(Entretien) Dénis Cieslik, « Mon livre est un simulateur de wokisme »
(Entretien) Dénis Cieslik, « Mon livre est un simulateur de wokisme »

(Entretien) Dénis Cieslik, « Mon livre est un simulateur de wokisme »

Bonjour Monsieur Cieslik, vous êtes l’auteur d’un ouvrage « Inclure » . Une dystopie de la France dans les années 2060 dans laquelle Rokhaya Diallo gouverne le pays selon l’idéologie woke. Cette dystopie est-elle un avertissement à ce qu’il pourrait vraiment nous arriver ?

Je ne crois pas vraiment que le monde que j’ai décrit adviendra effectivement. Il y a trop de contradictions au sein même de l’idéologie woke pour qu’un jour un régime puisse être institutionnalisé sur le fondement de cette idéologie. La principale contradiction étant évidemment la lutte acharnée de ces gens pour défendre un Islam qui pourtant honnit les LGBT.

Pour autant, je trouvais intéressant de me pencher sur les promesses tenues par ces idéologues. Si l’on va jusqu’au bout de leur démarche intellectuelle, c’est le monde que j’ai décrit qui adviendrait. C’est pourquoi mon ouvrage est un appel aux gens à ne rien céder.

Derrière une pensée qui semble grotesque se cache une ambition totalitaire. 

Vous avez donc voulu opérer premièrement une  « décortication » de l’idéologie woke ?

Pas en premier lieu. Je pense que beaucoup d’auteurs ont très bien réussi à en mener une analyse profonde à travers des essais.  Mon ambition était véritablement de soumettre cette idéologie à l’épreuve du réel. Mon livre est un simulateur de wokisme.

Le titre de l’ouvrage fait écho aux théories inclusives. Le régime qui vous peignez prône l’inclusion comme norme.  Le wokisme est-il réellement inclusif ?

Non, il n’est absolument pas inclusif. Le wokisme est tout sauf inclusif. Lorsque vous observez plus en profondeur le wokisme, c’est très excluant. Cette idéologie empêche de vivre en société, elle empêche les gens de penser, et, finalement, elle interdit même aux gens d’exprimer leur humanité. Quand on en arrive à exprimer qu’une simple préférence est par essence une discrimination, on retire aux hommes ce qui fait le sel de leur être. Je le démontre assez ironiquement dans mon livre en faisant accuser un personnage qui préfère les femmes blondes aux femmes brunes de « brunophobie ».

La société que vous décrivez dans votre ouvrage à des aspects orwellien. Est-ce une société atomisée dans laquelle règne la méfiance envers l’autre ?

L’univers que j’ai créé est, en partie, orwellien mais pas entièrement. Contrairement à l’univers qu’a décrit George Orwell, les gens ont le droit de vote et vivent en démocratie bien qu’elle soit biaisée. Mais on retrouve des éléments orwelliens avec une forme de novlangue, un terrorisme intellectuel et une police de la pensée.

La meilleure façon de transformer une société est de reconditionner les individus. Pour cela, il faut les priver de tout : de nature, de sens, d’identité. Les priver de culture, de Dieu, d’État et de famille. Le terme de « déconstruction » fait écho à ce processus d’atomisation.

Mon personnage principal, Théophile, est l’allégorie moderne de l’homme extrêmement individualiste et qui se retrouve donc à faire beaucoup de compromissions, d’accommodements déraisonnables qui finiront par le faire courir à sa perte.

Vous avez évoqué l’aspect totalitaire inhérent au wokisme. Est-il le seul totalitarisme du XXIe siècle ?

Il existe beaucoup de formes de totalitarisme. Après les totalitarismes européens du XXe siècle, qui ont heureusement disparu, on retrouve d’une part ce totalitarisme woke qui est le fruit de la perdition de l’Occident et d’une autre part le totalitarisme islamique. C’est une religion profondément politique qui régente tous les apsects de la vie sociale et dont le Coran est concurrent à notre Code civil.

Ces deux totalitarismes sont ceux auxquels nous avons affaire sur notre territoire aujourd’hui.

Quels sont les principaux biais idéaux par lesquels le wokisme peut être, ironiquement, « déconstruit » ?

Mon livre vise entre autres à essayer de démontrer les contradictions du wokisme. Cette idéologie en est finalement pétrie et on peut s’en amuser. Beaucoup de lecteurs m’ont fait part de leur amusement à la lecture de l’ouvrage. Je suis convaincu que la force des conservateurs est d’avoir de l’humour et de ne pas le limiter. Les wokes n’ont pas d’humour, ou alors aseptisé. 

L’humour que j’ai utilisé dans mon livre permet de démontrer d’une part ce paradoxe et, d’autre part, de moquer cette idéologie et ses nombreuses contradictions.

Dans le livre, il y a le procès de mon personnage principal qui est en fait le procès de l’idéologie woke. L’avocat pointe toutes les contradictions. Que ce soit la contradiction majeure entre la défense des droits LGBT et la défense des « minorités » islamisées ou l’incapacité chronique de ces gens à définir une frontière entre inné et acquis. 

Propos recueillis par Théo Dutrieu

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