(Entretien) Frédéric Masquelier, “La Droite, c’est aussi la responsabilité”
(Entretien) Frédéric Masquelier, “La Droite, c’est aussi la responsabilité”

(Entretien) Frédéric Masquelier, “La Droite, c’est aussi la responsabilité”

Frédéric Masquelier est avocat, maire de Saint-Raphaël et Président de la Communauté d’Agglomération Var Estérel Méditerranée.

Bonjour monsieur Masquelier, vous êtes maire de Saint-Raphaël et on sent un élan de votre politique en faveur du patrimoine, quelles sont vos actions dans le domaine ? Pourquoi sont-elles si importantes à vos yeux ?

J’ai constaté que les Raphaëlois étaient très attachés à la préservation de leur patrimoine ; que ce soit le patrimoine environnemental avec l’Estérel et notre bord de mer, mais aussi un attachement à l’identité de notre ville. Saint-Raphaël est une ville très étendue avec une construction en quartiers ; chaque quartier ayant sa propre identité avec son cahier des charges et les habitants ne veulent pas que ce système soit bouleversé. Ce n’est actuellement pas évident dans la mesure où il y a la loi, qui favorise la gentrification : une ville comme Saint-Raphaël ne devrait déjà plus exister. Du moins, rien ne favorise son développement horizontal. On a également une centaine de villas de la belle époque – construites entre le XIX -ème et XX -ème siècle – qui sont des villas remarquables, avec une valeur importante, et les citoyens y sont fortement attachés. Ils sont fiers de leur ville telle qu’elle est. En adéquation avec ce constat de conservatisme culturel et architectural, j’ai décidé de mettre en place des mesures très concrètes pour protéger les espaces verts (50 % d’espace vert et 70 % d’espace libre) avec un périmètre de protection pour ces villas belle époque, mais aussi par des cessions de certains espaces boisés au Conservatoire du littoral, par une réduction de l’emprise constructible et par des orientations d’aménagement programmé aussi dans les quartiers afin qu’on revienne à l’esprit des cahiers des charges. L’objectif est que Saint-Raphaël conserve son auditoire et qu’elle reste une ville pavillonnaire respectant une densification limitée, avec des villas plutôt que des immeubles.

Les projets en direction de l’accès à la culture sont légion à Saint-Raphaël, en quoi est-ce important ?

Saint-Raphaël n’est pas une ville universitaire, c’est une ville moyenne. La difficulté de ces villes qui sont entourées de métropoles et qui sont composées à grande majorité de personnes venant d’ailleurs (90 % des habitants ne sont pas nés à Saint-Raphaël), c’est qu’il faut une certaine exigence culturelle. Cette exigence se traduit par notre médiathèque avec une offre élargie et des cycles de conférences d’invités reconnus nationalement voire internationalement. On a également Nicolas Bouzou qui anime les conférences de l’avenir, on a des salons du livre, des rencontres organisées par Monique Atlan et Roger-Pol Droit. On essaye d’avoir une vie culturelle très active.  

C’est chaque année le même refrain : la crèche est interdite dans les mairies, certains élus le contestent et décide d’en installer, quel est votre avis ?  Les traditions religieuses ancrées dans le patrimoine doivent-elles être séparées ?

Nous avons une crèche dans le hall du foyer culturel ; ce n’est pas dans la mairie mais ça reste dans un bâtiment public. Je pense que nous devons être fiers de nos traditions et de notre histoire. La France a une tradition judéo-chrétienne qui s’enrichit dans le cadre de notre histoire contemporaine, mais on ne doit pas pour autant oublier les siècles d’histoire. Chaque ville et village de France ont en leur cœur une mairie et une église ; une crèche en fait partie au même titre de notre tradition. Je la défends ! 

On entend régulièrement des collectivités se plaindre au sujet du peu de soutien de l’Etat en direction des collectivités dans la gestion de leur patrimoine, est-ce une réalité ?

Tout à fait ! Il y a de moins en moins d’argent dans les caisses d’Etat mais ce que l’on comprend moins, pour le coup, ce sont l’ensemble des exigences qui pèsent sur les communes. Je pense aux injonctions contradictoires : on nous demande de préserver notre patrimoine mais on se retrouve pénalisé avec des amendes en matière de logements sociaux. On ne peut nous demander à la fois de préserver un cadre de vie, un environnement, et à la fois nous demander de construire plus de logements alors qu’on n’en a pas forcément la demande. Il y a un problème de cohérence, peu d’interlocuteurs, des lois uniformes qui s’imposent à nous comme la loi Alur qui est adaptée pour les grandes métropoles et non pour les villes moyennes. Chaque construction de logements est soumise à des consultations par quartier, avec des débats entre les différents acteurs. L’Etat devrait devenir un véritable partenaire au-delà des mots. Comme le disait Georges Pompidou, un Etat qui « emmerde » moins les français. 

Saint-Raphaël est une ville très sportive, quelle importance cette question prend-elle dans votre politique ?

Il n’y a pas que le sport de haut niveau. Le sport pour les jeunes est essentiel dans l’éducation ; c’est ce que disait Montaigne dans son « Mens sana in corpore sano » : un esprit sain dans un corps sain. On va offrir la première licence de chaque jeune dans un club sportif. Plus d’un tier des Raphaëlois sont licenciés, et même à la retraite, le sport permet de s’entretenir, de rencontrer des gens… Non seulement on favorise la pratique sportive, mais également la diversité sportive en accompagnant tous les petits clubs sportifs.

Il y a des clubs d’ailleurs très traditionnels qui prospèrent à St Raphaël comme les joutes et la pétanque…

C’est notre histoire. Il y a certes moins d’inscrits dans ces petites disciplines mais ces clubs sont essentiels à la perpétuation de notre héritage et à la vie culturelle raphaëloise. On a de beaux tournois de joute à la St Cyr, au 15 août ou au 14 juillet, qui participent à l’attractivité de notre ville.

Est-ce important de conserver les traditions régionales ?

Le problème de la tradition provençale, c’est la disparition de la langue, contrairement à d’autres territoires où la langue régionale est encore très présente. Je pense notamment au Pays Basque ou à la Bretagne. On est dans une région – comme je vous le disais précédemment – dans laquelle beaucoup de gens viennent d’ailleurs. Je suis davantage dans une logique de sauvegarde de nos traditions afin que les habitants se les approprient. Dans le cadre de la mondialisation, où l’on voit qu’on peut avoir les mêmes normes un peu partout, il est important de montrer que les gens vivent et ont vécu d’une manière différente et que ceux qui viennent sur un territoire peuvent s’approprier une culture qui n’est pas la leur.

Vous évoquiez l’Estérel, comment conserver ce remarquable héritage environnemental ?

C’est extrêmement important, l’Estérel représente 75 % de notre territoire. C’est un élément d’attractivité touristique ; près d’un million de personnes fréquentent l’Estérel. Et puis l’Estérel, c’est aussi un espace de promenade et de vie pour les locaux. L’enjeu actuel est de l’entretenir, car il y a des engagements de l’Etat, et notamment de l’ONF avec des charges de plus en plus lourdes pour la collectivité : il faut entretenir les routes, sécuriser les lieux et veiller à la cohabitation apaisée de tous les usagers.

Respect des traditions contre progrès…

Le respect des traditions ne signifie pas s’arrêter. Notre patrimoine doit être protégé. C’est par la connaissance de notre patrimoine que nous pourrons avoir un progrès accepté et acceptable. Le progrès sans limite ne conduit nulle part, le Président de la République l’a constaté à ses dépens. Avec lui on se projetait en avant, vers un nouveau monde mais sans racines ; ce fut un cuisant échec. Je crois que la sauvegarde de notre culture, ce sont les racines, qui nous permettront de mieux appréhender le progrès, qu’il soit scientifique ou technique. Je ne pense pas que ce soit irréconciliable. Il ne faut pas renoncer à notre civilisation ; on n’avancera pas en bazardant tout.

Pour vous, quelle doit être la place de la transmission dans la droite de demain ?

Ayant une population âgée, je dis toujours que « ce que nous faisons, c’est pour nos enfants et pour nos petits-enfants ». Si nous travaillons, c’est pour léguer un héritage. Pour la Droite, ce qui constitue nos valeurs, c’est une conception de l’ordre. Elle est immuable, chaque chose à sa place. Cette conception nous distingue d’autres partis politiques. La Droite, c’est aussi la responsabilité, croire en l’Homme et ne pas avoir de comportements infantilisants, ce qui nous distingue des écologistes qui n’ont pas foi en l’Homme et qui considèrent que l’Homme doit être relégué au second rang. La Droite, ça doit être l’ordre et la responsabilité, nos deux racines qui permettront de transmettre un avenir aux futures générations.

Propos recueillis par Paul Gallard pour Droite de Demain.

2 commentaires

  1. Pigache Ursula

    Réponses aux questions bien analysées et réfléchies. Bon esprit de synthèse. Merci Frédéric de tout ce que tu entreprends pour notre belle ville et ses environs.

  2. Monsieur MASQUELIER,
    Vous aimez la FRANCE, et vous la RESPECTEZ.
    Vous aimez les FRANÇAIS, et vous les RESPECTEZ.
    Vous valorisez et entretenez le PATRIMOINE DE VOTRE VILLE!
    Nous pourrions continuer sur ce chemin, au vu de vos démarches et votre TRAVAIL EFFECTUÉ !
    Vous pourriez tout à fait REPRÉSENTER LES FRANÇAIS DANS LA MEME OPTIQUE AU POINT DE VUE NATIONAL, A L INVERSE DE “CELUI “QUI EST ENTRAIN DE DETRUIRE NOTRE FRANCE !!!

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