(Entretien) David Lisnard, « On doit retrouver la fierté d’être français »

David Lisnard est Maire de Cannes et engagé au parti Les Républicains. Il a écrit un livre intitulé « Refaire communauté : en finir avec l’incivisme ».

Alors que la France traverse une période de crise assez unique, comment l’avenir des français peut-il résider uniquement sur une logique bureaucratique ?

Par définition, une crise est un état douloureux passager. Ce que nous vivons depuis bientôt un an est certes dû à la crise, qui est donc éphémère – même si elle nous paraît interminable – puisque résultant de la crise sanitaire et des dispositions qui sont prises par le Gouvernement, mais aussi aux travers et handicaps structurels du pays.

Ces travers et handicaps structurels se traduisent par une dépense publique et des prélèvements obligatoires record, respectivement de 56% et 47% de notre PIB, un chômage endémique, un appareil productif qui ne cesse de se rétrécir, une compétitivité économique en berne.

Le point commun entre ces travers et la crise que nous traversons dont le bilan s’avère d’ores et déjà catastrophique est bel et bien le poids de notre bureaucratie.

Je pense notamment à l’hyperinflation administrative qui se traduit notamment par la « surtransposition » des normes européennes, la codification à l’extrême, la surproduction juridique et législative (60 à 80 lois nouvelles par an). Un exemple pour corroborer mes propos : on dénombre environ 1800 nouveaux décrets par an.

Le constat est sans appel : nous faisons partie des pays les moins performants sur le plan sanitaire, économique et social car la France est prisonnière de son étatisme et de sa bureaucratie.

Cette bureaucratisation traduit également une peur de la prise de décision qui nuit cruellement à l’efficacité de l’Etat. Celui-ci n’est plus performant sur ses missions régaliennes (sécurité, justice, armée) et se prive de son pouvoir de contrôle a posteriori, asphyxiant par la même occasion la créativité avec des impôts et des charges que l’on peut qualifier de confiscatoires, un droit du travail extrêmement enkystant pour les artisans, commerçants, chefs d’entreprise, et une passion pour la création de commissions superfétatoires.

Cela s’est traduit également par une pénurie dramatique au plus fort de la crise sanitaire  de masques, gels, tests, respirateurs.

En revanche, il y a eu pléthore d’auto-attestations de sortie dignes de Kafka et d’ « interdits généraux » qui, plus qu’ailleurs, pénalisent la poursuite de l’activité pendant la crise du COVID-19 que le gouvernement cherche à compenser par de l’argent public.

Nous alimentons donc la spirale infernale du surendettement, de l’étatisme, de l’infantilisation de la société (jusque dans le langage du Premier Ministre ou du Ministre de la santé quand ils s’adressent aux Français).

Cela n’est pas le seul fait du pouvoir en place. Les précédents ont leur part de responsabilité. Mais il ne faut pas croire que ceci serait limité aux partis dits de « gouvernement ». Quand on lit les programmes des partis aux deux extrêmes, on retrouve finalement aussi beaucoup de conformisme et de démagogie.

Tout ceci alimente une méfiance entre les gouvernants et les gouvernés, déjà bien entamée, ainsi qu’un incivisme de plus en plus prononcé puisque les gens se comportent en consommateurs politiques et non en citoyens comme nous l’exprimions avec Jean-Michel Arnaud dans notre livre « Refaire Communauté pour en finir avec l’incivisme ».

Une autre conséquence de ce système : la hausse du chômage et de la pauvreté.

Je suis effaré que nous n’en parlions pas davantage ou alors uniquement pour réclamer une meilleure répartition des richesses. Mais on oublie qu’on ne peut répartir que ce qui existe. Et n’existe que ce que l’on crée. La priorité réside dans la création de richesses. On ne peut se satisfaire d’avoir en France un chômage qui évolue entre 8 et 10% de la population active et 9 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté.

Il est donc urgent de se poser les questions suivantes : un pays qui a beaucoup de dépenses publiques est-il forcément celui qui dispose du meilleur service public ? Est-il plus protecteur et plus juste ? Est-il forcément un pays plus civique ? À ces trois questions, la réponse est clairement non.

Que proposeriez-vous pour réformer l’Etat ?

La clé est de remettre la responsabilité donc la liberté d’action, et le mérite à chaque échelon d’administration avec des missions claires et qui ont du sens.

Il faut bien avoir à l’esprit qu’en France, c’est l’État qui a en grande partie créé la nation. C’est aussi ce qui nous  distingue et qui explique notre rapport à l’État qui est la colonne vertébrale du pays. Et ce sens de l’Etat a été porté par des dirigeants exceptionnels tout au long de notre histoire.

Je pense parmi tant d’autres à Philippe-Auguste, à François Ier (avec les ordonnances de Villers-Cotterêts), à Richelieu, à Louis XIV, à Napoléon Bonaparte notamment. Sans oublier la période révolutionnaire.

De George Clemenceau au Général De Gaulle, tant d’hommes ont incarné l’État, son autorité et sa continuité depuis l’avènement de la IIIème République.

Nous avons donc une relation politique à l’Etat très puissante et dans le même temps, nous sommes aussi le pays de Tocqueville, de Raymond Aron, de Chateaubriand, de Raymond Boudon ou encore Montesquieu, qui expriment tous une grande et belle pensée libérale.

La conjugaison d’un Etat-Nation fort comme le nôtre avec la  garantie des droits incarnée notamment par la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen est l’une des pierres angulaires de notre identité.

C’est cet équilibre qu’il nous faut retrouver aujourd’hui pour oxygéner de nouveau la société, libérer les initiatives, développer la création, renouer avec la confiance, ressouder la nation en luttant contre les forces centrifuges qui cherchent à nous diviser, à nous séparer.

À cet égard, nous devons engager un chantier sur le périmètre d’action de l’Etat et celui des collectivités locales.

Il nous faut réformer la matrice même de l’Etat, à commencer par la haute administration publique en engageant un processus de recrutement plus varié d’agents publics. Faut-il par exemple une seule Ecole Nationale d’Administration, une seule Ecole Nationale de la Magistrature ? On sait que ces écoles sont devenues des machines à formater et des couveuses à conformisme. À ce titre, il est temps de supprimer les grands corps.

Nous devons parallèlement réfléchir à créer bien plus de passerelles du privé vers le public et réserver le statut de la fonction publique aux fonctions régaliennes en développant davantage les contrats de droit privé dans les collectivités locales. L’objectif est de diversifier les compétences, les façons de penser, avec la culture du résultat.

À mon sens, le statut de la fonction publique doit devenir l’exception protégeant les agents régaliens et non plus la règle.

Il faudrait également penser à supprimer les services déconcentrés régionaux de l’Etat qui sont des obstacles permanents à l’initiative locale. Il faudrait que les préfets aient plus d’autonomie avec des conseillers formés sur les thématiques environnementales, économiques, sociales, etc.

En somme, que l’on passe d’un contrôle a priori, à un contrôle a posteriori pour faire respecter les normes de manière plus efficace, en octroyant davantage de liberté aux élus locaux qui irait naturellement de pair avec une plus grande responsabilité.

Concernant la réforme de la fonction publique, il nous faut ce que l’on appelle un  « plan CAPEX » afin de moderniser l’outil de travail, et ce plan se fera en y associant les fonctionnaires. Cela passerait notamment par le fait d’auditer chaque service en y proposant un plan d’investissements pour permettre de faire des économies de fonctionnement, comme nous avons pu faire à Cannes, en y associant les agents.

À terme, ce genre de stratégies pourrait augmenter la productivité du pays et permettre aux fonctionnaires de se sentir plus à l’aise dans leur travail.

Il faut, c’est essentiel, que le politique reprenne la main sur la haute administration d’État afin de limiter les effets nocifs de la bureaucratie dont nous payons au prix fort l’envahissement dans toutes les sphères de la société et qui complique tout en édictant sans cesse de nouvelles normes et de nouvelles règles. Cela doit pouvoir passer par exemple par une sorte de « spoil system » à la française et donc par une redéfinition du statut des hauts fonctionnaires.

Est-ce qu’il n’y aurait pas une déconnexion entre le peuple français et ses élites dirigeantes ?

Un pays a nécessairement besoin d’élites, mais celle-ci ne doivent pas être fossilisées par la cooptation. Il faut une circulation des élites, donc que ces dernières émanent du peuple. C’est aussi simple que cela et c’est tout le sens de la méritocratie républicaine.

C’est d’ailleurs en partie ce que disaient Bourdieu et Passeron, même si leur approche néo-marxiste doit être lue avec précaution et a généré des dégâts pour leurs adepte : il y a un « habitus » qui fait que la formation en silo des élites produit un effet d’uniformisation et de reproduction sociale qui conduit à nous priver d’énergies créatrices venant de milieux différents.

Cette déconnexion vient de nombreux facteurs, et s’exprime par un gâchis énorme puisque nous créons des élites à partir d’un potentiel très réduit de notre jeunesse. Nous devons donner à tous nos jeunes une chance égale d’accéder aux hautes fonctions. Sans passe-droit ni discrimination positive qui induit automatiquement une discrimination négative à l’égard des autres.

Cela passe prioritairement par une instruction rigoureuse et donc par une politique éducative forte qui mette fin à quarante ans de déclassement et aussi par la culture, si essentielle en termes de développement et d’épanouissement personnels mais aussi véritable enjeu de salut national et civilisationnel.

C’est pour cela que j’ai souhaité que Cannes devienne la première ville labellisée 100% Éducation Artistique et Culturellle afin que nos jeunes aient accès à cette connaissance et que cela permette de faire émerger des vocations et des talents, ou même simplement leur donner confiance en eux.

Deux ans après la parution de votre livre, « Refaire Communauté pour en finir avec l’incivisme », quel regard portez-vous sur les politiques publiques ?

Tout d’abord, que les constats que nous faisions avec Jean-Michel ARNAUD restent vrais, et que les propositions que nous avancions restent toujours valables, et moins que jamais appliquées au niveau national.

Par exemple, nous avons créé le néologisme « incommunauté » pour démontrer que chaque incivilité infractionnelle porte atteinte au pacte républicain, au pacte social, à la nation, que cela traduit une extériorisation de l’individu, de sa coresponsabilité et de la transformation du citoyen en surconsommateur de l’espace public.

Lorsque l’on écrivait que les théories du « carreau cassé » et de la tolérance zéro devaient être concrétisées, nous ne pouvons que constater que l’État ne les a toujours pas mises en pratique. Pourtant, il est essentiel de sanctionner rapidement et à juste proportion. La sanction fait partie de l’’éducation. Or, l’état de notre Justice qui n’est plus en mesure de faire appliquer les peines est l’un des maux de notre pays qui souffre de ce manque d’autorité.

À Cannes, nous faisons tout pour contribuer à notre échelle à la mise en œuvre de politiques de sécurité concrètes, en luttant contre les dealers et contre les rodéos urbains. Cela redonne confiance aux citoyens qui se réapproprient l’espace public.

Nous réaménageons également les quartiers sensibles en y associant les habitants pour responsabiliser chacun. L’objectif est de créer des flux positifs, d’agir concrètement au plus près des citoyens.

Malheureusement, le « théâtre politique » national  nuit à l’action concrète et méthodique. George Balandier évoquait déjà ce phénomène il y a quarante ans.

Pour refaire Communauté, pour remettre de l’ordre, pour restaurer l’autorité, l’inflation d’annonces et de législations est non seulement inutile mais éloigne de ce qui est nécessaire. Faisons déjà en sorte d’appliquer les textes existants. Notre drame, c’est que nous avons un exécutif qui n’exécute plus.

Quel constat pouvons-nous faire sur les notions de liberté, de sécurité et d’autorité ?

Je me refuse à opposer liberté et autorité. S’il faut parfois savoir renoncer à une liberté individuelle au nom de l’intérêt général, cela ne peut être que temporaire, circonstancié et motivé.

Nous l’avons bien vu lors du premier confinement du printemps dernier : la population a globalement bien accepté la mesure puisque nous faisions face à une situation inédite, à un virus nouveau, mortel. Mais nous avons vu que l’acceptation était déjà  moindre lors du confinement de novembre et que l’acceptabilité des Français quant à ce type de mesures est en chute libre. Il faut rappeler que le consentement à la règle constitue la base du contrat social.

Quand l’Etat arrêtera de prendre des mesures d’interdiction générale en voulant tout régenter, on gagnera en liberté et en autorité. J’y reviens, mais pour moi, la réforme de l’Etat est la mère des batailles, et cela implique que l’Etat se repositionne d’abord sur ses missions régaliennes avec des résultats. C’est la clé de la confiance.

George Pompidou, dans « Le Nœud Gordien » décrivait ce que doivent être les élites : « La République doit être celle des politiques, au sens vrai du terme, de ceux pour qui les problèmes humains l’emportent sur tous les autres, ceux qui ont de ces problèmes une connaissance concrète, née du contact avec les Hommes, non d’une analyse abstraite ou pseudo-scientifique de l’Homme. C’est en fréquentant les Hommes, en mesurant leurs difficultés, leurs souffrances, leurs désirs et leurs besoins immédiats tels qu’ils les ressentent ou tels parfois qu’il faut leur apprendre à les discerner, qu’on se rend capable de gouverner.».¹ Ça, c’est mon crédo.

On se trouve aujourd’hui dans un moment critique. Le moment où la France peut basculer et où il va falloir couper ce « nœud gordien », mais pas n’importe comment.

Je pense que nous sommes dans une période d’entre-deux, de transition, donc périlleuse.

Quelle est donc votre vision pour la Droite de Demain ?

En admettant que les concepts de gauche et de droite persistent, il est indispensable d’arriver à produire une offre politique par les idées, par la capacité de les appliquer, par la possibilité de les incarner.

Ma vision de la droite est celle d’une belle conception de l’action politique qui a réussi à réunir le Bonapartisme, le Gaullisme, le libéralisme, la démocratie chrétienne, l’Orléanisme tout en s’inscrivant dans le XXIème siècle et en faisant face aux enjeux d’aujourd’hui et aux défis de demain.

Jouer sur la nostalgie fait peut être applaudir dans les meetings, mais ne permet pas de diriger le pays et de travailler pour nos enfants.

La Droite de demain doit réunir ceux qui aiment la France et croient en sa singularité, ceux qui veulent s’en sortir par l’effort récompensé, ceux qui veulent conserver ce qui est bien et changer ce qui va mal, ceux qui croient en l’enracinement pour se projeter vers une société prospère. Elle doit être le mouvement de l’égalité des chances, du mérite, de l’esprit d’entreprise.

La Droite de demain doit pouvoir réunir le fonctionnaire audacieux, l’associatif courageux, le salarié créatif, l’immigré méritant, le patron énergique, tous les patriotes.

On doit retrouver la fierté d’être français sans se baser sur une antériorité génétique mais, dans l’esprit d’Ernest Renan, en transmettant notre beau passé et en portant un dessein commun.

La Droite de demain doit être le mouvement qui concilie la liberté individuelle, l’ordre public et la Nation soudée. Il faut pour cela oxygéner la société en supprimant ce qui entrave la création (donner de l’air aux entrepreneurs, baisser les prélèvements obligatoires, revoir le système social qui entretient la pauvreté), recentrer l’Etat sur ses fonctions de base (renforcer le régalien, édicter moins de règles pour plus d’efficacité, faire réellement exécuter les peines, organiser le retour des migrants arrivés illégalement dans leur pays d’origine, veiller à la bonne justice, développer une éducation de qualité, préserver les intérêts stratégiques du pays), faire en sorte que chaque citoyen soit fier d’être français (qu’il ait accès à l’égalité des chances, à la culture, au sport, à la formation), qu’il soit garanti dans ses droits et qu’il soit respectueux de ses devoirs.

Il faut aussi que nous nous positionnions sur les grands enjeux de notre époque. Les enjeux planétaires que sont l’environnement et le numérique, l’intelligence artificielle, sans tomber dans les pièges ni de l’écologisme sectaire ni du tout numérique qui nous aliène plus qu’il ne nous émancipe.

Aux problématiques géopolitiques plus anciennes et toujours vives, viennent s’ajouter des sources tensions nouvelles.

Un nouvel Empire Ottoman tente de se structurer de façon violente et inquiétante autour du Président turc Erdogan dans un contexte où l’islamisme est en phase de conquête sur une grande partie de la planète. De grands blocs se dressent, avec une Chine communiste surpuissante et aussi une Russie qui n’est certes pas aujourd’hui un modèle de démocratie libérale mais qui est une grande civilisation dont nous sommes proches et avec qui nous avons beaucoup à gagner à établir un dialogue franc, ouvert et vigilant.

Sur ces questions aussi, nous devons, dans la tradition gaulliste de la droite, repositionner la France comme un acteur international incontournable.

Sur le plan européen, je souhaite que nous puissions faire naître une vraie Europe de la coopération, une Europe des projets et non pas comme c’est le cas depuis trop longtemps une Europe qui ne tienne plus compte des intérêts nationaux.

Et bien évidemment, il y a les enjeux purement français : revitaliser notre démocratie, moderniser l’État, le rendre plus efficace, créer de la richesse, s’attaquer à la pauvreté, revoir notre fiscalité, lutter contre l’immigration massive, remettre de l’ordre dans l’espace public, éradiquer le radicalisme islamiste, promouvoir notre culture, développer la recherche et faire de la qualité de l’éducation une priorité. La finalité est de restaurer une véritable cohésion nationale dans la prospérité.

Il nous faut vite faire émerger une voie nouvelle puisque nous avons laissé s’instaurer une dialectique mortifère entre le conformisme technocratique des pouvoirs qui se sont succédé et notamment de celui qui est en place actuellement et la démagogie racoleuse des extrémistes. Les deux se nourrissent mutuellement puisque le conformisme nourrit la démagogie et la démagogie est l’assurance du conformisme. Si aucune alternative crédible de droite n’apparaît, tout peut basculer, du mauvais côté.

¹ POMPIDOU. G., « Le Nœud Gordien »

Propos recueillis par André Missonnier et Alexandre Saradjian

(Entretien) Julien Plantier, « C’est la culture qui constitue la civilisation »

Julien Plantier est avocat et docteur en droit public, Premier adjoint de la mairie de Nîmes délégué à l’urbanisme.

Bonjour Julien Plantier, vous êtes l’adjoint d’une mairie empreinte d’une histoire millénaire, comment concilier développement urbain et respect du patrimoine ?

Vous savez Nîmes est une rencontre où patrimoine et modernité cheminent dans une dualité créatrice. Voilà notre ADN ! Le Carrée d’Art de Norman Foster qui répond à la Maison Carrée, le Musée de la Romanité d’Elizabeth de Portzamparc en miroir inversé de l’amphithéâtre romain témoignent de cette symbiose.

Nîmes dispose aujourd’hui de tous les atouts pour promouvoir un développement pour tous par la mise en œuvre d’une meilleure justice spatiale, ce qui revient à mieux organiser notre bien-être dans l’espace en multipliant les biens publics accessibles à tous via les grandes opérations de réhabilitations urbaines des places et avenues de l’Ecusson (AEF, Jean Jaurès, quais de la fontaine) et également les grande opération de renouvellement urbain de nos quartiers prioritaires qui représentent plus de 500 M€ d’investissements.

On a coutume de dire que Nîmes est la « Rome française ». Cet héritage est un privilège qui nous oblige. Précisément, de nombreux dispositifs permettent d’assurer sa protection : plan du secteur sauvegardé, inscription de la maison carrée à l’Unesco, Fondation des monuments romains, créations de cadereaux pour lutter contre les inondations…

Au niveau des villes, l’écologisme de gauche crée des fractures sociales entre les habitants, quel est votre point de vue sur ces politiques publiques ?

Il y’a une prise de conscience collective des communs naturels à protéger et de l’impasse des modes de consommation et de construction actuels. Le coronavirus n’a fait que la renforcer. J’ai été saisi par la mobilisation de notre jeunesse à ce sujet qui nous rappelle à nos responsabilités et nous interroge sur le monde que nous allons laisser à nos enfants.

Je revendique le droit d’aborder cette question. La droite ne peut pas rester absente de ce débat !

C’est dans cet esprit que je veux agir au présent et promouvoir une écologie positive et pragmatique.

Je refuse le discours moralisant et punitif de la gauche qui risque effectivement de créer des fractures.

Je crois profondément aux procédés incitatifs. Il faut donc construire des représentations collectives attractives et positives des changements à entreprendre. Dans cet esprit, nous avons décidé de la gratuité des transports pour les + de 65 ans, les – de 18 ans, les demandeurs d’emploi, lors de pics de pollution ; la création d’un grand réseau de déplacements doux ; la création de nouvelles pistes cyclables ; réduction de 40% des émissions de CO2 d’ici 2030 ou encore la poursuite de la rénovation énergétique

Plus encore, nous devons promouvoir et investir autour d’actions de sensibilisation, d’information, d’éducation et de participation, tout au long de la vie, à l’environnement et au développement durable. C’est pourquoi nous proposons un dispositif « forêts des enfants », qui verra chaque année la plantation d’un arbre par enfant entrant au CP soit 1 600 arbres par an.

Dans ce domaine Nîmes souhaite rester exemplaire : 1ère ville verte de France des villes de 100 à 200 000 habitants (Classement Kermap 2019), Victoire du Paysage pour AEF et Jaurès en 2016, 4 fleurs depuis 2014, Prix international Auroralia pour l’éclairage urbain durable en 2013, Marianne d’or du développement durable en 2012 pour le projet d’écoquartier Hoche-Sernam.

Comment votre ville a-t-elle su attirer un tourisme culturel ?

Nîmes est un haut lieu de la culture : musicale, cinématographique, artistique, littéraire et urbaine. Elle dispose d’un patrimoine antique remarquable, de nombreux musées (Musée de la romanité, Carrée d’art, Musée des Beaux-Arts, Muséum d’histoires Naturelles…) théâtres (Christian Ligier, Bernadette Lafont, Le Périscope…) comme autant de lieux d’expression de la liberté et de l’imagination des artistes et créateurs.

Au-delà de l’accompagnement financier des lieux et des acteurs culturels, nous soutenons les grandes manifestations : les Férias, le Grands Jeux Romains, le Festival de Nîmes, Un réalisateur dans la ville, le Salon de la biographie, le Festival de la BD, le Festival de Flamenco, qui font de la cité des Antonins une place forte de la Culture.

Pour renforcer le développement du tourisme culturel, la ville souhaite effectivement poursuivre sa politique ambitieuse de grands équipements avec la création du Palais des Congrès conçu en complément du Musée de la Romanité. La création d’une cité de la danse et de la musique ou encore un musée du textile avec la valorisation de la toile Denim. Nous réfléchissons également à la création d’évènements tels qu’un festival off en complément du Festival de Nîmes et la création d’une Biennale internationale d’Art.

Vous étiez responsable des jeunes républicains du Gard, selon-vous la jeunesse doit-elle relever le défi de la bataille culturelle ?

La politique culturelle doit être au cœur de notre ambition. La crise que nous traversons à rappeler que la culture est un bien « une première nécessité ». Elle constitue un éveil à l’autre et aux sens. Voilà le message que nous devons défendre !

C’est la culture qui constitue la civilisation. Plus encore qu’un patrimoine, c’est notre art de vivre « à la nîmoise » que nous défendons !

Quel est votre point de vue sur l’équilibre entre identité régionale et identité nationale ?

Vous savez Nîmes c’est la ville avec un accent ! Une communauté d’habitants, celle des « enfants chéris de la romanité », « reboussiers subtils » qui ont en partage ce sentiment d’appartenance à un territoire particulier pleine de charme et d’authenticité. C’est une richesse remarquable mais qui est elle-même le fruit de rencontres et de mélanges. Je vais vous dire on peut être fiers de son identité régionale et se sentir pleinement français ! L’unité n’implique pas l’uniformité !

Quels sont les grands personnages de notre Histoire qui vous inspire dans votre action politique ?

L’avenir se construit avec la prise en compte de notre passé, de notre héritage. Je me suis intéressé à la politique grâce à des hommes comme Nicolas Sarkozy. Je me suis impliqué au sein de l’UMP, puis Les Républicains en raison de l’héritage gaulliste. La rencontre d’un Homme avec la Nation. Cela a du sens encore plus aujourd’hui avec notre société, parfois en perte de vitesse et de repères. Sans parler d’homme providentiel, l’idée d’un Chef d’Etat assis dans ses fonctions, dans son statut et dans ses pouvoirs est indispensable. Ce qui n’est vraiment pas le cas actuellement.

Votre vision de la droite de demain ?

La droite de demain doit s’écrire aujourd’hui. Malheureusement, nous avons un problème d’incarnation. Il faut absolument que nous soyons sur le terrain des idées. Notre objectif doit être de proposer une alternative réaliste, crédible et en phase avec les problématiques de nos concitoyens. Nous devons dire ce que l’on ferait, et faire ce que l’on a dit. Je crois en la méritocratie, en l’autorité et en la rigueur. Notre Nation traverse une crise sans précédent, soyons au rendez-vous des futures échéances !

Propos recueillis par Paul Gallard pour Droite de Demain.

Stanislas Andre (LR) Le précautionnisme, un mal Français

Qu’est-ce que le principe de précaution ? Il s’agit d’une disposition définie et entérinée lors du sommet de Rio en 1992 exposant que, malgré l’absence de certitudes dues à un manque de connaissances techniques, scientifiques ou économiques, il convient de prendre des mesures anticipatives de gestion de risques eu égard aux dommages potentiels sur l’environnement et la santé.

Devenu principe constitutionnel en 2005, il est aujourd’hui appliqué de manière excessive et idéologique par les autorités publiques. La crise sanitaire qui nous frappe depuis un an n’a fait que renforcer cette tendance au précautionnisme. Alors que nous savons heureusement nous passer de précautions pour autoriser des vaccins sur lesquels nous n’avons pourtant que peu de recul, nous ne sommes pas capables d’agir de la même façon sur d’autres sujets.

L’exemple le plus frappant demeure celui de la fermeture stricte des cafés et des restaurants. Alors qu’aucune étude n’a établi de façon incontestable que le risque de diffusion du Covid19 était plus important dans un restaurant de la place Sasserno que dans un grand centre commercial le week-end, le gouvernement a décidé que la fermeture du premier ne pouvait être discutée.

Depuis maintenant près d’un an, nos restaurateurs vivent une interminable et terrible traversée du désert. Des milliers d’euros de perte de chiffres d’affaires, un lien social rompu et une impossibilité totale d’exercer son emploi. Gels, masques, prise de température, distances, des solutions existent mais encore faut-il accepter d’ouvrir la discussion.

Pas de télétravail ni de réunion Zoom pour les cafetiers. Cette pandémie est une véritable tragédie pour une immense et grandissante partie de la société. Je pense au destin de Rudy Noël, bistrotier vosgien qui s’est donné la mort le 12 janvier dernier par désespoir. Il n’est pas un cas isolé, ils sont nombreux à avoir commis l’irréparable ou à y avoir pensé. 

Il est temps de sortir enfin du précautionnisme et de laisser entrevoir à notre économie et à ceux qui la portent à bout de bras, une lumière d’espoir tournée vers l’avenir.

 Stanislas Andre, chef d’entreprise, docteur en droit, délégué de circonscription et conseiller national Les Républicains.

(Entretien) Françoise Dumont (LR), « Le Sénat est la seule force d’opposition au Gouvernement »

Françoise Dumont est sénatrice du Var, elle est intervenue le 27 janvier au nom du groupe Les Républicains au Sénat sur le projet de loi visant la prorogation de l’Etat d’urgence sanitaire.

Bonjour madame la sénatrice, déjà pouvez-vous nous expliquer ce qu’est un état d’urgence sanitaire – institué depuis le 17 octobre dernier ?

L’état d’urgence sanitaire est une mesure exceptionnelle pouvant être décidée en conseil des ministres en cas de catastrophe sanitaire, notamment d’épidémie, mettant en péril la santé de la population.

L’état d’urgence est déclaré la première fois par décret en conseil des ministres sur le rapport du ministre chargé de la santé pour une durée maximale d’un mois.

Au-delà d’un mois, sa prorogation doit être autorisée par la loi. C’est alors que le Parlement est associé et doit examiner cette question. La loi de prorogation fixe la durée de l’état d’urgence sanitaire. Un décret pris en conseil des ministres peut mettre fin à l’état d’urgence sanitaire avant l’expiration du délai fixé par la loi.

Les mesures prises dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire prennent fin dès qu’il est mis fin à l’état d’urgence sanitaire.

Quelle est la position du parti Les Républicains sur ce projet de loi ? 

A l’Assemblée nationale, les Députés Les Républicains, qui sont minoritaires, ont voté contre le projet de loi.

Au Sénat, les Sénateurs Les Républicains, majoritaires comme vous le savez, ont choisi, en cohérence avec leurs précédentes positions, et au regard de la situation sanitaire dégradée, ainsi que par souci de responsabilité devant les Français et non par confiance dans la politique sanitaire du Gouvernement, de voter, non pas le texte du projet de loi, mais le texte retravaillé en commission des lois, en respectant les équilibres résultants des propositions du Rapporteur et des travaux de la commission des lois, cela afin de garantir le dialogue démocratique et les libertés des Français.

En tant qu’Orateur des Républicains sur ce texte, j’ai clairement fait part des réticences de mon groupe et ai bien précisé au Ministre des Solidarités et de la Santé, que « nous attendons du Gouvernement qu’il prenne la mesure de la situation dans ce contexte tout à fait inédit et qu’il ne cherche pas à pérenniser – pour ne pas dire banaliser – cette exception qu’est, et doit rester, un état d’urgence ».

Le Sénat est désormais la seule opposition à la politique du gouvernement, pouvez-vous réellement limiter les dérives éventuelles de ce régime d’exception ?

Oui, le Sénat est sans nul doute la seule force d’opposition au Gouvernement. Mais le Sénat n’est pas une chambre d’opposition, par principe. C’est une chambre de propositions.

Concernant ce texte, le Rapporteur, mon collègue le Questeur Philippe BAS, a ramené à la date du 3 mai 2021 la prorogation de l’état d’urgence sanitaire, initialement prévue jusqu’au 1er juin 2021. Il a aussi fait adopter un amendement prévoyant qu’aucune mesure de confinement ne puisse être prolongée au-delà d’un mois, pendant l’état d’urgence sanitaire, sans l’autorisation préalable du Parlement.

En qualité de commissaire aux lois, j’ai voté ces amendements, qui obligent le Gouvernement à revenir devant le Parlement, plus tôt qu’attendu et une limitation du pouvoir de confinement du Gouvernement sans autorisation du Parlement.

Le Sénat est dans son rôle en limitant et contrôlant ce pouvoir immense donné au Gouvernement.

Le principe de l’Etat d’urgence sanitaire n’est-il pas au fond une dérive autoritariste ?

Non, je ne le pense pas. Il s’agit d’un état tout à fait exceptionnel dans une démocratie comme la nôtre.

Ce pouvoir donné au Gouvernement est contrôlé par le Parlement.

Malheureusement, l’état d’urgence sanitaire est nécessaire pour répondre à la crise sanitaire que nous connaissons. Il faut limiter la circulation du virus et seules les mesures permises par celui-ci sont possible pour répondre à la situation que nous connaissons.

Une telle situation ne risque-t-elle pas de toucher au principe de représentation ? (Les parlementaires étant les représentants du peuple)

Encore une fois, non. Le Sénat, pour sa part, prend toute sa place dans le débat démocratique. Notre chambre est force de proposition et de contrôle des actions du Gouvernement. Nous répondons au plus près aux exigences dévolues aux mandats qui nous ont été confiés.

Quelle doit être la place des collectivités territoriales – que le Sénat représente – dans la gestion de la crise sanitaire ?

Elle doit être au cœur de la stratégie vaccinale, car seuls les élus locaux peuvent dérouler cette politique, comme il se doit, dans chaque territoire.

Et pourtant, les élus locaux nous disent qu’ils ne sont pas associés.

Aussi, il y a deux semaines, lors des Questions au Gouvernement, j’appelais déjà l’attention du Ministre des Solidarités et de la Santé, sur l’importance de travailler en cohérence avec les élus locaux pour développer au mieux et le plus rapidement possible le déploiement de la vaccination et je l’ai encore refait, ce mercredi, en discussion générale sur le projet de loi prorogeant l’état d’urgence sanitaire.

Propos recueillis par Paul Gallard pour Droite de demain.

(Entretien) Frédéric Masquelier, « La Droite, c’est aussi la responsabilité »

Frédéric Masquelier est avocat, maire de Saint-Raphaël et Président de la Communauté d’Agglomération Var Estérel Méditerranée.

Bonjour monsieur Masquelier, vous êtes maire de Saint-Raphaël et on sent un élan de votre politique en faveur du patrimoine, quelles sont vos actions dans le domaine ? Pourquoi sont-elles si importantes à vos yeux ?

J’ai constaté que les Raphaëlois étaient très attachés à la préservation de leur patrimoine ; que ce soit le patrimoine environnemental avec l’Estérel et notre bord de mer, mais aussi un attachement à l’identité de notre ville. Saint-Raphaël est une ville très étendue avec une construction en quartiers ; chaque quartier ayant sa propre identité avec son cahier des charges et les habitants ne veulent pas que ce système soit bouleversé. Ce n’est actuellement pas évident dans la mesure où il y a la loi, qui favorise la gentrification : une ville comme Saint-Raphaël ne devrait déjà plus exister. Du moins, rien ne favorise son développement horizontal. On a également une centaine de villas de la belle époque – construites entre le XIX -ème et XX -ème siècle – qui sont des villas remarquables, avec une valeur importante, et les citoyens y sont fortement attachés. Ils sont fiers de leur ville telle qu’elle est. En adéquation avec ce constat de conservatisme culturel et architectural, j’ai décidé de mettre en place des mesures très concrètes pour protéger les espaces verts (50 % d’espace vert et 70 % d’espace libre) avec un périmètre de protection pour ces villas belle époque, mais aussi par des cessions de certains espaces boisés au Conservatoire du littoral, par une réduction de l’emprise constructible et par des orientations d’aménagement programmé aussi dans les quartiers afin qu’on revienne à l’esprit des cahiers des charges. L’objectif est que Saint-Raphaël conserve son auditoire et qu’elle reste une ville pavillonnaire respectant une densification limitée, avec des villas plutôt que des immeubles.

Les projets en direction de l’accès à la culture sont légion à Saint-Raphaël, en quoi est-ce important ?

Saint-Raphaël n’est pas une ville universitaire, c’est une ville moyenne. La difficulté de ces villes qui sont entourées de métropoles et qui sont composées à grande majorité de personnes venant d’ailleurs (90 % des habitants ne sont pas nés à Saint-Raphaël), c’est qu’il faut une certaine exigence culturelle. Cette exigence se traduit par notre médiathèque avec une offre élargie et des cycles de conférences d’invités reconnus nationalement voire internationalement. On a également Nicolas Bouzou qui anime les conférences de l’avenir, on a des salons du livre, des rencontres organisées par Monique Atlan et Roger-Pol Droit. On essaye d’avoir une vie culturelle très active.  

C’est chaque année le même refrain : la crèche est interdite dans les mairies, certains élus le contestent et décide d’en installer, quel est votre avis ?  Les traditions religieuses ancrées dans le patrimoine doivent-elles être séparées ?

Nous avons une crèche dans le hall du foyer culturel ; ce n’est pas dans la mairie mais ça reste dans un bâtiment public. Je pense que nous devons être fiers de nos traditions et de notre histoire. La France a une tradition judéo-chrétienne qui s’enrichit dans le cadre de notre histoire contemporaine, mais on ne doit pas pour autant oublier les siècles d’histoire. Chaque ville et village de France ont en leur cœur une mairie et une église ; une crèche en fait partie au même titre de notre tradition. Je la défends ! 

On entend régulièrement des collectivités se plaindre au sujet du peu de soutien de l’Etat en direction des collectivités dans la gestion de leur patrimoine, est-ce une réalité ?

Tout à fait ! Il y a de moins en moins d’argent dans les caisses d’Etat mais ce que l’on comprend moins, pour le coup, ce sont l’ensemble des exigences qui pèsent sur les communes. Je pense aux injonctions contradictoires : on nous demande de préserver notre patrimoine mais on se retrouve pénalisé avec des amendes en matière de logements sociaux. On ne peut nous demander à la fois de préserver un cadre de vie, un environnement, et à la fois nous demander de construire plus de logements alors qu’on n’en a pas forcément la demande. Il y a un problème de cohérence, peu d’interlocuteurs, des lois uniformes qui s’imposent à nous comme la loi Alur qui est adaptée pour les grandes métropoles et non pour les villes moyennes. Chaque construction de logements est soumise à des consultations par quartier, avec des débats entre les différents acteurs. L’Etat devrait devenir un véritable partenaire au-delà des mots. Comme le disait Georges Pompidou, un Etat qui « emmerde » moins les français. 

Saint-Raphaël est une ville très sportive, quelle importance cette question prend-elle dans votre politique ?

Il n’y a pas que le sport de haut niveau. Le sport pour les jeunes est essentiel dans l’éducation ; c’est ce que disait Montaigne dans son « Mens sana in corpore sano » : un esprit sain dans un corps sain. On va offrir la première licence de chaque jeune dans un club sportif. Plus d’un tier des Raphaëlois sont licenciés, et même à la retraite, le sport permet de s’entretenir, de rencontrer des gens… Non seulement on favorise la pratique sportive, mais également la diversité sportive en accompagnant tous les petits clubs sportifs.

Il y a des clubs d’ailleurs très traditionnels qui prospèrent à St Raphaël comme les joutes et la pétanque…

C’est notre histoire. Il y a certes moins d’inscrits dans ces petites disciplines mais ces clubs sont essentiels à la perpétuation de notre héritage et à la vie culturelle raphaëloise. On a de beaux tournois de joute à la St Cyr, au 15 août ou au 14 juillet, qui participent à l’attractivité de notre ville.

Est-ce important de conserver les traditions régionales ?

Le problème de la tradition provençale, c’est la disparition de la langue, contrairement à d’autres territoires où la langue régionale est encore très présente. Je pense notamment au Pays Basque ou à la Bretagne. On est dans une région – comme je vous le disais précédemment – dans laquelle beaucoup de gens viennent d’ailleurs. Je suis davantage dans une logique de sauvegarde de nos traditions afin que les habitants se les approprient. Dans le cadre de la mondialisation, où l’on voit qu’on peut avoir les mêmes normes un peu partout, il est important de montrer que les gens vivent et ont vécu d’une manière différente et que ceux qui viennent sur un territoire peuvent s’approprier une culture qui n’est pas la leur.

Vous évoquiez l’Estérel, comment conserver ce remarquable héritage environnemental ?

C’est extrêmement important, l’Estérel représente 75 % de notre territoire. C’est un élément d’attractivité touristique ; près d’un million de personnes fréquentent l’Estérel. Et puis l’Estérel, c’est aussi un espace de promenade et de vie pour les locaux. L’enjeu actuel est de l’entretenir, car il y a des engagements de l’Etat, et notamment de l’ONF avec des charges de plus en plus lourdes pour la collectivité : il faut entretenir les routes, sécuriser les lieux et veiller à la cohabitation apaisée de tous les usagers.

Respect des traditions contre progrès…

Le respect des traditions ne signifie pas s’arrêter. Notre patrimoine doit être protégé. C’est par la connaissance de notre patrimoine que nous pourrons avoir un progrès accepté et acceptable. Le progrès sans limite ne conduit nulle part, le Président de la République l’a constaté à ses dépens. Avec lui on se projetait en avant, vers un nouveau monde mais sans racines ; ce fut un cuisant échec. Je crois que la sauvegarde de notre culture, ce sont les racines, qui nous permettront de mieux appréhender le progrès, qu’il soit scientifique ou technique. Je ne pense pas que ce soit irréconciliable. Il ne faut pas renoncer à notre civilisation ; on n’avancera pas en bazardant tout.

Pour vous, quelle doit être la place de la transmission dans la droite de demain ?

Ayant une population âgée, je dis toujours que « ce que nous faisons, c’est pour nos enfants et pour nos petits-enfants ». Si nous travaillons, c’est pour léguer un héritage. Pour la Droite, ce qui constitue nos valeurs, c’est une conception de l’ordre. Elle est immuable, chaque chose à sa place. Cette conception nous distingue d’autres partis politiques. La Droite, c’est aussi la responsabilité, croire en l’Homme et ne pas avoir de comportements infantilisants, ce qui nous distingue des écologistes qui n’ont pas foi en l’Homme et qui considèrent que l’Homme doit être relégué au second rang. La Droite, ça doit être l’ordre et la responsabilité, nos deux racines qui permettront de transmettre un avenir aux futures générations.

Propos recueillis par Paul Gallard pour Droite de Demain.

(Entretien) Kevin Luciano, « Notre pays souffre depuis de nombreuses années d’une (…) désindustrialisation ».

Kevin Luciano est maire de Vallauris Golfe-Juan, premier vice-président de la Casa. Il est avocat, maître de conférences des faculté de droit à l’université de Nice Sophia-Antipolis, docteur en droit des affaires et droit international de l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne. Il est marié et père de deux garçons âgés respectivement de trois ans et onze mois

Aux élections municipales vous avez fait le choix de ne pas être investis, quelles sont les raisons de ne pas porter d’étiquette politique ?

A mon sens, il y a deux types d’élections, le scrutin municipal et tous les autres. Le premier est une élection de proximité, dans laquelle l’étiquette politique n’a pas ou très peu de sens ; les seconds sont bien davantage.

Au niveau local ce qui est fondamental, c’est de créer un double lien personnel et programmatique. Un projet qui, finalement, échappe en grande partie aux contingences de la politique politicienne. Ainsi la plantation d’arbres ou la construction d’une médiathèque, la promotion du patrimoine communal  n’est ni de droite, ni de gauche. Je pense qu’être non investi et rencontrer les électeurs était la démarche la plus honnête et la plus transparente, d’autant plus que je n’étais pas encarté au sein d’un quelconque parti. Dans ces conditions, je n’aurais pas trouvé légitime et rationnel d’aller solliciter une investiture.

Au terme de cette échéance électorale, nous constatons une abstention de plus en plus croissante. D’après vous, notre démocratie est-elle en danger ? 

La question du danger qui guetterait la démocratie relève d’une problématique complexe. L’abstention peut représenter un vrai problème, mais est-ce un épiphénomène conjoncturel ou, au contraire, un phénomène qui a vocation à s’inscrire durablement dans le paysage politique ? Lors de ces élections municipales, la démocratie n’a, à mon sens, pas été mise en danger. En revanche, ce qui représente un véritable trouble, c’est le constat d’un moindre sens de l’intérêt général, qui va bien au-delà des élections et se répercute sur la vie quotidienne même. Jusqu’à présent les scrutins présidentiels et municipaux ont bien résisté à l’érosion du sens civique. S’il s’avérait que cela ne devait plus être le cas, il faudrait à l’évidence s’en préoccuper.

Pour votre premier mandat, quelles ont été les premières difficultés auxquelles vous avez dû faire face ?

Il y en a beaucoup. Evidemment vient, d’abord, à l’esprit la crise de la Covid-19. Etant entendu qu’il y a la dimension sanitaire et, surtout, la crise économique inhérente aux mesures étatiques prises pour y pallier. Comme toutes les villes de France, nous avons beaucoup de petits commerces en difficulté, je pense aux bars et restaurants, mais aussi à nos artistes, aux céramistes, à toutes les activités qui sont en lien avec le tourisme et/ou sont induites par les professions que je viens de citer. Ensuite, j’hérite d’une commune dans une situation calamiteuse : urbanisme non maîtrisé, finances dégradées, services désorganisés, lien social détérioré, etc, etc. Le bilan de Madame Salucki, mon prédécesseur, a été dramatique pour Vallauris Golfe-Juan, dont le déclin au cours de ces six dernières années a été fulgurant et draconien. Enfin, nous éprouvons naturellement les difficultés affectant l’ensemble des collectivités de France, avec un gouvernement qui n’assume plus ses missions fondamentales, ce qui contraint les communes à y pallier ; aussi, il n’y a guère de concertation avec les élus locaux, davantage d’objurgations. A cela s’ajoute un temps administratif incompressible, avec des contraintes fortes qui résultent de procédures rendant l’action publique longue à mettre en place et parfois difficile à piloter.

Sur quels fondements basez-vous votre action politique locale ? 

Hormis l’écoute, la disponibilité et le travail qui sont naturels, mon action repose sur trois éléments fondamentaux : la proximité, le pragmatisme et la Justice. Au niveau local, l’idéologie apparaît devoir s’effacer devant la nécessité de rassembler et de proposer les solutions les plus appropriées pour obvier aux entraves. Ce qui me semble important, c’est de privilégier l’efficacité sans jamais occulter la Justice. Les deux doivent aller de pair.

Durant cette crise sanitaire, selon vous quelles sont les causes du ralentissement et des grandes problématiques que l’on a pu observer ? 

Les causes du ralentissement sont multiples. D’abord, nous avons une épidémie que l’on n’attendait pas, laquelle a conduit à prendre des mesures qui peuvent paraître très radicales. Au niveau local, nous subissons ces mesures décidées au niveau national sans discussion, même si nous sommes convaincus qu’il est indispensable de protéger la santé de la population. Je suis particulièrement préoccupé par les conséquences économiques et sociales qui vont survenir. Elles commencent déjà à se faire sentir dans certains secteurs d’activité, mais je crains qu’à l’horizon du printemps, nous ayons de gros soucis avec des faillites. Ma plus grande préoccupation se porte sur les petits commerçants, artisans et professionnels qui ne peuvent plus payer leurs charges et continuer leur activité. Nous vivons dans une région où le tissu économique repose en grande partie sur le tourisme. Or, la fermeture des restaurants, par exemple, induit un ralentissement d’autres activités liées au commerce local, je pense aux pêcheurs, aux maraîchers, aux fleuristes, aux bouchers etc…. Nous risquons des chutes en cascade. Pour le moment, l’Etat a accepté de réaliser des échelonnements de charge, de verser des aides financières. Cependant, à un moment il faudra les payer et je crains que cela soit très difficile.

La France ne paye-t-elle pas également sa désindustrialisation à travers cette crise ?

Hélas, notre pays souffre depuis de nombreuses années d’une dramatique désindustrialisation. Nous l’avons vu par la réponse médicale et technique à la crise, lorsque l’on doit faire appel, entre autres, à la Chine pour l’approvisionnement en médicaments. C’est non seulement alarmant pour notre tissu économique, mais également pour notre sécurité elle-même. Nous pourrions multiplier les exemples. A poursuivre cette lente descente aux enfers, notre pays va au devant d’immenses troubles tant au plan économique que social.

Face à cette crise sanitaire, ne faudrait-il pas revoir notre politique en matière de fiscalité nationale / locale pour permettre aux entreprises de se relancer ?

Au-delà même de la crise, la France souffre d’un indéniable problème de fiscalité ; celle-ci est de longue date trop élevée et très injuste, notamment pour les classes moyennes et les entreprises non-internationalisées qui ne profitent pas des échappatoires fiscales dont bénéficient les grands groupes. A cet égard, notre système repose sur une logique qui peut apparaître confiscatoire pour les unes et excessivement laxistes vis-à-vis des autres. Aussi, l’impôt –lorsqu’il est excessif- dévalorise le travail, nuit à la compétitivité et freine la création de richesses. Précision utile, dans mon propos il y a lieu d’entendre  le terme de « fiscalité » dans une acception large englobant l’impôt bien sûr, mais aussi les cotisations sociales et autres charges qui sont extrêmement pénalisantes.

Vous l’avez compris, la fiscalité n’est pas une question uniquement liée à la crise ; elle constitue une problématique qui depuis trop longtemps pénalise notre pays. Attention, je ne suis pas partisan d’un Etat faible et sans moyens, bien au contraire. Je crois aux services publics de qualité : des forces de l’ordre efficaces et bien équipées, une armée forte qui permette à la France d’être respectée dans l’ordre international, des hôpitaux de pointe, des établissements d’enseignement supérieur fer de lance d’une recherche publique de premier plan… L’impôt s’avère indispensable pour financer les dépenses publiques. Néanmoins, il doit être plus modéré et moins pénalisant pour le travail, tout en appréhendant beaucoup mieux les entreprises et opérations transnationales. Je pense par exemple aux GAFA et aux transactions financières, avec lesquels il faut aller beaucoup plus loin en termes d’imposition, pour baisser corrélativement la fiscalité sur les entreprises qui produisent et emploient du personnel en France tout en rendant du pouvoir d’achat aux Français.

Quel jugement portez-vous sur la politique actuelle ? 

Sur la politique locale, je porte un jugement indulgent. On remarque que l’Etat se désengage de beaucoup de ses missions. Et ces missions, parce que les élus locaux sont en première ligne, les collectivités les assument. Missions juridiquement transférées ou non, nous avons l’obligation morale de les assumer.  Nous sommes donc contraints de faire plus avec moins de moyens, ce qui s’avère naturellement très délicat. Sur la politique nationale de manière globale, sans accabler qui que ce soit, j’ai l’impression qu’il y a beaucoup d’injustice, d’inefficacité et d’incohérence. Enfin, sur le système politique lui-même, force est de déplorer un manque de courage et un formatage de la pensée.

Quelle est votre vision sur la droite de demain ?

Le concept de droite se révèle complexe. A cet égard, sans doute serait-il plus correct de parler des droites. Depuis la révolution, le clivage droite /gauche a considérablement évolué. Il existe un brouillage des frontières de telle sorte qu’il peut sembler difficile de s’y retrouver. On serait d’ailleurs surpris des réponses si l’on interrogeait nos concitoyens sur les notions de droite et de gauche. Pendant la campagne, on me l’a d’ailleurs reproché. Parce que j’attache une grande importance à l’autorité, à la nécessité de sanctionner les comportements déviants et que je n’ai pas honte de défendre des valeurs fondamentales comme la Patrie, le mérite, la justice, la liberté d’entreprendre, le travail ou encore l’amour de notre histoire, mes adversaires ont cherché à me qualifier d’extrême droite. Il n’en est rien !

Cela me conduit plus précisément à votre question ; j’ai la conviction que, en dépit de sa grande diversité, la droite repose sur un corpus idéologique commun à ses différents courants. Je considère qu’elle n’existera demain que si elle est capable de proposer une alternative à l’idéologie du « progressisme » mondialiste qui consiste à abattre toutes les limites et attaches, qu’elles soient territoriales, naturelles, historiques….  Comme l’a magistralement théorisé Gramsci, l’hégémonie culturelle détermine la domination politique. Or, la droite ne saurait avoir d’avenir véritable que si elle est capable de réinventer et d’imposer son paradigme idéologique. En d’autres termes, elle ne peut espérer concurrencer le Président Macron ni ses successeurs en proposant peu ou prou la même vision et les mêmes solutions, lesquelles s’articulent autour de la dissolution de l’identité et d’un modernisme exalté. Au contraire, la droite doit puiser les forces de la reconquête dans son ADN historique, en s’appuyant sur la souveraineté nationale, l’enracinement – « besoin le plus important et le plus méconnu de l’âme humaine » pour paraphraser la philosophe Simone Weil – ou encore l’ordre et la sécurité. Elle doit sans honte exalter la Terre et les morts, valoriser notre Histoire et nos traditions, en cessant de baisser la tête devant ceux qui honnissent notre pays. Il est illusoire de vouloir se projeter si l’on n’a pas en partage un héritage. Renan l’a superbement démontré en soulignant que « la nation est une âme, un principe spirituel », qui se compose de deux dimensions, dont l’une est dans le passé, l’autre dans le présent ; l’une est la possession en commun d’un riche legs de souvenirs ; l’autre est la volonté de continuer à faire valoir cet héritage. Je pense, entre autres sujets, à la défense de notre langue. En outre, la droite s’inscrit indéniablement dans la modernité. Elle doit proposer des solutions novatrices pour faire revivre ses valeurs, en particulier le travail et la Justice. A n’en pas douter, une réforme de l’impôt et du financement de la protection sociale apparaît nécessaire pour restaurer la compétitivité des entreprises tout en augmentant le pouvoir d’achat des salariés et des retraités. De même, la protection de l’environnement – jusqu’alors préemptée par la gauche de la gauche – constitue un impératif qui correspond, de mon point de vue, à l’esprit de la droite et doit s’inscrire dans ses propositions.

Il y aurait tant d’autres choses à dire. Dommage que le format de cette interview ne le permette pas. Mais je suis à votre disposition pour en discuter avec plaisir !

Propos recueillis par André Missonnier

(Entretien) Anne-Laure Blin (LR), « Nous avons une histoire, des racines, des traditions »

Anne-Laure Blin est député Les Républicains de la troisième circonscription de Maine-et-Loire depuis fin septembre 2020.

Bonjour madame Blin, quelles sont les conséquences à craindre pour la ruralité avec la crise de la COVID-19 ?

Bonjour à vous.

La crise sanitaire aura de toute évidence des conséquences économiques importantes pour tout le monde donc aussi effectivement dans nos territoires ruraux.

Malheureusement, je crains que les effets de la politique de métropolisation menée par l’exécutif aient des conséquences amplifiées avec la crise. Et cela a déjà été visible pendant la crise. Je parle par exemple des différences patentes de connexion numériques et téléphoniques entre nos territoires. En ville, vous n’avez aucun problème. A la campagne ce n’est pas pareil ! Et pourtant c’était télétravail pour tout le monde !

Autre exemple, l’exécutif n’a jamais souhaité traiter les territoires de manière distincte. Quand à Paris, vous avez des restaurants et des bars bondés, nos cafetiers et restaurateurs ont des fréquentation plus limitées…. Et pourtant tout le monde est logé à la même enseigne. Donc oui nos territoires vont souffrir. C’est pour cela que je suis très attentive car la mise en place du plan de relance peut permettre (c’est à tout le moins la volonté) une territorialisation. Donc peut être que nos territoires ruraux auront un peu plus l’opportunité d’être entendus…. En tout cas, c’est tout l’enjeu des prochaines semaines et j’y suis totalement mobilisée.

Les écologistes attaquent la chasse, quel est votre point de vue sur le maintien de cette pratique ? Est-on dans une caricature du monde de la chasse ?

Je souhaite m’engager dans la voie de la protection de notre cadre de vie, en gardant à l’esprit que l’écologie ne doit en aucun cas donner lieu à des positions dogmatiques et encore moins punitives. Nos chasseurs parcourent nos espaces forestiers et contribuent de fait à l’équilibre de la biodiversité. Il est important d’axer la réflexion dans ce sens, en maintenant le dialogue avec les acteurs de la nature, tels les chasseurs qui, à l’instar des agriculteurs, jouent un rôle prépondérant dans l’équilibre des espèces.

Comme je m’y étais engagée durant ma campagne, j’ai participé, en septembre, aux débats autour de la condition de vie animale. Une disposition concernait la chasse. Et j’ai redit que l’on peut être favorable à la chasse sans pour autant cautionner la maltraitance animale ! Mais l’homme et l’animal ne sont pour autant pas égaux. Protéger les animaux oui, céder à des pressions non.

Nous avons-publié notre étude sur l’écologie de droite, il en revient que les attentes des électeurs de droite se situe sur une écologie conservatrice qui respecte les traditions de notre pays, qu’en pensez-vous ? En quelle écologie croyez-vous ?

Nous avons une histoire, des racines, des traditions que nous devons défendre et transmettre à nos enfants. C’est pour cela qu’il est de notre responsabilité de faire des propositions pragmatiques et concrètes en matière d’écologie qui doivent prendre en compte ce que nous sommes.

Nous avons l’impression que l’écologie telle qu’elle est imaginée porte une vision urbaine et qu’elle est en décalage complet avec la ruralité …

Je crois effectivement qu’il y a deux visions : ceux qui vivent dans la nature au cœur de nos campagnes et certains écologistes qui vivent dans les villes et qui ignorent en vérité ce qu’est la campagne !

Ce que je perçois surtout c’est une idéologie extrémiste antispéciste grandissante… Le RIP animaux (référendum d’initiative partagée sur le bien-être animal) par exemple est un véritable instrument idéologique. Le premier soutien n’est autre que Xavier Niel. Certes patron d’un grand groupe de télécommunications, mais aussi investisseur dans la recherche et la production de substituts végétaux imitant la viande.

Juste un pas à franchir pour penser qu’au-delà de l’idéologie, il y a en amont d’énormes intérêts financiers…Toutes ces organisations, L214, One Voice, ou encore Sea-Sheperd, pour ne citer que celles-ci, sont par ailleurs très bien structurées. Elles possèdent des ramifications titanesques et sont soutenues par des grands groupes internationaux.

Leur objectif : nous imposer un véritable diktat de la pensée. Il y a danger pour nos territoires. Pour preuve les attaques répétées contre certaines professions, bouchers, éleveurs, mais aussi contre les chasseurs.

Propos recueillis par Paul Gallard

(Tribune) Élus locaux, maillons forts et grands oubliés de la stratégie de vaccination !

Tribune rédigée par Alexandra BORCHIO FONTIMP, Sénatrice et Conseillère Départementale des Alpes-Maritimes et Jean-Paul DAVID, Président de l’Association des Maires Ruraux des Alpes-Maritimes et Président de l’Association des Maires des Alpes-Maritimes et Président de d’intercommunalité des Alpes-Maritimes.

Quand le gouvernement va-t-il comprendre que la concertation avec les élus locaux est une condition sine qua non d’une action publique qui se veut adaptée à la réalité des besoins sur le terrain ?

Quand le gouvernement va-t-il agir avec courage et assumer ses erreurs passées.  Particulièrement celles de la gestion des masques et des tests, afin que les prochains mois puissent se dérouler dans un climat apaisé ?

Ayant déjà dénoncé les excès de la sur-administration et de la sur-centralisation, celles-ci s’illustrent sous leur pire visage dans la mise en place de cette campagne de vaccination. Sans nul besoin de rappeler l’ampleur du retard accumulé par la France vis-à-vis des pays voisins, nous alertons le gouvernement sur les conséquences de ses choix.

Choisir d’ignorer la proposition de soutien des maires c’est faire preuve une nouvelle fois d’amateurisme. L’Association des maires de France (AMF) a ainsi communiqué sur son incompréhension face au refus pernicieux du gouvernement de les associer à la stratégie de vaccination. À juste titre, ils ont rappelé que le contexte sanitaire nécessite d’une part que la population soit rassurée et d’autre part que les élus locaux soient véritablement concertés. Les scientifiques font un constat similaire : tous les acteurs doivent être réquisitionnés, ceux étant en contact direct avec les citoyens davantage.

Les dernières annonces du Ministre de la Santé qui visent à « amplifier, accélérer et vacciner », toutes aussi utiles soient-elles, ne permettront pas de compenser les ratés accumulés depuis le début de cette campagne de vaccination. Le problème est structurel, l’État ne pouvant plus être aussi autocentré. Sans le concours des collectivités locales, nous constatons les dérives et échecs du gouvernement à agir seul. Le mépris du gouvernement à l’égard des maires est toujours aussi criant, devenant en pratique fortement préjudiciable pour nos concitoyens.

Alors que le Président du département des Alpes-Maritimes propose de mettre à disposition des médecins et infirmiers du Conseil départemental et que les maires des Alpes-Maritimes se tiennent prêts à faire vacciner chaque citoyen, aucune réponse du gouvernement n’est encore connue à ce jour.

Compte tenu des enjeux de santé publique attachés à une telle campagne, celle-ci doit s’appuyer sur les élus locaux et professionnels de santé, acteurs de terrain qui souhaitent être parties prenantes dans le cadre de cette campagne de vaccination.

Dans notre territoire, élus locaux et professionnels de santé ont appris à travailler ensemble depuis mars dernier et su mettre en place des dispositifs adaptés à nos concitoyens. Cette expérience commune est précieuse pour la phase qui s’ouvre. L’Etat a tout intérêt à faire confiance à ces partenariats déjà opérationnels.

Nous ne pouvons plus nous permettre de faire attendre les français et ces situations sont aujourd’hui plus que jamais inconcevables et inaudibles pour la population. Inclure les élus locaux dans cette stratégie, c’est ainsi permettre aux français de se faire vacciner au plus vite et dans les meilleures conditions.

Enfin, choisir d’ignorer les élus locaux, tout en annonçant parallèlement, la création d’un collectif de 35 citoyens tirés au sort, c’est opposer la démocratie représentative à la démocratie directe. C’est mettre sciemment face à face les élus et le peuple, alors même que les premiers n’existent que pour défendre les intérêts du second.

La concertation et l’association des élus locaux à la bonne conduite de cette campagne de vaccination ne sont plus des options, ce sont des impératifs. Ils sont nos maillons forts, ne les oublions pas !

Alexandra BORCHIO FONTIMP

Sénatrice des Alpes-Maritimes et Conseillère départementale des Alpes-Maritimes 

Jean-Paul David

Président de l’Association des Maires et Présidents d’intercommunalité des Alpes-Maritimes

Président de l’Association des Maires ruraux des Alpes-Maritimes

(Entretien) Agnès Evren (LR), « La crise exige (…) une réponse massive et coordonnée »

Agnès Evren est Député européen Les Républicains et Conseillère de Paris.

Selon vous, le virus peut-il tuer l’Europe ?

Non et je dirais même au contraire. On ne peut pas nier qu’au début de cette crise, l’Union européenne a eu du retard à l’allumage. Mais depuis, elle s’est montrée à la hauteur. Plus important encore, cette crise a montré l’importance du collectif. Prenez par exemple le vaccin BioNTech-Pfizer : une chercheuse Hongroise est à la base de la recherche sur l’ARN messager, l’un des deux laboratoires est allemand, le budget européen a largement financé la recherche sur ce vaccin, une unité de production va être ouverte en Belgique et l’autorisation de mise sur le marché va être prononcé par l’Agence européenne des médicaments et la Commission européenne. Il faut savoir mettre en avant le savoir-faire européen lorsqu’il est là !

Comme toute crise, ce virus a mis en lumière nos forces et nos faiblesses. Les prochaines années devront être utilisées pour en tirer toutes les leçons. Mais l’une d’elle est bien que l’Union européenne est indispensable.

Au niveau monétaire, la zone euro peut-elle être menacée par le poids des dettes et des relances massives à coups de centaines de milliards d’euros d’endettement ?

Nous traversons le plus gros bouleversement depuis la fin de la Seconde guerre mondiale. La crise liée à la COVID-19 exige une réponse massive et coordonnée.

Des mesures immédiates et proportionnées activant les outils déjà existants ont été prises et la Banque Centrale européenne a su réagir pour rassurer les marchés et renforcer la zone euro.

Toutefois, lors de la présentation du plan de relance européen, nous avons émis de nombreuses réserves au sein de notre délégation française Les Républicains au Parlement européen, quant au remboursement de cet emprunt qui débutera, je le rappelle, en 2028 jusqu’en 2058. Nous ne voulons surtout pas faire peser ce fardeau sur nos générations futures. Mais, je ne crois pas que la zone euro sera menacée.

À la suite des événements en Biélorussie ou aux agressions de la Turquie, quel regard portez-vous au lourd silence de la mésentente européenne sur la défense ?

Force est de constater que la diplomatie européenne est très faible et que lorsqu’il s’agit de faire preuve de fermeté, les intérêts étatiques s’affrontent. Pourtant, le principe de solidarité devrait être à la base de notre réponse. Avec la Turquie notamment, l’Union européenne s’est davantage illustrée comme médiateur entre la Grèce et Chypre – pays européens – et la Turquie, alors que nous aurions dû ne faire qu’un pour établir un vrai rapport de force.

La défense européenne n’en est qu’à ses balbutiements. Peut-être parce qu’à force de parler de concepts fumeux comme une « armée européenne » nous avons mis la charrue avant les bœufs.

Là où les Etats-Unis s’enferment de façon bipartisane dans cette attitude qui consiste à désigner la Chine comme responsable et coupable de tous les maux, d’après-vous n’est-il pas opportun pour l’Europe de reprendre une relation avec la Chine qui puisse rééquilibrer le monde et sa croissance ?

La Chine est un partenaire indispensable de l’Union européenne et nous faisons face à un certain nombre de défis communs comme, par exemple, la lutte contre le changement climatique. Mais, les relations entre l’Union européenne et la Chine ont évolué ces dernières années. Nous devons sortir de cette naïveté et de cette interdépendance économique élevée. L’Europe ne peut pas ouvrir son marché sans fin, alors que les autres puissances se protègent. Nous ne partageons pas les mêmes valeurs et la même approche du multilatéralisme.

Au Parlement européen, nous avons, à plusieurs reprises, alerté sur les violations des droits de l’Homme perpétrées par la Chine. Pas plus tard que lors de notre dernière session plénière, nous avons voté une résolution sur la situation des Ouïgours en Chine.

L’Union européenne doit renforcer son autonomie stratégique face aux puissances étrangères, dans les secteurs industriels, sanitaires mais aussi numérique. Il faut également réformer nos règles de concurrence pour permettre l’émergence de géants européens de l’industrie capables de s’imposer face aux Américains ou aux Chinois. C’est cette position que je défends au Parlement européen.

Concernant le Brexit, quel serait l’impact d’un no deal pour la France ?

Depuis le début des négociations sur les futures relations entre le Royaume-Uni et l’Union européenne, nous savions que ce ne serait pas une tâche facile de parvenir à un accord tant les points de blocage étaient profonds. Je l’ai répété à plusieurs reprises, nous n’accepterons pas un accord au rabais, conclu dans la hâte. La pêche n’est pas une variable d’ajustement.

Mais, soyons clairs, qu’il y ait un accord ou non, il y aura forcément des conséquences économiques pour la France et pour l’Union européenne. C’est pourquoi, l’Union européenne s’est préparée et a demandé aux entreprises, aux différents secteurs de se préparer à la possibilité d’un « no deal » pour amoindrir au maximum ces conséquences. Face aux incertitudes sur les négociations, nous avons d’ailleurs pris les devants et voté au Parlement européen, des mesures d’urgence et temporaires pour préserver le trafic aérien et le transport routier. Nous ne serons pas les grands perdants de ce Brexit.

Nous pouvons constater que partout, dans l’Union, les forces europhobes appartiennent aux extrêmes (droite et gauche), c’est-à-dire aux forces qui revendiquent un gouvernement autoritaire, que ce soit le RN ou LFI. La démocratie se dissout-elle dans l’europhobie ?

Paradoxalement, les europhobes, qu’ils appartiennent ou non aux extrêmes, reprochent justement souvent à l’Union européenne de dissoudre la démocratie et d’écraser la voix des peuples. Selon eux, l’Union européenne serait tenue par les technocrates non élus de Bruxelles qui imposeraient par le haut leurs décisions aux citoyens et seraient responsables de tous nos maux. Ils braderaient nos atouts et notre leadership dans la mondialisation, ils manqueraient de fermeté face aux chocs migratoires, ils ne prendraient pas la mesure des menaces sécuritaires. C’est en pointant ces défaillances européennes, que les extrêmes justifient le repli national. Mais je trouve qu’on a trop tendance à voir l’Europe comme un affrontement entre europhobes extrémistes et europhiles fédéralistes.

Il y a clairement une voix entre les deux, celle que défend, notamment, la droite française : celle d’une Europe puissante qui respecte et protège les identités des nations qui la composent et des citoyens qui la peuplent. Selon moi, la démocratie européenne peut ainsi sans mal se conjuguer aux démocraties souveraines que sont ses États membres. Le Parlement européen en est d’ailleurs l’un des garants : députés européens, nous représentons la voix des citoyens et nous avons acquis un réel pouvoir face au Conseil et à la Commission.

C’est cette vision équilibrée de l’Union européenne qui est pour moi le rempart le plus efficace contre les dérives autoritaires.

Quelle vision pour la droite de demain ?

La droite de demain c’est celle qui reste fidèle à ses valeurs cardinales mais ne craint pas d’aller sur de nouveaux terrains.

C’est la droite qui défend la sécurité, la cohésion nationale, l’idée d’une France forte en Europe et dans le Monde, le sérieux budgétaire et la modération fiscale, le soutien à l’activité économique.

Mais c’est aussi une droite qui, sans honte ni timidité, s’empare des sujets de son temps – dont certains partis voudraient faire leur pré carré – comme l’environnement, le développement durable, la solidarité, la réduction des fractures sociales et territoriales, la lutte contre les communautarismes. La droite n’a pas à rougir de s’intéresser à la France telle qu’elle est aujourd’hui. Elle est tout à fait légitime. Et cela ne veut pas dire qu’elle doit changer ses convictions, cela veut dire qu’elle doit développer des idées neuves pour s’adapter à un monde qui change.

Propos recueillis par André Missonnier

(Tribune) Alexandra Borchio-Fontimp (LR) Les finances locales sous le signe de la crise et des incertitudes

Alexandra Borchio-Fontimp est sénatrice des Alpes-Maritimes, Conseillère départementale des Alpes-Maritimes, Vice-Présidente du CRT Côte d’Azur France et membre du Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes.

Le Sénat ne peut rester immobile face aux appels au secours ! L’arrivée soudaine de la pandémie a fortement amplifié des difficultés déjà présentes. Comme une piqûre de rappel, la Cour des comptes a rendu mardi 15 décembre son premier rapport relatif aux impacts de la crise sanitaire sur les finances locales. Celui-ci dresse un portrait préoccupant de la santé fiscale des collecti- vités et souligne l’incertitude anxiogène qui pèse sur leurs dépenses des mois et années à venir. Alors que les collectivités sont éreintées, étranglées entre des transferts de compétences parfois illogiques, elles doivent aujourd’hui faire face à de nombreux enjeux dont quelques-uns sont inédits. Les communes sont ainsi confrontées à une hausse de leurs dépenses d’intervention, à des surcoûts inhérents au maintien de l’activité des services et évidemment à la perte impor- tante de recette en raison d’une activité à l’arrêt.

En première ligne de la crise économique, les régions ont participé activement au Fonds national de Solidarité et instauré des fonds régionaux exceptionnels. Conscientes de la situation dramatique dans laquelle se trouve nos commer- çants, elles n’ont pas hésité un seul instant à venir en aide.

La crise sanitaire a entrainé le basculement de près d’un million de français dans la précarité. Confrontés à des difficultés pour travailler, se loger et se nourrir, nos concitoyens se sont tournés naturellement vers le département.

Moteur d’une politique sociale dynamique, le département se voit mobilisé de part et d’autre par l’État ces dernières années. Échelon privilégié de résolution de crises, qu’elle soit migratoire ou encore sanitaire, il demeure pourtant mésestimé par le gouvernement. Il n’est pas le seul, le bloc communal connait aussi de cette déconsidération. En témoigne les promesses politiques qui n’ont connu aucune traduction législative ou pire, celles qui ont été suivies de dispositions contraires.

Prenons à titre d’exemple l’annonce du gouvernement de créer un dispositif de compensation des pertes de recettes fiscales et domaniales au profit des collectivités locales. Ce dispositif devait concerner 12 000 à 14 000 collectivités et être fixé à hauteur de 750 millions d’euros. Bien en-deçà de la réalité des be- soins, cette nouvelle ne pouvait cependant engendrer qu’enthousiasme et engouement. Néanmoins, lorsque le décret d’application a été présenté, il ne concernait plus que 2500 communes, une centaine d’EPCI et s’élevait à 230 mil- lions d’euros.

Plus que la déception d’avoir été trompées, c’est la colère et l’exaspération qui animent dorénavant nos collectivités. Le gouvernement doit ainsi rapidement prendre conscience que les élus locaux ne demandent pas l’aumône mais qu’ils attendent des actes forts !

En dépit d’un état financier alarmant, les collectivités locales n’ont jamais reculé devant la Covid-19. Elles ont, chacune à leur manière, mis en place des dispositifs d’aides aux particuliers ou aux entreprises et fait preuve d’un volontarisme indéniable. En réponse à ces actions, le gouvernement, apporte des justifications bancales et déconnectées de la réalité du terrain.

Enfin, la suppression des petites taxes n’est plus sans conséquence. Alors que les pertes humaines s’élèvent à des chiffres élevés, la commune d’Antibes s’est vue amputer de 40 000 euros de recette due au titre de la taxe funéraire. Soutenant la volonté du gouvernement de clarifier la fiscalité locale, il est inconcevable que cela se fasse par une mise à l’épreuve supplémentaire des collectivités. Supprimer, oui mais sans compenser, non.

Les finances locales sont en crise et si elles ne peuvent pas lutter contre l’incertitude due à l’évolution de la situation sanitaire, elles ne devraient pas non plus avoir à douter de la parole engagée par le gouvernement !

Alexandra Borchio Fontimp