux, et notamment au Rassemblement National qui nous accuse de complaisance avec la Turquie, que l’UMP a été fondée sur le refus de l’entrée de la Turquie dans l’Union Européenne. C’est également pour cette raison que Nicolas Sarkozy a remporté les suffrage des adhérents de l’UMP transformé en Républicains plus tard. Alors s’il y a bien une famille politique pour laquelle il n’y a pas de sujet avec l’entrée de la Turquie au sein de l’Union Européenne c’est bien la nôtre. 

A.S : Pour finir, qu’est-ce que pour vous, la droite de demain ?

V.B : Je pense que la droite de demain ce que nos idées sont majoritaires dans l’opinion française, mais il nous faut retrouver ce lien, ce lien charnel qui nous avait uni aux français. Par exemple, lors de la création de l’UMP. La droite de demain, c’est la droit unie, c’est-à-dire celle qui va du centre jusqu’à la droite. C’est aussi la droite qui affirme ses valeurs et qui sait d’où elle vient. Mais je pense que nous y sommes déjà dans la droite de demain aujourd’hui, que nos valeurs, que l’affirmation de ce que nous sommes est quelque chose qui a été retrouvée, notamment dans la campagne qu’à conduite François-Xavier Bellamy avec Laurent Wauquiez pour les élections européennes. Je pense que les fondamentaux sont là et je suis optimiste.    

Propos recueillis par Alexandre Saradjian et Samuel Joly pour Droite de Demain.

(Rencontre) Xavier Wiik, « On a perdu le sens du temps long en politique »

Xavier Wiik est candidat sur la liste des Républicains de François-Xavier Bellamy pour les européennes de 2019.

Bonjour, pouvez-vous vous présenter ainsi que votre parcours politique ?

Xavier Wiik, 35 ans, papa d’une petite fille de 5 ans, compagnon fidèle d’une jeune psychologue, je suis sapeur-pompier professionnel depuis une quinzaine d’année bientôt (donc fonctionnaire) et en qualité de capitaine je commande la compagnie de Grasse (environ 450 sapeurs-pompiers répartis sur 10 casernes couvrant 29 communes). Par ailleurs je suis doctorant en droit et titulaire également d’une licence STAPS.
Je n’ai pas de parcours politique au sens classique du terme, je suis un militant engagé et c’est un élément qui perturbe pas mal mes interlocuteurs, habitués à ne voir en politique que des « élus ». Je suis membre du comité de circonscription LR de la 7e puisque je suis antibois (06). Si j’ai toujours gardé confiance en mon parti c’est principalement parce que j’avais devant moi Jean Leonetti, mon maire, et que je me retrouve dans les valeurs qu’il porte. Je pourrai citer également Eric Pauget, ou encore David Lisnard qui sont des élus engagés sur le local, ce à quoi je suis sensible. Sans ces figures dans notre mouvement je ne sais pas si j’aurais gardé espoir après toutes ces années.  

Votre présence sur la liste a un double impact : vous êtes à la fois jeune et également de la société civile. Quel message est envoyé aux jeunes de droite en particulier et à la jeunesse en général ?

A l’origine Jean Leonetti s’était publiquement prononcé en faveur d’un renouvellement profond à l’occasion des européennes (https://www.lejdd.fr/Politique/europeenne-jean-leonetti-possible-tete-de-liste-des-republicains-face-aux-vieux-schnocks-de-son-parti-3788882). Laurent Wauquiez a suivi son 1er vice-président et a validé le principe d’une liste composée à 50% de primo candidats pour cette échéance, ce que la commission nationale d’investiture présidée par Eric CIOTTI a entériné. C’est important de souligner cette volonté car c’est une véritable rupture pour notre parti et un pari osé de nos dirigeants, ce qui est assez nouveau pour notre famille. Lorsque j’avais écrit au président de la CNI en 2015 pour l’interpeller sur la nécessité d’engager un renouvellement à l’occasion des régionales, je n’avais pas trouvé pareil écho … 
Ma candidature, mais je ne suis pas le seul dans ce cas aux républicains, démontre que notre parti tire donc les enseignements du passé. Nous avons compris qu’il y avait un désir de changement de la part des français, tant dans les idées que dans les visages et c’est important, car les deux vont de pair. La désignation d’un trentenaire pour mener notre liste est une preuve supplémentaire de cette volonté assumée. En préférant promouvoir des militants engagés, plutôt qu’en choisissant des inconnus sur internet sur la base de CV transmis par mail, nous démontrons que notre démarche est par ailleurs cohérente. 
Sans parler de message envoyé à la jeunesse, une chose apparaît clairement, Les Républicains préparent l’avenir avec ceux qui feront la France de demain. Mais parce que les excès sont dangereux, notre liste représente un équilibre entre la fraicheur de la jeunesse et la sagesse de l’expérience.

Qu’est-ce que votre candidature apporte à la liste LR ?

Ma candidature apporte à la liste LR un profil un peu atypique, que vous ne trouverez pas forcément chez nos concurrents. Au delà de ma profession, je suis d’abord et surtout un citoyen engagé en prise avec les réalités. Je pense qu’il est intéressant de réunir des profils différents entre des élus et des militants, des employés du privé et des fonctionnaires, des cadres et des employés, parce que l’une des richesses de notre parti réside en la diversité de ceux qui le composent. Se priver de cela serait dommage.

Quel impact cet engagement politique a eu sur votre vie ?

Cet engagement a quelque peu modifié mon quotidien en effet. Pour faire campagne je prends des congés, et j’ajoute à mes journées de travail déjà chargées, des rencontres, meetings, café-débats et autre tractage par exemple. C’est assez dense depuis mon investiture ! D’ailleurs cet engagement n’était envisageable pour moi qu’avec le soutien de ma femme, c’est une petite révolution familiale, même si elle n’est que de courte durée.

Comment réagit-on lorsqu’on s’exprime devant 1000 personnes et les cadres des Républicains comme au Cannet ?

Il faut déjà savoir qu’au Cannet je n’avais pas prévu de m’exprimer dans ces conditions, j’avais à l’origine un discours écrit. J’ai appris 10 minutes avant de monter sur scène que je n’avais pas de pupitre, donc j’ai improvisé. C’est impressionnant à l’évidence, mais je n’ai ressenti que de la bienveillance dans la salle, c’était donc naturel de m’exprimer, finalement au milieu des miens.Il est par ailleurs très important de garder la tête froide, je pense qu’il est possible, sans cela, de se laisser enivrer par ce genre d’exercice, ce qui me parait pour le moins dangereux. Les politiques qui s’écoutent parler et ne vivent que pour leur image, ils sont nombreux aujourd’hui au pouvoir, perdent le sens de l’engagement tel que je le conçois et tel qu’il m’a été transmis.

François-Xavier Bellamy est un jeune candidat. Que pensez-vous de cette tête de liste qui casse tous les codes de la politique à droite ?

François-Xavier Bellamy, que j’ai côtoyé à quelques reprises ces derniers temps, est quelqu’un de fascinant. Il est aussi simple et accessible qu’il est brillant. J’ai trouvé chez lui une capacité d’écoute auprès des gens qu’il rencontre qui force l’admiration. Et puis, un si bel esprit ne peut que faire du bien à la droite, c’est certain, mais je crois que sa façon de faire est un exemple à suivre pour tout le monde politique. Il respecte le débat d’idées et s’attache à mettre du fond dans toute son expression publique, ce qui fait cruellement défaut à nombre de ses concurrents. Enfin, j’ai trouvé chez lui une modestie sincère, qui est presque invraisemblable tant il a déjà réussi à transformer cette campagne pour notre famille politique qu’il rassemble.

On sent que les Républicains et la politique en général ont du mal à convaincre les jeunes actifs de s’engager ainsi que de voter aux élections. Comment peut-on l’expliquer ? Et comment y répondre ?

Il y a un rejet profond de la classe politique. Les différentes enquêtes du CEVIPOF le décrivent avec justesse depuis longtemps, ce mal est donc assez profond. On ne peut pas espérer en une campagne redonner confiance et envie quand des décennies de déconvenue, voire de trahison de l’électorat sont passées par là. Mais il ne faut pas avoir peur de penser les choses sur la durée. On a perdu le sens du temps long en politique, alors que les bonne choses sont lentes à naître. J’aime bien reprendre cette image, si vous plantez un arbre, il est inutile de tirer dessus, il ne poussera pas plus vite. Il faut prendre le temps de faire les choses et ne pas céder au « court termisme » dicté par les médias notamment, les chaines d’info en continu et les réseaux sociaux particulièrement.Quant aux jeunes actifs, il faut redonner du sens à l’action politique, faire preuve de courage et de clarté, en commençant par associer les actes une fois au pouvoir, aux promesses faites, pour commencer à recréer du lien. C’est aussi à cette nouvelle génération à laquelle nous appartenons de prendre ses responsabilités si nous ne voulons pas subir les choix fait par d’autres : il faut s’engager !

Qu’est-ce que, selon vous, la droite de demain ?

La droite de demain :Selon moi, la droite de demain elle doit être en prise avec les réalités, elle doit sortir des grands discours pour regarder le monde tel qu’il évolue afin d’agir pour l’avenir de nos enfants. « Nous sommes les enfants de cette histoire magnifique » nous ne devons pas oublier d’où nous venons pour poursuivre notre idéal républicain et humaniste, tout en comprenant le réel. La droite de demain elle devra défendre la place de la France dans l’Europe, et de lEurope dans le monde. La droite de demain doit rester ferme sur ses valeurs ; liberté, égalité, fraternité, laïcité, féminisme, sans aucune compromission vis-à-vis de ceux qui voudraient la voir disparaitre dans la mondialisation, car nous pouvons être fiers de ce que nous sommes. La droite de demain elle sait que les défis qu’ils soient écologiques, migratoires, économiques, civilisationnels, qui l’attendent sont cruciaux et qu’il y a urgence à agir avec courage.La droite de demain c’est vous, c’est moi, ce sont d’autres, qu’importe, à condition que le bien commun prévale toujours sur les intérêts particuliers.

Propos recueillis par Paul Gallard pour Droite de Demain.

(Tribune) Anne Sander, « Notre projet repose sur une Europe frontière »

Anne Sander est députée européen Les Républicains depuis 2014. 

Jamais l’Europe n’aura été aussi mal aimée. Et pourtant, c’est bien grâce à elle que règne la paix depuis plus de 70 ans sur notre continent. Au regard de la montée des populismes et du risque de dislocation de l’Europe, rappelons-nous les raisons de la construction européenne par nos pères fondateurs : une volonté de paix, de solidarité, de vivre-ensemble.

De nombreuses avancées ont été permises au cours des dernières années, en voici quelques exemples. La politique agricole commune nous assure une alimentation suffisante et saine, le marché commun a permis de créer des emplois, l’Euro facilite la circulation et les échanges. Et puis, grâce à l’Europe, nos jeunes peuvent aller explorer de nouvelles cultures, histoires et langues grâce au programme ERASMUS.  L’Europe a en effet besoin d’une jeunesse engagée pour se construire !

Le scrutin du dimanche 26 mai s’annonce crucial pour notre avenir. 427 millions de personnes de 28 pays seront invités à aller aux urnes pour choisir les femmes et les hommes qui les représenteront au Parlement européen, seule institution européenne élue au suffrage universel direct. Par ce vote, les électeurs détermineront quelle direction prendra l’Europe pour les prochaines années. Nous, Les Républicains, nous nous engageons pour refonder profondément l’Europe et rétablir la France.

C’est pourquoi, il est important d’avoir des élus politiques engagés au service des Français, et qui portent un projet clair pour l’Europe. En effet, le Parlement européen nouvellement élu, devra s’atteler à résoudre une multitude défis qui appellent à des réponses fortes, ambitieuses et coordonnées.

L’Europe est en effet à un tournant clé de son histoire. Elle doit impérativement apporter des réponses concrètes aux défis migratoire, économique, social et environnemental. L’Europe fait face également à une crise de légitimité. Les citoyens ne se reconnaissent plus dans cette organisation.

Les élections doivent être l’occasion de s’exprimer sur le fond, sur quelle Europe nous voulons. Or aujourd’hui, en France, le débat est totalement bipolarisé entre le Rassemblement national et La République En Marche, un duo, qui s’entretient l’un l’autre, confisquant le vrai débat aux Français et rejouant le 3ème tour des élections présidentielles.

Or Le Pen/Macron, ce sont deux voies sont issue. Emmanuel Macron nous propose toujours plus d’Europe, une Europe des élargissements, une Europe de la technocratie et déconnectée des réalités, l’Europe qui est rejetée par nos concitoyens ! Quant à Marine Le Pen, elle n’a qu’un objectif, détruire l’Europe et entrainer les Français dans un chaos total comme celui qui règne en Grande-Bretagne aujourd’hui, suite au référendum sur le Brexit.

Mais, il y a un autre chemin pour l’Europe, le seul qui permettra de retrouver une France et une Europe puissantes sur la scène internationale, c’est celui porté par la liste d’Union et du Centre. Notre projet repose sur une Europe frontière, qui stoppe l’immigration de masse, et nous défend face au terrorisme islamiste, en refusant tout nouvel élargissement. Mettre en place une double protection de nos frontières est au cœur de nos priorités.

Nous croyons en une Europe Puissance qui défend nos entreprises et qui assume le rapport de force avec les géants du XXIe siècle. Nous voulons des champions européens qui s’affirment face aux Américains et aux Chinois. Il est essentiel que l’Europe renoue avec la préférence européenne et française et avec le principe de réciprocité dans les échanges commerciaux. C’est aussi pour cela que nous demandons une barrière écologique qui soutiendra nos agriculteurs, artisans, commerçants et entreprises prises globalement face à la concurrence déloyale

Nous les Républicains, nous nous battons pour une Europe Projet, axée sur le développement prioritaire de grands projets stratégiques, utiles pour notre économie, pour notre influence, pour notre avenir. Enfin, nous voulons une Europe Efficace, qui soit plus démocratique, moins technocratique, plus respectueuse des citoyens et des nations européennes. Pour notre famille politique, l’Europe doit être grande sur les grands enjeux et petite sur les petits enjeux.

Mais le projet le plus ambitieux consiste à redonner un avenir à la civilisation européenne. Nous souhaitons une Europe qui assume et défende notre histoire, transmette et fait rayonner avec fierté notre culture et notre patrimoine communs, nos racines judéo-chrétiennes. L’Europe est d’abord une civilisation dont les valeurs, précieuses, doivent être préservées. Et lorsqu’on parle de l’histoire, on s’arrête forcément à Strasbourg où tant de larmes et de sang ont coulé. C’est aussi à partir de Strasbourg que les coutures ont été recousues et qu’est reparti le projet européen, voilà pourquoi le siège du Parlement européen doit être à Strasbourg et doit le rester.

La droite de demain, c’est celle qui assume son histoire, la transmet et à partir de là, s’engage pour écrire, avec ses partenaires européens du PPE, une nouvelle page de l’histoire. Nous avons cette responsabilité ! Alors je compte sur vous pour relever ce magnifique défi le 26 mai.

Anne Sander

(Rencontre) Franck Proust, « La droite de demain, c’est la droite qui gagne »

Franck Proust est député européen Les Républicains. 

Bonjour, vous êtes député européen et candidat sortant. Quel est le rôle d’un député
européen ? En quoi les décisions votées au Parlement Européen impactent-elles le quotidien ?

Le député européen est le représentant de la France et de ses intérêts au niveau du Parlement européen. Son rôle est d’élaborer les textes législatifs afin qu’ils puissent coller au plus près de la réalité du terrain et aux attentes de nos concitoyens. En ce qui me concerne, je n’oublie jamais mon ancrage local au moment où je travaille sur les textes législatifs afin qu’ils soient connectés avec la réalité du terrain. Ce qui est voté à Bruxelles, comme vous le dites, impactent directement nos concitoyens. Les derniers exemples en date ? La fin des frais d’itinérance en Europe, roaming, qui nous permet désormais de pouvoir appeler partout en Europe sans être surfacturé; la portabilité des données, qui nous permet d’utiliser nos abonnements aux différentes plateformes – notamment video et audio – partout en Europe; mais aussi, dans un autre domaine, les droits des voyageurs aériens et ferroviaires, qui permet aux européens d’être indemnisés en cas de retard de leur avion ou train. L’Europe est concrète quand on se donne les moyens de la mettre au service des citoyens.

Vous êtes membre des Républicains et donc du PPE. Quelle vision le parti LR porte-il sur l’Europe au sein de ce groupe parlementaire européen ?

Les Républicains et son Président, Laurent Wauquiez, sont très présents au sein du PPE. Laurent Wauquiez se déplace régulièrement pour les réunions du PPE, afin de rencontrer ses homologues étrangers. Et je suis fier d’avoir pour Président un homme qui s’implique pour l’Europe, qui s’implique pour porter la voix de notre parti au sein de ce grand parti européen. Une Europe de projet, une Europe ambitieuse, une Europe qui protège et une Europe résolument concrète. Voilà les grandes lignes du message que nous portons auprès du PPE, et croyez moi, notre message est entendu.

Vous êtes depuis 2 ans le Président de la délégation française au Parlement Européen. Quelles sont les prérogatives d’un tel rôle ?

Je dois tout d’abord dire que c’est un véritable honneur d’être le Président de la délégation française du PPE et que je mesurais chaque jour la charge de cette responsabilité.Mon rôle était essentiellement de coordonner les consignes de vote au moment des plénières, mais également de porter la voix de notre délégation lors des réunions avec les autres délégations afin d’obtenir des améliorations, modifications ou infléchissements dans différents textes. C’est un poste qui demande beaucoup de rigueur, de travail et de présence, mais c’est véritablement passionnant.

La transition du mode de liste (Par circonscription en 2014 et par circonscription unique nationale en 2019) est-elle favorable à l’émergence d’un débat européen ? La campagne se trouve-t-elle modifiée ?

Les listes nationales, je l’ai toujours dit, j’étais contre. Et je reste opposé à ce mode de scrutin qui déshumanise les européennes et éloigne les députés européens – qui souffrent déjà d’un déficit de notoriété auprès de la population – des citoyens.Emmanuel Macron a modifié ce scrutin pour une raison purement politicienne : il n’avait pas suffisamment de têtes de listes connues et reconnues à placer dans les eurorégions. Regardez la difficulté qu’il a eu pour trouver une tête de liste, imaginez s’il avait du en choisir plusieurs !Pour Les Républicains, le mode de scrutin ne change pas notre manière de faire campagne : nous nous répartissons le territoire national et nous sillonnons la France pour présenter aux français notre projet. Fort de notre réseau d’élus locaux, nos échanges se passent très bien avec la population qui sont en demande d’avoir des explications sur l’Europe et qui sont très réceptif à ce que nous leur proposons.

Pour revenir à la droite française, des figures nouvelles émergent. Quelle vision portez-vous sur la nouvelle dynamique au sein de celle-ci ?

Notre famille politique était au plus bas en 2017, au soir du premier tour. Mais pourtant, nous avons su être résilient. Nous avons su nous rebrousser les manches pour reconstruire notre parti. Et notre Président de parti, Laurent WAUQUIEZ, a su remettre sur pieds notre famille politique en sachant s’appuyer sur nos « grand » élus, mais également sur une nouvelle génération. François-Xavier Bellamy incarne cette nouvelle génération, et mène une campagne exceptionnelle. Son énergie, son empathie, ses compétences, sont des véritables atouts pour notre campagne et plus généralement pour notre mouvement politique. Avec Laurent Wauquiez, avec François-Xavier Bellamy, et avec tous les élus et militants de notre parti, nous continuerons d’avancer, de proposer, car quand on aime la France on veut contribuer à son développement, à sa réhabilitation sur la scène internationale et à son retour au premier plan au niveau européen.

Qu’est-ce que la droite de demain selon vous ?

La Droite de demain, j’espère que c’est déjà la Droite d’aujourd’hui. Une Droite qui n’a pas peur d’affirmer ses convictions. Une Droite qui propose un projet avant de dévoiler celles et ceux qui vont l’incarner, comme ce fut le cas pour les européennes. Une Droite qui sait d’où elle vient, et qui a un cap clair pour l’avenir. Je suis très optimiste pour l’avenir de notre famille politique. Mais pour répondre plus directement à votre question : la Droite de demain, j’espère que c’est la Droite qui gagne. 

Propos recueillis par Paul Gallard pour Droite de Demain.

(Rencontre) Livia Graziani Sanciu, « Bellamy, une chance pour ces européennes »

Livia Graziani Sanciu est Responsable des Jeunes de Haute-Corse des Républicains et candidate sur la liste des Républicains menée par François-Xavier Bellamy. 

Bonjour Livia Graziani Sanciu pouvez-vous vous présenter ainsi que votre parcours politique ?

J’ai 22 ans et je suis encartée aux Républicains depuis 2012, je suis devenue Responsable des jeunes d’Haute-Corse depuis 2016, membre du bureau national depuis octobre mais aussi benjamine de la liste Les Républicains pour ces élections européennes.

Comment définiriez vous le rôle de RDJ et plus particulièrement en Haute-Corse ?

Le rôle de RDJ c’est surtout un rôle d’accompagnement de la jeunesse, c’est un rôle important je trouve car la jeunesse c’est tout simplement l’avenir de notre famille politique. On ne recrute pas un jeune comme on peut recruter un militant lambda car il faut adapter son discours vers des thématiques qui l’intéresse, il faut lui montrer une certaine modernité dans le parti, mais aussi dans les actions menées, les réunions… et je peux vous dire que ce n’est pas un travail si facile. Le rôle de RDJ ce n’est pas que ça c’est aussi apporter de nouvelles idées, montrer qu’ils ont tout intérêt à s’intéresser à la politique.

Les élections sur la liste LR montre que le futur se prépare, quel est le signal envoyé pour la droite de demain ?

C’est un très beau signal, cela montre la prise de conscience de nos cadres, de l’envie de renouvellement des militants, des électeurs aussi tout simplement alors après je ne confonds pas ça avec le dégagisme, j’y suis fermement opposée. On a pu voir avec certains députés et élus de manière générale notamment du coté de LREM que le renouvellement malgré son importance, il faut qu’il y ait un encadrement et que les nouveaux élus puissent aussi bénéficier de l’expérience des anciens pour avancer ainsi que se former au maximum.

LR propose d’élargir ERASMUS pour les lycéens et apprentis, quel est le message pour la jeunesse ?

Je trouve que c’est le plus beau de tout les messages pour la jeunesse. Pouvoir faire un séjour à l’étranger c’est sûrement une des meilleurs choses qui puissent nous arriver lorsqu’on est jeune et je ne vois pas pourquoi ceci serait réservé aux étudiants. Pouvoir faire six mois dans un pays européen quand on est encore au lycée ou en apprentissage, c’est s’ouvrir à une autre culture sans abandonner la sienne. En tant qu’étudiant, on a tous fait des soirées ERASMUS et on voit que le but n’est pas d’abandonner sa culture. Au contraire, il y a anglais, un irlandais, un italien, un espagnole.. bref chacun amène sa culture et quand on revient dans son pays on a vu de nouvelles choses, découvert des nouvelles cultures, on a juste l’esprit plus ouvert et on aborde les choses de manières différentes. Je trouve donc que c’est un super message et que ça ne doit plus être réservé aux étudiants des études supérieures.

La dynamique Bellamy, une dynamique pour l’avenir ?

Il n’y a que l’avenir qui nous le dira. Je pense quand même que oui, que ça ne fait aucun doute. Aujourd’hui on a la chance, et c’en est véritablement une, d’avoir François-Xavier Bellamy qui mène notre liste pour les européennes. De la chance dans le fait qu’il relève énormément le niveau de la classe politique aujourd’hui, il apporte de la fraîcheur aux Républicains à un moment où l’on en avait besoin. C’est le cas tant dans le fond que dans la forme et je pense que c’est une dynamique qui ne peut que s’amplifier et je suis très contente de pouvoir faire mon petit bout de chemin avec François-Xavier Bellamy qui est un vrai talent auquel je crois énormément. J’espère que pour les prochaines échéances, d’autres Bellamy vont apparaître.


Qu’est-ce-que selon vous, la Droite de Demain ?

Je pense que la droite de demain doit passer par ce renouvellement là. C’est une droite qui assume ses valeurs car je pense qu’on ne perdra pas nos électeurs en assumant nos convictions. Au contraire si on a perdu des électeurs tentés par d’autres partis, c’est justement parce que la droite c’est le parti des valeurs et des convictions et à certains moment, on ne les a pas assez incarnés. C’est donc une droite renouvelée qui assume ses convictions mais pas seulement c’est aussi une droite conservatrice, c’est-à-dire s’inspirer de l’héritage de nos anciens en sachant l’inculquer à notre génération et en la transmettant aux générations futures. Pour moi c’est cela le conservatisme, ce n’est pas regarder en arrière mais savoir que ce qu’on a c’est un bien qui mérite d’être regardé à sa juste valeur. Et la droite de demain pour dire un dernier mot c’est aussi une droite qui est libérale (elle souhaite une économie prospère) mais qui sait se protéger, en protégeant en particulier ses agriculteurs et son économie.

Propos recueillis par Paul Gallard et Guillaume Pot pour Droite de Demain.

(Tribune) Aubin Mutter, « Bellamy : un nouveau souffle pour la Droite ! »

Illustration. Meeting de Françoix-Xavier Bellamy au Cannet.

Aubin Mutter est étudiant en droit à Lyon. Il est militant actif des Républicains et de l'UNI. 

Depuis l’annonce de la nomination de François-Xavier Bellamy en tant que tête de liste pour la campagne des européennes, la droite française a retrouvé espoir.

Le pari était risqué : face à une débâcle annoncée, François-Xavier Bellamy et Les Républicains n’avaient pas le droit à l’erreur. La mission était simple ; sauver la droite et lui redonner de la crédibilité après l’échec des présidentielles. 

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il est parti pour réussir ! Le jeune philosophe de 33 ans a entamé sa folle remontée avec le soutien d’une liste qui est sans doute la plus talentueuse et compétente de cette campagne européenne. La liste des Républicains propose une vraie alternative à l’anti Europe néfaste du Rassemblement National, mais aussi à la vision vide du fédéralisme européen de Madame Loiseau et d’En Marche.

Le projet des Républicains est simple : refonder l’Europe pour rétablir la France. Avoir enfin une Europe au service de ses citoyens et qui fonctionne. Les Républicains ont compris que l’Europe était un outil fantastique, mais qu’il fallait la réformer pour que celle-ci marche.

Le pragmatisme des Républicains, allié au personnage de Bellamy, donne un mélange gagnant pour la droite française. En effet, le candidat parvient à donner un nouveau souffle à la droite. Ce vent de fraicheur porté par des convictions assumées fait du bien à la droite et cela se ressent dans la mobilisation.

François-Xavier Bellamy plait et il parvient à rassembler. Que ce soit dans le parti avec une liste qui a conquis de « Osez la France » à « Libres! » en passant par « Force républicaine » mais aussi en dehors du parti avec le ralliement des Centristes d’Hervé Morin et de « Chasse, pêche, nature et traditions ».

La liste est portée par une belle dynamique et des équipes militantes motivées qui se mobilisent dans toute la France. On a notamment pu voir les jeunes présents autour du candidat dans l’ensemble de ses meetings à Lyon, lors du conseil national, à Strasbourg, Compiègne ou encore au Cannet. La jeunesse se tourne vers cette nouvelle droite.

François-Xavier Bellamy, c’est cette Droite de Demain, une droite qui assume ses convictions, une droite qui est fière de ce qu’elle représente. Nul doute que c’est avec des personnes comme lui que la Droite pourra se reconstruire et redevenir la première force politique.

Le combat des européennes est un combat de convictions pour l’avenir de notre pays et de l’Europe. A nous de choisir ce que nous voulons pour notre avenir, à nous de prendre notre destin en main.

C’est à nous de choisir ce que nous voulons pour la Droite de demain, pour la France de demain et pour l’Europe de demain ! Alors, à nous de VOTER FRANÇOIS-XAVIER BELLAMY le 26 mai prochain !

Aubin  Mutter

(Tribune) Julien Aubert, « La droite doit se réinventer ou disparaître »

Julien Aubert est député Les Républicains du Vaucluse et Président du mouvement gaulliste Oser la France. 

Pour la première fois depuis la fondation de la Vème République, la Droite a été éliminée du second tour d’une élection présidentielle et a poursuivi la plus longue cure d’opposition de son histoire. L’élection d’Emmanuel Macron en 2017 a mis la droite au tapis. Depuis lors, elle se reconstruit, avec une nouvelle équipe à la tête des Républicains ou sur la liste LR aux Européennes. Selon moi, l’avenir est limpide : elle doit désormais se réinventer ou disparaître. Les écueils sont cependant nombreux sur la route.

Premier écueil : La Droite doit se réinventer, mais elle doit le faire, sans la Gauche, qui a disparu. Faute d’adversaire traditionnel, cela rend l’exercice complexe car on ne peut pas se limiter à du ripolinage ou une pensée pavlovienne. Or, Macron n’a pas créé un vrai clivage idéologique, mais sociologique. Il a attiré à lui tous ceux – de gauche comme de droite – qui plaçaient leur intérêt économique au dessus des clivages politiques, en validant une politique d’inspiration néoliberale, favorable à la baisse de la taxation sur le capital mobile, et à une adaptation à la mondialisation. Par certains aspects, il a renoncé aux vieilles lunes socialistes qui faisaient l’objet d’un repoussoir instinctif pour notre électorat. Tant mieux : cela nous oblige à rentrer dans son logiciel néolibéral, mondialisant et déraciné pour distinguer ce qui ne peut pas relever de notre vision de la société.

Trois questions se posent désormais à nous : quel progrès voulons-nous sans être « progressistes » ? Quelle identité voulons-nous sans être identitaires ? Quelle liberté voulons-nous sans être mondialisateurs ou libertaires ? 

La Droite doit ensuite trouver un chemin pour parler à tous les Français et pas seulement à son socle électoral traditionnel. En effet, depuis 2007, nous avons perdu un gros tiers de notre potentiel électoral. Les classes populaires nous ont quitté pour le RN, de même que les jeunes ou les indépendants. Les chefs d’entreprise et les cadres ont été séduits par Macron.

Cela suppose de trouver une politique de rassemblement, qui permette de réconcilier la France qui vote Macron et la France qui vote Le Pen, la France urbaine et la France périphérique, la France diplomée et la France moins diplomée. C’est cela, ou disparaître dans le gouffre créé par cette opposition. Il s’agit moins de parler ici de la « Droite de demain », que de la « France de demain ».

Pour la Droite réinventée, cela veut dire résister à ceux qui pour se sauver du gouffre veulent éviter de questionner qui nous sommes, en proposant des alliances permettant de rejoindre l’une ou l’autre des France. Leur obsession est de survivre à tout prix, quitte à perdre notre identité intellectuelle et politique. Soyons clair : l’union automatique avec le centre peut conduire à réintroduire le gène macronien dans la Droite, même si tous les centristes ne se ressemblent pas.
L’union fantasmée avec l’extrême-droite (pudiquement appelée union des droites) conduit à mélanger ceux qui refusent la République multiculturelle et ceux qui refusent la République multiethnique, ceux qui sont eurocritiques et ceux qui sont anti-européens, les patriotes et les nationalistes.

La voie de la Droite de demain c’est de penser une nouvelle « Union sacrée » sur un projet alternatif à celui de Macron : la souveraineté de la Nation, un Etat stratège et aménageur, une culture nationale d’assimilation et une volonté forte de dépasser les clivages lorsque c’est nécessaire dans l’intérêt supérieur de la nation et des français. C’est aussi d’assumer que l’important n’est pas de gagner l’élection mais de restaurer la confiance dans la démocratie en ayant les idées claires une fois au pouvoir. C’est enfin défendre le peuple contre les intérêts communautaristes, corporatistes et particuliers. 

A Oser la France, mouvement gaulliste et patriote que j’ai créé et que je préside, nous pensons que le gaullisme est toujours d’actualité et nous offre un logiciel de contre-attaque. Alors, en avant !

Julien Aubert

Faustine Maliar, « Faire émerger une nouvelle génération à droite »

Faustine Maliar est candidate en 24ème position pour les Républicains sur la liste portée par François-Xavier Bellamy. Engagée dans le Pas-de-Calais, elle est directrice adjointe de la Maire de Calais, Nathacha Bouchart et conseillère régionale. 

Bonjour, pouvez-vous vous présenter ainsi que votre parcours politique ?

Je m’appelle Faustine Maliar j’ai 23 ans, je suis conseillère régionale déléguée des Hauts-de-France aux côtés de Xavier Bertrand depuis 2015 et je suis également directrice de cabinet adjointe de Natacha Bouchart, Maire de Calais. J’ai commencé très jeune à m’intéresser à la politique, j’ai commencé à militer dès l’âge de 15 ans et j’ai pris ma carte l’année suivante en adéquation avec la réglementation. J’ai ensuite commencé à militer de manière active à partir de ce moment là. J’ai toujours eu à cœur de prendre part aux différentes actions de mon parti, dans les bons comme dans les mauvais moments.

Votre présence sur la liste LR à un jeune âge est-elle un message envoyé par Les Républicains ?

Cela renvoie à un message d’engagement pour la jeunesse. Aujourd’hui on a assiste à une crise des vocations en politique, on voit bien que les jeunes ont tendance malheureusement à se désintéresser de la politique. Je ne pense pas que ce soit de leur faute. Je pense que c’est essentiellement parce que les responsables politiques depuis quelques années ont arrêté de leur parler, ont arrêté d’avoir un discours qui s’adresse à la jeunesse et au final ont eu tendance à laisser les problématiques propres aux jeunes de côté et sans s’y intéresser, sans demander leur avis et je pense que c’est là où se situe la fracture. Donc je pense que le fait d’avoir, quelque soit les partis, dans le cas des européennes mais aussi de manière générale des jeunes mis en avant, cela est bénéfique. Il est bien plus facile de parler à quelqu’un de 25 ou 30 ans quand on a cet âge là que lorsque on s’adresse à quelqu’un de plus âgé. Cela renvoie un message d’ouverture mais aussi que la politique n’est pas seulement l’affaire de ceux qui sont plus âgés. Il faut justement arriver à un schéma qui convient à tous et cela nécessite d’impliquer tout le monde dans sa constitution. En tout cas c’est ce que je souhaite renvoyer de façon globale à travers le parcours qui est le mien et de façon plus particulière durant cette élection européenne.

La candidature de François-Xavier Bellamy comme tête de liste aux européennes est-elle une dynamique pour l’avenir ?

Oui, je pense que la candidature de François-Xavier est une dynamique à plusieurs niveaux pas seulement pour l’âge en tant que tel car l’âge sans les idées n’a aucun sens, ce qu’on cherche aujourd’hui c’est de faire émerger une nouvelle génération. Françoix-Xavier Bellamy a 33 ans et c’est très jeune en politique, plus jeune que d’autres responsables nationaux qui sont là depuis plusieurs décennies. Mais l’âge ne suffit pas, ce que j’apprécie chez lui c’est son dynamisme mais également les idées qu’il porte et qui sont celles dont l’électorat de droite est attaché. Je pense notamment aux messages qui renvoient à nos valeurs et à nos racines judéo- chrétiennes, à cette vision du Monde qui refuse que le progrès technologique, économique et numérique nous oblige à tirer un trait sur notre histoire et notre culture. Je pense qu’aujourd’hui et cela peut paraître paradoxal, la droite moderne est incarnée par de nouveaux visages mais qui n’oublie pas d’où elle vient afin de savoir où elle va. C’est pour cela que François-Xavier Bellamy est un très bel exemple de ce que la nouvelle génération de droite peut apporter à la France.

Pour rester sur l’Union Européenne qu’est-ce que l’Europe pour vous ?

Je pense que l’Europe c’est avant tout une échelle stratégique qui permet aux pays qui en sont membres de rivaliser dans une concurrence mondiale qui n’a jamais été aussi féroce. Il faut tout d’abord rivaliser du point de vue économique face à des puissances énormes que sont la Chine et les USA mais également la Russie. Tant que l’Europe ne sera pas soudée, nous ne serons pas capables de rivaliser avec ces hyper-puissances. On ne peut avoir d’Europe forte sans France forte mais l’inverse est vrai également car lorsque la France est affaiblie c’est l’Europe qui se retrouve en mauvaise posture. Depuis plusieurs années on assiste à une succession de vagues migratoires sur l’Europe et face à cela on a une absence totale de réponse de la part de l’UE. C’est quelque chose qui ne peut plus durer. Aujourd’hui nous sommes capables d’avoir une PAC mais pourtant incapables d’avoir une réelle politique en matière d’immigration. Hors tant que les États au sein de l’UE continuerons d’avoir des critères différents en matière de droit à l’asile, d’accueil des populations, on aura toujours des disparités entre les États. Par exemple l’asile : aucun pays européen n’a la même liste de pays « en guerre » donc cela pose un problème de répartition et d’accueil de ces populations. Cela nous amène donc à la gestion de nos frontières par l’agence FRONTEX qui a pour l’instant des fonds encore insuffisants pour faire face à l’afflux migratoire. Le mouvement que l’on connaît depuis 2015 n’est à mon avis qu’à son prémisse avec une migration qui montera en raison des paramètres climatiques, écologiques, politiques et économiques. Je pense que la responsabilité de l’Europe est de se préparer à ça. L’Europe est perçue par les Français comme une techno-structure très éloignée de leurs préoccupations, qu’elle n’est faite que pour ajouter des normes à des normes déjà nombreuses. L’Europe doit être aussi un cadre qui protège à la fois les intérêts économiques de la France mais également ses intérêts stratégiques en matière de défense !

L’Europe c’est également un socle commun de valeurs, de cultures, de racines et de partages entre les différentes populations qui la composent. Il faut qu’il y ait un socle historique commun et c’est pour cela que nous sommes avec la liste Les Républicains fermement opposés à un élargissement des membres de l’UE et plus particulièrement pour un pays comme la Turquie. Nous ne partageons pas les mêmes valeurs et la même vision de notre UE, ils ne sont pas capables de vivre et de partager un avenir commun.

L’Europe c’est pour moi un espace dans lequel chacun est libre de vivre et de circuler librement, libre d’étudier à l’étranger, de travailler à l’étranger. Une des réussites, je pense forcément au programme ERASMUS qui a permis à de nombreux jeunes de découvrir d’autres pays et d’enrichir ainsi leurs expériences. C’est ce cadre qu’il faut défendre car il fait la force de l’Europe. Malheureusement il a tendance à passer au second plan car aujourd’hui il est bien plus aisé de montrer les contraintes de l’UE plutôt que les réussites. C’est vraiment ces sujets là que j’ai à cœur de porter dans cette campagne face à deux voies complètement qui nous mèneraient dans le mur. D’un coté Emmanuel Macron qui souhaite toujours plus de fédéralisme, plus de techno-structures, et qui prône un élargissement de l’UE. De l’autre, Marine Le Pen qui tient un discours totalement inverse à celui qu’elle tenait durant l’élection présidentielle, c’est à dire qu’elle ne parle plus de sortie de l’UE et lorsqu’elle parle de souveraineté monétaire, on se rend compte que le fond est toujours le même, elle n’attend que le Frexit comme ses amis qui l’ont fait en Angleterre pour le résultat que l’on connaît aujourd’hui. La seule offre politique qui permet de dire « oui nous sommes européens mais nous voulons que l’Europe change », cette offre politique, il n’y a que Les Républicains qui la propose aux électeurs.

La droite de demain ?

La droite de demain est une droite qui assume d’être de droite, qui arrête de se renier, une droite qui assume de ne pas transiger sur ses valeurs quitte à déplaire la bien-pensance politico-médiatique et les cercles élitistes. C’est une droite qui sait d’où elle vient, une droite qui assume sa part de méritocratie, qui assume ses valeurs judéo-chrétiennes, qui assume que la France n’est pas un pays comme les autres, qui pense que la France doit jouer les premiers rôles sur la scène internationale et c’est surtout une droite qui n’a pas peur de porter tous ces messages. Il faut qu’elle arrête de transmettre un discours tiède à ses électeurs et sympathisants notamment sur les questions qui leurs tiennent à cœur tel que le terrorisme : oui il faut lutter contre ces barbares qui veulent mettre fin à notre civilisation, notre manière de vivre. La droite de demain c’est aussi un peu plus de clarté et c’est surtout une jeunesse qui pense que la France n’a pas dit son dernier mot. Montrer que nous sommes toujours le pays qui a inspiré le Monde entier de par son histoire, de par sa philosophie et enfin de par son héritage.

Propos recueillis par Guillaume Pot pour Droite de Demain.

(Tribune) Cristina Storoni : La transition écologique que nous souhaitons en Europe

Cristina Storoni est candidate en 12ème position du parti Les Républicains pour les élections européennes de 2019. Elle est directeur de cabinet adjoint du groupe Les Républicains à l'Assemblée Nationale.  

Il faut réussir la transition écologique en Europe car elle est nécessaire : l’objectif numéro 1 c’est de réduire nos émissions de GES et notre dépendance du fossile que nous importons mais il faut le faire au moindre coût pour nos citoyens. D’où la question de la bonne affectation des moyens financiers et de l’évaluation du rapport coût/efficacité d’une mesure car il faut que l’argent soit efficacement dépensé et il ne faut pas être idéologues mais pragmatiques.

La question de la méthode ensuite car, nous l’avons vu avec la crise des gilets jaunes dont le point de départ a été  l’augmentation des taxes sur les carburants, nous ne pouvons pas faire la transition écologique contre les citoyens.

Des principes simples mais clairs doivent guider notre action pour la transition écologique :

Premièrement, nous ne sommes pas tous égaux devant la transition écologique : les gens qui habitent en zone urbaine peuvent prendre les transports en commun, mais les gens qui habitent en zone rurale sont obligés de prendre leur voiture pour aller travailler. En Europe il y a 16 millions de chômeurs ; 20% de la population vit en zone rurale, en France c’est beaucoup plus, 1/3 de la population et les territoires ruraux représentent 80% du territoire.

Ce qui signifie que les politiques publiques doivent être différenciées et cibler ceux qui polluent le plus,  ne pas stigmatiser ceux qui sont les plus défavorisés ou ceux qui n’ont pas d’alternative et surtout les accompagner financièrement.

Notre priorité c’est de lutter contre le dérèglement climatique et réduire notre dépendance énergétique en visant la neutralité carbone en 2050.

Cet objectif n’est pas unanime en Europe car les pays encore dépendants du charbon, notamment la Pologne, ne veulent pas en entendre parler. Il faut donc réaffirmer l’importance de l’objectif préalable de la réduction du fossile en Europe et notamment du 0 charbon et il faut utiliser la plateforme de soutien aux régions charbonnières de l’UE pour négocier avec les pays de l’Est, notamment la Pologne, et pour les accompagner dans la transition énergétique et dans la reconversion de centaines de milliers d’emplois liés à l’industrie minière, notamment en Silésie.

Deuxièmement, il faut remettre l’Homme au centre de la transition écologique. Le développement durable est un trépied  fondé sur trois piliers : la  protection de l’environnement, le progrès social et la viabilité économique. Aucun de ces trois piliers ne doit être déséquilibré par rapport aux autres. Ce qui signifie qu’il  faut réconcilier économie et écologie, choisir des mesures qui sont à la fois bénéfiques pour nos entreprises et pour l’environnement.

C’est exactement ce que nous voulons faire à travers nos propositions qui visent à introduire le principe de réciprocité dans la politique commerciale de l’UE, tant au niveau du respect des normes que dans l’ouverture des marchés publics.

Nous proposons d’instaurer une barrière écologique aux frontières de l’UE consistant à imposer des droits de douane anti-pollution aux produits importés des pays qui ne respectent pas les mêmes normes environnementales et sociales que nous. Cette mesure agit sur trois niveaux : elle  permet de renchérir les produits importés, ce qui réduit le déficit de compétitivité des entreprises eet ds agriculteurs européens ; elle incite à un mode de production plus vertueux et améliore la qualité des produits consommés sur le marché européen. 

Une autre mesure que nous préconisons c’est de donner la priorité aux entreprises européennes. Face à des marchés publics chinois complètement fermés, à des marchés publics américains ouverts à 30% et à des marchés publics européens ouverts à 90% nous proposons de réserver 50% des nos marchés publics aux entreprises européennes et de mettre en place une politique européenne qui incite les circuits courts et la consommation des produits locaux, notamment dans les cantines scolaires, en introduisant des critères de développement durable dans nos appels d’offre.

Il est absurde de taxer les habitants des zones rurales qui font 15 km en voiture diesel et de permettre qu’un poisson pêché en Norvège, conditionné en Chine revienne en Europe dans nos assiettes  après avoir fait 5000 km. !

Troisièmement, privilégier la démarche bottom up c’est-à-dire valoriser et soutenir les projets qui viennent des territoires au lieu d’imposer des schémas centralisés et de créer des agences supra-nationales et  technocratiques : nous souhaitons un grand plan européen pour le climat  et la biodiversité incarné par un commissaire et qui finance directement les projets écologiques des collectivités locales, des territoires, et même des particuliers, non pas à travers la création d’une banque européenne (financée par qui et par quoi ?) mais via un fond adossé à la BEI concédant des prêts à taux 0.

Quatrièmement, nous privilégions des outils incitatifs plutôt que des outils punitifs.

La France croule sous les impôts et nous nous opposons à tout  impôt européen sur les ménages et sur les entreprises. Lorsqu’on utilise la fiscalité elle doit être aux frontières de l’UE car elle doit servir à réduire le déficit de compétitivité de nos entreprises vis-à-vis des leurs concurrents internationaux, notamment chinois, et servir  en même temps  à lutter contre le changement climatique car son produit doit être entièrement affecté à la transition écologique: c’est le cas de notre barrière écologique.

Enfin il faut rendre le fonctionnement des institutions de l’UE plus efficace. L’UE consacre 20% de son budget à la transition écologique mais les financements sont éclatés. Il faut les fusionner, les rendre plus efficaces en simplifiant l’accès, en fluidifiant les contrôles, en fléchant en priorité les projets de transition écologique dans les fonds existants par exemple dans le fond Horizon Europe pour le prochain cadre financier 2021-2027.

L’argent doit aller directement de l’Europe aux projets concrets dans les territoires sans transiter par les structures et les Etats. Il faut éviter de reproduire ce qui se passe avec le fond leader: 700 millions qui seront perdus pour la France s’ils ne sont pas utilisés d’ici 2020 car seule une petite partie a été versée par l’Etat aux régions à cause, paraît-il, d’un problème informatique à Bercy.

Cependant l’Europe doit aussi continuer à financer de grands projets européens structurants pour favoriser le report modal comme le Lyon-Turin et le Canal Seine Nord et de grands projets d’avenir. Nous proposons de lancer un plan européen de mobilités durables avec un objectif clair : l’Europe doit devenir leader mondial dans la voiture électrique, la production et le recyclage des batteries et investir dans le déploiement des réseaux de recharge sur les autoroutes européennes.

Par ailleurs nous devons nous doter d’outils plus démocratiques sur les sujets climatiques et environnementaux : nous proposons de renforcer l’Initiative Citoyenne Européenne pour la rendre plus accessible et transparente. Aujourd’hui lorsqu’il y a 1 million de signatures qui viennent d’au moins 25% des Etats Membres la commission décide des mesures de suivi à lui donner. Nous proposons que toute ICE soit examinée obligatoirement par le PE.

En conclusion, je voudrais paraphraser Philippe Charlez, expert des questions énergétiques à l’Institut Sapiens en disant, comme il le dit à propos de la transition énergétique, que le développement durable a deux ennemis : le premier  est l’écologie politique « punitive » qui hypertrophie le pilier environnemental aux dépends du progrès social et de la compétitivité économique. Son idéal est la décroissance économique. Nous le récusons.

Le second est le nationalisme qui par nature disproportionne les piliers économique et social aux dépens du pilier environnemental. Nous le récusons aussi.

L’Europe a besoin, sur ce sujet clé, d’un débat serein, pragmatique et responsable qui s’appuie sur des donnés objectives et non pas sur des schémas idéologiques ou électoralistes.

Cristina Storoni

Candidate de Les Républicains aux élections européennes

Isabelle Le Callennec, « Je crois très fort en notre capacité d’être ce que nous sommes, c’est-à-dire, assumer d’être de droite »

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Isabelle Le Callennec a été Vice-Présidente des Républicains. Elle fut également députée de 2012 à 2017. Elle est, depuis 2015, Conseillère Départementale du canton de Vitré (Ille-et-Vilaine).

Bonjour, vous avez été nommé par Nicolas Sarkozy comme porte-parole de l’UMP le 4 décembre 2014, pouvez- vous nous expliquer en quoi consiste ce poste ?

Écoutez, c’était un honneur et une mission importante que me confiait Nicolas Sarkozy. Le rôle d’un porte-parole c’est comme son nom l’indique de délivrer un certain nombre de messages de sa famille politique, de commenter l’actualité, donc c’est un poste qui est très exposé aux médias (tous les journalistes ont votre téléphone) et vous devez, à leur demande, répondre et agir, être le porte-parole, le porte-voix des convictions de votre famille politique.

Vous avez connu la transition entre l’UMP vers les Républicains, quelles évolutions sont apparus selon-vous avec ce changement ?

J’ai trouvé ça très fort de se nommer Les Républicains. La république, c’est Liberté, Égalité, Fraternité et quand le Président Sarkozy a lancé une consultation pour savoir comment on allait s’appeler, je trouve qu’il a fait la bonne démarche. Cela a redonné du sens à notre engagement politique. Je me reconnais parfaitement dans ces valeurs et ces fondements. Ceux-ci nous a obligent à nous réinterroger sur les valeurs fondamentales. C’est quoi la Liberté ? L’Égalité ? La Fraternité ? Et donc à travers ces trois notions très fortes, il a été très intéressant, et c’est toujours le cas, de revisiter notre façon de faire de la politique, de nous comporter et bien sûr de porter nos idées.

Peut-être élargir ce qu’était la droite avant ?

Oui mais je trouve que le nom du parti Les Républicain ramène à la République et on doit se poser la question : est-ce qu’on est bien équilibré entre la Liberté, l’Égalité et la Fraternité ? La Liberté c’est quelque chose de très fort, je me suis engagé en politique au nom de celle-ci, notamment la liberté de choix. L’Égalité je parle plutôt d’équité entre les uns et les autres. La fraternité c’est un mot qu’on a tendance à oublier et qui singulièrement a besoin d’être remis au goût du jour.

Vous êtes conseillère départementale, mandat très méconnu chez les jeunes, en quoi consiste-t-il ?

Nous sommes élus dans un canton qui est un territoire dans un département. Nous sommes élus en binôme (un homme et une femme). Cela permet d’avoir une parité parfaite dans les conseils départementaux. Notre rôle est lié aux compétences d’un département. Ces compétences se situent essentiellement pour plus de la moitié du budget, pour le social, c’est à dire qu’on verse des prestations pour les personnes âgées, pour les personnes handicapées, pour les personnes bénéficiaires du RSA (donc en insertion professionnelle). Nous gérons aussi les routes départementales, les collèges ou encore les transports. Ceux-ci concernent uniquement les personnes handicapées car les transports/mobilités reposent sur la compétence de la région. Et puis on s’occupe comme la Région, des compétences du tourisme, de la culture et du sport.

La droite de demain ?

Moi je crois très fort en notre capacité d’être ce que nous sommes, c’est-à-dire assumer d’être de droite. Je crois qu’aujourd’hui, il y a vraiment une demande en sincérité et en cohérence au niveau convictions. Je continue à penser qu’au sein de notre famille politique, on est cohérent quant à nos convictions et nos valeurs. On y a travaillé à plusieurs reprises, on a un socle fort et c’est cela qui nous permet d’ailleurs d’élargir le cercle. Je trouve que c’est très important de se réinterroger sur qui nous sommes. C’est quoi la droite aujourd’hui ? En quoi on croit ? Et c’est à partir de ce moment là que l’on se doit d’élargir ce cercle. Il y a de plus en plus de personnes qui partagent aujourd’hui nos valeurs. Il faut juste qu’ils s’en rendent compte. On voit bien qu’à l’heure actuelle par exemple, nos présidents de régions et de départements ont une façon de faire la politique qui est très intéressante du point de vue des résultats.

L’exemple de la gestion de Laurent Wauquiez en Rhones Alpes ?

Exactement ! Laurent Wauquiez prouve que l’on peut bien gérer une région. Sa région est l’une des rares ayant réussi à diminuer la dépense de fonctionnement et ainsi faire diminuer la pression fiscale. Les effets d’annonce ne suffisent pas, quand on le dit, et bien on le fait ! Nous en avons la capacité, à travers les collectivités locales qui sont gérées par notre famille politique, et au Parlement. Vous pouvez expliquer la prise de position de nos députés, de nos sénateurs, là aussi c’est cohérent : on sait où l’on va, aucune difficulté. À l’inverse, dans d’autres partis politiques que j’observe, c’est moins clair. On a donc un vrai socle solide, on a renouvelé le personnel politique, on a des parlementaires brillants et si je dis brillant ce n’est pas qu’en rhétorique, ils font le job ! On a une majorité d’élus locaux, nous sommes le premier parti de France au niveau des adhésions alors que nous avons connus des revers ( Présidentielle et Législative). Mais nous sommes toujours debout, ce qui n’est pas le cas de tout le monde. Surtout, nous avons, vous en êtes la preuve, une jeunesse prête à relever les défis qui nous attendent. Cela est très enthousiasment car nous pouvons transmettre sans problèmes. Je sens que les jeunes sont prêts à s’engager. Pourtant, ce n’est pas facile d’être de droite lorsque l’on est jeune. Sans doute plus facile en PACA qu’en Bretagne par exemple. Mais l’engagement n’est pas si évident que ça donc je suis admirative des jeunes qui ont la fierté de dire : « Je sais qui je suis ! Je sais en quoi je crois ! Je sais pourquoi je suis de droite ! »

Propos recueillis par Paul Gallard et Samuel Joly pour Droite de Demain.