(Entretien) Guilhem Carayon, « Nous voulons remettre l’Homme au cœur des écosystèmes »
(Entretien) Guilhem Carayon, « Nous voulons remettre l’Homme au cœur des écosystèmes »

(Entretien) Guilhem Carayon, « Nous voulons remettre l’Homme au cœur des écosystèmes »

Bonjour Guilhem Carayon, on dit souvent que la jeunesse est préoccupée par l’écologie, est-ce une thématique qui vous fait sens ?

Oui car les conséquences du réchauffement climatique sont déjà là ! Une température record de +2,9°C par rapport à 1930, un déficit de précipitations de 25% par rapport à la période 1991-2020, une baisse des rendements agricoles allant de 10 à 30% selon les filières, des difficultés d’approvisionnement dans plus de 2000 communes, 2816 morts en plus dues aux vagues de chaleur, 75 000 hectares de forêt brûlés… 

La question environnementale est un enjeu essentiel pour notre génération. La droite a été visionnaire en actant l’urgence climatique il y a vingt ans sous Jacques Chirac avec le Code de l’environnement, la première grande loi sur la nature.

Mais, depuis, notre erreur est d’avoir laissé la gauche et l’extrême-gauche préempter cette bataille. Alors que nos élus locaux, dans leurs collectivités, démontrent au quotidien que la droite défend une politique environnementale concrète, ambitieuse et pragmatique. C’est notamment le cas de Laurent Wauquiez dans sa région qui a investi massivement sur l’hydrogène. 

Face à ceux qui défendent la décroissance, notre ambition, avec Éric Ciotti, est de montrer que l’on peut marier la croissance économique et la lutte contre le dérèglement climatique grâce à la science et au progrès technologique. 

L’enjeu fondamental est de remplacer les énergies carbonées par des énergies décarbonées tout en continuant à augmenter notre production agricole pour faire face à la croissance de la demande alimentaire.

De quelle manière les Jeunes Républicains s’investissent dans cette thématique ?

D’abord, nous formons nos jeunes à la question pour qu’ils soient prêts à défendre une vision écologique ambitieuse s’ils sont demain amenés à exercer des responsabilités politiques.

Mais la bataille est aussi culturelle car nous devons démontrer aux jeunes que le vote EELV et la France Insoumise est une arnaque écologiste ! 

Ces partis sont tombés dans une forme d’écologie radicale qui remet en cause les libertés individuelles. 

Les élections européennes approchent, une politique environnementale peut-elle se faire sans l’Union européenne ?

L’Europe représente 10% des émission de gaz à effet de serre à l’échelle planétaire.
Il est clair que l’action à l’échelle européenne est plus pertinente que l’action à l’échelle nationale en matière environnementale.

L’Europe a commencé à prendre le virage vert en se projetant vers la neutralité carbone. L’accord de Paris prévoit de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C. L’Europe porte également l’ambition  de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 55% en 2030 par rapport à 1990. Pour l’instant, depuis 1990, l’Union européenne a réduit de 32% ses émissions de gaz à effet de serre.

Mais l’Union européenne a aussi un rôle à jouer à l’échelle planétaire. L’Europe doit être unie et forte pour convaincre les autres superpuissances comme la Chine, l’Inde ou les Etats-Unis d’amorcer un virage vers la transition écologique.

Vous venez d’un territoire rural, l’écologie actuelle est-elle bobo urbaine ?

Bien sûr. C’est une écologie complètement déconnectée des réalités. Les maires écolos se sont distingués depuis trois ans en annonçant vouloir supprimer le Tour de France, la viande dans les cantines ou les sapins de Noël.

De plus en plus souvent, ils légitiment les actions violentes pour défendre leur vision altermondialiste. Chez moi dans le Tarn, ils s’opposent à la construction de l’A69 promise depuis trente ans aux Tarnais. 

Elle est nécessaire pour désenclaver nos territoires, maintenir nos emplois et en créer de nouveaux, offrir à nos jeunes un enseignement de qualité, permettre à nos anciens d’accéder à toutes les spécialités médicales qu’une agglomération de plus de 100 000 habitants est en droit d’attendre.

Leur vision est celle d’une minorité qui veut imposer un dogme. C’est pour moi la pire façon d’inviter les gens à suivre le combat environnemental. 

Quelle est l’écologie de droite pour demain ?

Commençons par arrêter de parler d’écologie de droite ou d’écologie de gauche.
L’écologie appartient à tout le monde. En revanche, notre responsabilité, en tant que mouvement de jeunesse de droite, c’est de définir une doctrine verte. 

Il y a ceux qui considèrent que le problème est l’Homme en tant qu’ennemi de la nature. Nous, au contraire, nous voulons remettre l’Homme au cœur des écosystèmes par la recherche et l’innovation. 

Peut-être pourrions-nous résumer notre vision à travers trois piliers : la protection de l’environnement, la viabilité économique et le progrès social. 

Propos recueillis pas Théo Dutrieu

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