(Entretien) Boualem Sansal, « Pour l’Islam, la laïcité est le  crime des crimes »
(Entretien) Boualem Sansal, « Pour l’Islam, la laïcité est le crime des crimes »

(Entretien) Boualem Sansal, « Pour l’Islam, la laïcité est le crime des crimes »

Crédits photo : Par Lesekreis — Travail personnel, CC0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=17002414

Bonjour Boualem Sansal, aujourd’hui on parle beaucoup d’Islam radical. Qu’est-ce que cela signifie ? Quelles sont ses origines ? Et quels sont ses buts ?

En décrétant que le Coran est un objet incréé, qu’il est la parole vivante d’Allah, immanente éternelle immuable et transcendante, les musulmans se sont enfermés dans un piège doctrinal et existentiel dont ils ne peuvent pas sortir. On ne répudie pas Dieu comme on répudie sa femme. Allah est jaloux et tenace et compatissant seulement envers les musulmans sincères. La notion de temporalité n’existe pas dans l’univers musulman, le passé, le présent, le futur se fondent das l’unité divine, et donc n’existent pas non plus le relativisme, le doute, la rationalité, la contradiction, ni le hasard et le contingent, entièrement enfermés dans le mektoub, le « c’est écrit ». Le musulman n’a aucun moyen de se comprendre et comprendre l’autre et le monde. Libérer les musulmans de l’islam et libérer l’islam des musulmans sont les grands défis de l’humanité inquiète et souffrante  pour les prochains siècles. Il faut aider cette religion à faire son agiornamento, sortir des limbes du ciel pour entrer dans la réalité du monde, avant qu’il ne soit trop tard, s’il n’est déjà pas trop tard.

Le seule façon pour l’individu d’en sortir et de retrouver sa liberté de conscience est l’apostasie, qui est punie de mort par la charia, la loi divine. Au niveau collectif, la chose est tout simplement impensable. Les croyants vivent à fond dans l’idée que l’islam fait leur unité fraternelle autour de Dieu, du patriarche, du calife, du chef de la tribu, du mâle dominant du coin. Son absolue cohérence qu’il tient de l’absolue cohérence de Dieu, est une muraille absolument indestructible.

Après 14 siècles, l’islam fonctionne toujours sur les énoncés du coran et de la charia. Son but est de soumettre l’humanité entière à l’autorité d’Allah et à son adoration exclusive. L’islam est totalitaire, radical, prosélyte et conquérant par définition, par pure injonction divine. C’est  écrit dans le Coran.

On peut cependant dire qu’il y a plusieurs islams, selon qu’il est majoritaire ou minoritaire dans un pays, selon qu’il détient le pouvoir exécutif ou pas.

En Afghanisan et en Iran, il est majoritaire et détient le pouvoir exécutif. L’islam est intégriste répressif et le sera toujours plus en vertu du principe universel de l’entropie.

Dans les pays arabes, l’islam est dominant mais ne détient pas le pouvoir exécutif, il est détenu par des oligarchies qui gouvernent selon leur propres lois en s’appuyant à la fois sur l’islam, sur l’islamisme, sur certains instruments de la modernité (le droit commercial, les partis politiques, les élections, la technologie…) et sur des idéologies importées et adaptées, telles le communisme, le libéralisme, la nationalisme, le fascisme…) Ce mixte hétéroclite et branlant divise la société en communautés étanches et finit toujours en guerres civiles, voir l’Algérie, la Libye, la Syrie, le Yémen, le Soudan…

En France, l’islam est minoritaire mais en nombre important et en croissance rapide ce qui lui donne des ailes et des prétentions régaliennes. Il s’impatiente, et énerve la société. Dans tous les domaines, il se veut la norme, le parangon, et comme il n’arrive pas à convaincre au-delà de la gauche, il force le trait, il trépigne, se fait brutal et menaçant. Il déteste tout le monde et veut aussi plaire à tous, jusqu’aux islamophobes et aux homosexuels. Pour ratisser large, Il se veut tour à tour et tout à la fois, moderne, traditionaliste, ultra-religieux, musulman compatible, modéré bcbg, radical nerveux, fou de Dieu, laïque offensif et revendicatif, ouvert et fermé. Ce faisant il nourrit en lui tous les troubles possibles de la personnalité, la paranoïa, la schizophrénie, l’hystérie galopante, la fièvre antisociale, le narcissisme ostentatoire, le trouble obsessionnel compulsif, la dépression et l’épilepsie, etc. Dans les banlieues dominées par les islamistes, le visiteur égaré a vraiment l’impression d’être tombé dans un asile de fous, il ne sait qui court après qui, qui menace qui, et s’il doit lui-même courir se mettre à l’abri ou montrer du poing.

Quelle vision l’Islam porte–t-il sur l’Occident ?

Pour lui, l’Occident est l’ennemi absolu car il professe ce que précisément l’islam rejette avec force : la liberté de conscience, l’individualisme, l’égalité entre les citoyens par-delà leur genre, leur religion, leur statut social, bref des valeurs et des droits humains définis par des hommes pour les hommes. L’islam voit en l’Occident et en ses valeurs qui se veulent universelles l’obstacle majeur à sa propagation dans le monde et en ce sens, il est l’ennemi de Dieu. Il faut s’en séparer, le réfuter, le moquer, le convertir, l’affaiblir, l’humilier et au final l’abattre et effacer toutes traces de lui sur terre. Ceci est écrit dans le coran en toutes lettres. Ce qu’il ne dit pas c’est la méthode. La règle  en l’occurrence est de s’inspirer de la geste héroïque de es devanciers, Mohamed et ses Compagnons, les grands califes, les sultans bien inspirés.

Est-ce que le principe de laïcité que nous avons en France est assez fort pour faire face à l’Islamisme ?

Pour l’islam la laïcité est le crime des crimes, elle prétend contenir l’islam qui n’est qu’amour pour l’humanité, dans la sphère privée, l’obliger à cacher son visage, réduire la portée de sa loi, alors qu’il est par définition divine une totalité, Din et Douniya, Religion et Gouvernement de la Cité. La laïcité en Occident est réellement la pierre d’achoppement entre les musulmans et les autres. L’autre est l’ennemi, il ne peut être un frère..

La laïcité peut effet être un instrument pour contenir l’islamisme, mais si elle est intelligemment combinée avec d’autres instruments, l’état de droit, l’école, la culture, l’autorité de l’Etat qu’il faut constamment affinée et renforcée. Et comme l’islamisme est connecté par mille canaux dont la plupart invisibles à des centres de pouvoir à l’étranger (des Etats, des organisations islamistes, des influenceurs divers et variés), l’Etat doit se doter de tous les instruments à même de contrôler et de rompre ces connections. Ne sont pas concernés que les institutions, les citoyens et les familles devraient l’être tout autant, sinon plus. Ce n’est pas ce que nous voyons, l’Etat et ses institutions ont abandonné la partie et se limitent à déclamer des poèmes.

L’Europe connaît une vague d’actes antisémites à la suite de la relance du conflit entre le Hamas et Israël. Quels sont les raisons de cet antisémitisme ?

Il  y en a trois selon moi, super fortes :

1) La première est la religion. Allah est le premier antisémite de l’univers. Après avoir tant aimé les juifs et les avoir privilégiés sur les autres nations, il les a chassés et réprouvés, il réclame leur mort. Tout cela est écrit noir sur blanc dans son coran. Mahomet, l’Exemple à suivre pour tous les musulmans de la terre, n’a pas démérité, il a de sa main égorgé plusieurs tribus juives, les Bani Kainuka,  les Banu Kuraida, les Banu Nadir, affaires parfaitement documentées par les musulmans eux-mêmes, les premiers et les suivants.

2) Vient ensuite la création d’Israël en 1948 sur les terres sacrées musulmanes du Proche-Orient. On le vit au quotidien depuis 70 ans.

3) Ressentie de plus en plus durement, est la jalousie des musulmans envers ce petit peuple de dhimmis honnis de Dieu qui, malgré une coalition antisémite mondiale contre lui, réussit si bien dans la vie, raflant tout, l’argent, les prix, les brevets, les postes prestigieux, les honneurs, sans trop s’embêter avec sa religion, sœur jumelle de l’islam. Et là est un gros problème psychologique : en vivant une relation banalisée avec leurs religions, les juifs et les chrétiens jettent le discrédit sur l’islam qui paraît comme une pure hérésie et les musulmans comme des fanatiques, des arriérés, des ratés, des perdants, des atrabilaires invivables, bref un danger pour l’humanité, pour Dieu qu’ils ont pris en otage, et pour eux-mêmes.

Finalement, l’islamisme ne repose-t-il pas sur un rejet et une haine de ce qui n’est pas croyant, de ce qui ne fait pas partie de la « oumma » ?

Il est vrai qu’au cours de l’histoire, l’islam a pu avoir de belles relations avec les chrétiens et les juifs, en Andalousie, quand ceux-ci observaient leur religion vénéraient le dieu d’Abraham et partageaient les mêmes prophètes. Les théologiens des trois religions tenaient de magnifiques disputatios qu’on lit aujourd’hui avec étonnement et nostalgie.

C’est vrai, les musulmans croyants pratiquants n’aiment pas les non-croyants, ils les trouvent vilains et vains. Camus, athée conséquent s’il en est, avait dit quelque chose comme ça sur ceux qui se déclaraient indifférents à la question religieuse,

L’islamisme est, selon vous, une forme de totalitarisme. Sur quelles mécaniques de domination repose-t-il ? Comment la société est-elle structurée pour son maintien ?

On répète tout le temps que l’islamique s’appuie sur la violence physique pour s’imposer. C’est faux en grande partie, la violence est requise seulement quand la charia l’impose. Dura lex sed lex.

La technique préférée de l’islamiste stratège qui est jouissive et nous apprend beaucoup sur la nature humaine, est d’islamiser à dose homéopathique l’environnement autour des gens visés par la conquête puis à l’amener à parler constamment de l’islam, en bien ou en mal peu importe, l’essentiel est de les familiariser avec son vocabulaire, ses signes, ses manières d’être, puis de le regarder se débattre dans les questionnements et les contradictions et un jour, le grand jour, le voir marchant en crabe prendre le chemin de la mosquée. Là commence le lavage de cerveau pour faire de lui un musulman qui ne connaît rien d’autre que l’islam, et ne vit que pour la repentance, l’expiation et au bout la soumission totale à Allah et au calife qui le personnifie.

Comment pouvons-nous faire vaciller l’islamisme ?

J’ai lu ces derniers jours que Enki Bilal avait déclaré : « Avec l’islamisme, on est foutus ». Il a continué en pointant un doigt accusateur sur les politiques. Vous avez là une excellente réponse à votre question.

Pour ma part je dirais ceci : tant que l’islamisme a besoin de nous pour exister et se propager, il est vulnérable. Le virus ne vit que sur un hôte qui lui permet de se multiplier. Rompons tout contact avec l’islamisme et comme les poissons dans une mare asséchée il va mourir, ou il finira dans un entre-soi mortel.

Facile à dire, impossible à faire.

Le vrai remède est en fait, là, devant nous, visible de tous. Observons que l’islamisme ne tourne jamais dans les pays jaloux de leur identité, de leur pays, de leur mode de vie, de leur histoire, qui ont compris que l’autorité de l’État et des pater familias est le rempart contre les maladies dégénératives domestiques ou importées. L’islamisme est comme dans son bain au Canada, en Belgique, au Royaume- Uni, en France, en Italie, en Espagne, et les pays scandinaves. Partout ailleurs il est persona non grata. Que les faibles regardent les forts et les imitent, c’est tout simple. En attendant, Enki Bilal a raison, on est foutus. Je dirais la même chose de l’islam son grand frère qui fait tout dans la discrétion et le temps long. Allah n’est pas pressé, c’est le diable qui l’est.

Propos recueillis par Théo Dutrieu

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