(Entretien) Julien Plantier, “C’est la culture qui constitue la civilisation”
(Entretien) Julien Plantier, “C’est la culture qui constitue la civilisation”

(Entretien) Julien Plantier, “C’est la culture qui constitue la civilisation”

Julien Plantier est avocat et docteur en droit public, Premier adjoint de la mairie de Nîmes délégué à l’urbanisme.

Bonjour Julien Plantier, vous êtes l’adjoint d’une mairie empreinte d’une histoire millénaire, comment concilier développement urbain et respect du patrimoine ?

Vous savez Nîmes est une rencontre où patrimoine et modernité cheminent dans une dualité créatrice. Voilà notre ADN ! Le Carrée d’Art de Norman Foster qui répond à la Maison Carrée, le Musée de la Romanité d’Elizabeth de Portzamparc en miroir inversé de l’amphithéâtre romain témoignent de cette symbiose.

Nîmes dispose aujourd’hui de tous les atouts pour promouvoir un développement pour tous par la mise en œuvre d’une meilleure justice spatiale, ce qui revient à mieux organiser notre bien-être dans l’espace en multipliant les biens publics accessibles à tous via les grandes opérations de réhabilitations urbaines des places et avenues de l’Ecusson (AEF, Jean Jaurès, quais de la fontaine) et également les grande opération de renouvellement urbain de nos quartiers prioritaires qui représentent plus de 500 M€ d’investissements.

On a coutume de dire que Nîmes est la « Rome française ». Cet héritage est un privilège qui nous oblige. Précisément, de nombreux dispositifs permettent d’assurer sa protection : plan du secteur sauvegardé, inscription de la maison carrée à l’Unesco, Fondation des monuments romains, créations de cadereaux pour lutter contre les inondations…

Au niveau des villes, l’écologisme de gauche crée des fractures sociales entre les habitants, quel est votre point de vue sur ces politiques publiques ?

Il y’a une prise de conscience collective des communs naturels à protéger et de l’impasse des modes de consommation et de construction actuels. Le coronavirus n’a fait que la renforcer. J’ai été saisi par la mobilisation de notre jeunesse à ce sujet qui nous rappelle à nos responsabilités et nous interroge sur le monde que nous allons laisser à nos enfants.

Je revendique le droit d’aborder cette question. La droite ne peut pas rester absente de ce débat !

C’est dans cet esprit que je veux agir au présent et promouvoir une écologie positive et pragmatique.

Je refuse le discours moralisant et punitif de la gauche qui risque effectivement de créer des fractures.

Je crois profondément aux procédés incitatifs. Il faut donc construire des représentations collectives attractives et positives des changements à entreprendre. Dans cet esprit, nous avons décidé de la gratuité des transports pour les + de 65 ans, les – de 18 ans, les demandeurs d’emploi, lors de pics de pollution ; la création d’un grand réseau de déplacements doux ; la création de nouvelles pistes cyclables ; réduction de 40% des émissions de CO2 d’ici 2030 ou encore la poursuite de la rénovation énergétique

Plus encore, nous devons promouvoir et investir autour d’actions de sensibilisation, d’information, d’éducation et de participation, tout au long de la vie, à l’environnement et au développement durable. C’est pourquoi nous proposons un dispositif « forêts des enfants », qui verra chaque année la plantation d’un arbre par enfant entrant au CP soit 1 600 arbres par an.

Dans ce domaine Nîmes souhaite rester exemplaire : 1ère ville verte de France des villes de 100 à 200 000 habitants (Classement Kermap 2019), Victoire du Paysage pour AEF et Jaurès en 2016, 4 fleurs depuis 2014, Prix international Auroralia pour l’éclairage urbain durable en 2013, Marianne d’or du développement durable en 2012 pour le projet d’écoquartier Hoche-Sernam.

Comment votre ville a-t-elle su attirer un tourisme culturel ?

Nîmes est un haut lieu de la culture : musicale, cinématographique, artistique, littéraire et urbaine. Elle dispose d’un patrimoine antique remarquable, de nombreux musées (Musée de la romanité, Carrée d’art, Musée des Beaux-Arts, Muséum d’histoires Naturelles…) théâtres (Christian Ligier, Bernadette Lafont, Le Périscope…) comme autant de lieux d’expression de la liberté et de l’imagination des artistes et créateurs.

Au-delà de l’accompagnement financier des lieux et des acteurs culturels, nous soutenons les grandes manifestations : les Férias, le Grands Jeux Romains, le Festival de Nîmes, Un réalisateur dans la ville, le Salon de la biographie, le Festival de la BD, le Festival de Flamenco, qui font de la cité des Antonins une place forte de la Culture.

Pour renforcer le développement du tourisme culturel, la ville souhaite effectivement poursuivre sa politique ambitieuse de grands équipements avec la création du Palais des Congrès conçu en complément du Musée de la Romanité. La création d’une cité de la danse et de la musique ou encore un musée du textile avec la valorisation de la toile Denim. Nous réfléchissons également à la création d’évènements tels qu’un festival off en complément du Festival de Nîmes et la création d’une Biennale internationale d’Art.

Vous étiez responsable des jeunes républicains du Gard, selon-vous la jeunesse doit-elle relever le défi de la bataille culturelle ?

La politique culturelle doit être au cœur de notre ambition. La crise que nous traversons à rappeler que la culture est un bien « une première nécessité ». Elle constitue un éveil à l’autre et aux sens. Voilà le message que nous devons défendre !

C’est la culture qui constitue la civilisation. Plus encore qu’un patrimoine, c’est notre art de vivre « à la nîmoise » que nous défendons !

Quel est votre point de vue sur l’équilibre entre identité régionale et identité nationale ?

Vous savez Nîmes c’est la ville avec un accent ! Une communauté d’habitants, celle des « enfants chéris de la romanité », « reboussiers subtils » qui ont en partage ce sentiment d’appartenance à un territoire particulier pleine de charme et d’authenticité. C’est une richesse remarquable mais qui est elle-même le fruit de rencontres et de mélanges. Je vais vous dire on peut être fiers de son identité régionale et se sentir pleinement français ! L’unité n’implique pas l’uniformité !

Quels sont les grands personnages de notre Histoire qui vous inspire dans votre action politique ?

L’avenir se construit avec la prise en compte de notre passé, de notre héritage. Je me suis intéressé à la politique grâce à des hommes comme Nicolas Sarkozy. Je me suis impliqué au sein de l’UMP, puis Les Républicains en raison de l’héritage gaulliste. La rencontre d’un Homme avec la Nation. Cela a du sens encore plus aujourd’hui avec notre société, parfois en perte de vitesse et de repères. Sans parler d’homme providentiel, l’idée d’un Chef d’Etat assis dans ses fonctions, dans son statut et dans ses pouvoirs est indispensable. Ce qui n’est vraiment pas le cas actuellement.

Votre vision de la droite de demain ?

La droite de demain doit s’écrire aujourd’hui. Malheureusement, nous avons un problème d’incarnation. Il faut absolument que nous soyons sur le terrain des idées. Notre objectif doit être de proposer une alternative réaliste, crédible et en phase avec les problématiques de nos concitoyens. Nous devons dire ce que l’on ferait, et faire ce que l’on a dit. Je crois en la méritocratie, en l’autorité et en la rigueur. Notre Nation traverse une crise sans précédent, soyons au rendez-vous des futures échéances !

Propos recueillis par Paul Gallard pour Droite de Demain.