(Entretien) Stanislas Rigault « Evidemment, il y a un lien entre immigration et insécurité »
(Entretien) Stanislas Rigault « Evidemment, il y a un lien entre immigration et insécurité »

(Entretien) Stanislas Rigault « Evidemment, il y a un lien entre immigration et insécurité »

Stanislas Rigault est président de Génération Z.

Bonjour Stanislas, pourriez-vous nous parler de votresentiment concernant le débat Zemmour-Mélenchon ? A-t-il été trop violent ? Vous aviez été l’objet d’attaques extrêmement violentes de la part d’Alexis Corbière et Rachel Garrido, comment expliquer cette agressivité de l’extrême-gauche face à votre candidature ?

Lors de ce débat, j’ai trouvé qu’une seule personne était venueavec de l’agressivité. Éric Zemmour était dans la même logique que lors du débat précédent, organisé sur BFM TV en octobre dernier : le débat d’idées et non les attaques ad hominem. Jean-Luc Mélenchon, a contrario, s’est placé dans une posture d’affrontement. Il a dès le début déclaré qu’il avait « bien l’intention de vous hacher menu ». C’est devenu son seul argument de campagne : faire du clash, ce qui est une faute, car il a très vite perdu son sang-froid dans ce débat. Nous avons vu le vrai visage de l’extrême gauche, notamment celui de Jean-Luc Mélenchon qui arrive parfois à se dissimuler derrière une forme de sympathie mais qui se dévoile lors de ce type de débat. Avec Charles Consigny, c’était la même chose. 

Concernant les attaques que j’ai subies, c’est un peu la même chose : une perte de sang-froid du couple Garrido-Corbière,devenus très vite violents et agressifs dans le but de cacher une forme de détresse à la vue de la droitisation du débat et plus largement de la société ; ils sont ultra-minoritaires et l’opinion se moque de leurs délires de wokisme ou d’indigénisme. Je ne comprends pas cette posture de combat contre ses compatriotes, je n’ai pas d’ennemis en politique, seulement des adversaires que j’affronte sur leurs idées. Je mets ces tracas de côté et je débattrai bien volontiers avec eux,mais sur les idées. 

Éric Zemmour rallie à lui énormément de personnalités du Rassemblement National, peu des Républicains, peut-il faire l’union des droites sans figures LR ?

Justement, il y a des figures des Républicains chez ÉricZemmour : Laurence Trochu ou Guillaume Peltier en sont la preuve. Jean-Frédéric Poisson était candidat à la primaire de la droite en 2016. En particulier, la présence de Guillaume Peltier est tout sauf anodine ! On parle de l’ancien numéro 2 des Républicains, député et porte-parole de Nicolas Sarkozy en 2012, excusez-moi du peu. Il n’est pas n’importe qui chez les Républicains, et les réactions surjouées de la part du parti prouvent la tristesse de son départ. Cela dit, dans notre parti Reconquête, nous avons beaucoup d’anciens militants et sympathisants des Républicains. L’alliance se fait surtout par la base, les ralliements ne sont que des symboles. Ces anciens électeurs ont voté Nicolas Sarkozy en 2007 et 2012, certains même pour François Fillon en 2017 et d’autres Laurent Wauquiez à la présidence du parti ou François-Xavier Bellamy en 2019. Cette base, issue de cette droite, travaille main dans la main avec des anciens du Front national. Ils partagent les mêmes constats et une certaine vision de la France pour le prochain demi-siècle.

Vous êtes président de Génération Z, mouvement jeune affilié à la campagne d’Éric Zemmour, quelles sont vos revendications ? À quelles thématiques êtes-vous sensibles ?

Nous avons choisi de traiter divers sujets au-delà des thématiques affiliées d’habitude aux mouvements jeunes. Nous sommes dans une vision proche des revendications d’Éric Zemmour, en particulier sur le thème qui nous semble majeur, à savoir la survie de la France et de son identité. C’est le sujet qui préoccupe le plus notre jeunesse. J’inclus aussi l’insécurité dans cette thématique car les citoyens qui pâtissent le plus de la montée de la violence dans notre société, ce sont les jeunes. C’est eux qui sont le plus agressés dans la rue, rackettés ou qui subissent des agressions sexuelles. Nous sommes surtout dans une vision de long terme, avec des mesures sur l’éducation, notamment en supprimant le collège unique, en redonnant ses lettres de noblesse à l’apprentissage, en favorisant l’enseignement des fondamentaux en primaire ou en remettant en place un certificat d’étude à la fin du primaire. Notre objectif est de permettre par exemple à des jeunes agriculteurs de mieux s’acclimater et d’intégrer avec plus de facilité ce monde difficile qu’est l’agriculture. Nous ne voulons pas donner de chèques cadeaux à des jeunes car celane résoudra rien, les jeunes préfèrent des solutions pragmatiques et qui les aident réellement : désengorger les universités par exemple. Un chiffre m’a frappé : un tiers des étudiants à la fin de leur licence ne savent même pas quel métier ils feront. En réalité, on les a abreuvés de conseils durant leur lycée en les guidant vers la fac. Ils sont entrés mais n’ont pas de débouché. Nous voulons aussi aider les jeunes professionnels, car notre programme ne doit pas être exclusivement celui des jeunes étudiants ; nous devons nous intéresser aussi à ces jeunes qui travaillent dès leur majorité. Éric Zemmour favorisera la prise en charge du plein d’essence pour ces jeunes ; l’employeur pourra prendre en charge près de 50 % des frais d’essence comme c’est le cas pour le Pass Navigo.

En matière de sécurité, comment Éric Zemmour peut-il résoudre l’ensauvagement de la société ? La solution est-elle le renforcement des moyens, ou un changement de paradigme judiciaire ?

Éric Zemmour le dit, ce n’est pas qu’une question de moyenset il a raison. Il y a une question de volonté. Je reprends cette phrase qu’il a prononcé : « Quand on veut, on peut, quand on peut, on doit ! ». L’État a les moyens d’agir et il l’a prouvé à merveille durant la crise sanitaire. Il suffit de constater le peu de difficultés qu’il a eues pour fliquer la population sur le passsanitaire, jusqu’à aller chercher des randonneurs qui marchaient durant le confinement. Les moyens, on les a. ÉricZemmour veut rétablir la paix civile, ce qui passera forcément par le retour des peines planchers pour punir tous les crimes et délits, et aussi par la perpétuité réelle ; nous considérons que certains individus ultra- dangereux n’ont plus leur place dans la société en raison de la gravité de leurs méfaits. 

Evidemment, il y a un lien entre immigration et insécurité,comme le démontrent les études, notamment dans les transports en commun. Il faut donc expulser les migrants illégaux de notre sol. Nous étions à Cannes récemment, et l’un des sujets fondamentaux pour la population était celui du squat. Éric Zemmour défendra le droit de propriété privée et pour ce faire, il y aura une expulsion en moins de 72h avec un renforcement du pouvoir des maires concernant l’occupation des espaces publics et privés. Puis, sur la police, nous portons la notion de « défense excusable » afin que les policiers puissent se défendre sans risquer leur vie ou finir en prison alors qu’ils n’ont fait que se défendre pour le bien de tous. Cependant, ce ne sera pas suffisant, il faut aussi simplifier les procédures d’enquête pour aller plus vite vers le tribunal.

Zemmour prône l’immigration zéro, est-ce réaliste dans un monde ultra-connecté ?

Quand Éric Zemmour défend l’immigration zéro, évidemment ce n’est pas un zéro strict. On veut en réalité rétablir la vraie utilité du droit d’asile. C’est celui pour Victor Hugo, pas pour des personnes qui ne subissent aucune difficulté politique. On ne fera pas semblant avec des objectifs au rabais. L’objectif est d’aboutir à une immigration choisie en évitant les pièges de l’immigration. Par exemple, concernant les étudiants étrangers, nous voulons durcir les conditions mais nous ne supprimerons pas totalement la possibilité d’étudier en France. L’immigration sera mieux contrôlée. Il n’y aura plus de clandestins qui seront tous expulsés. 

La Pologne a récemment entamé des travaux pour l’édification de murs à ses frontières avec la Biélorussie et la Grèce a construit des camps sur l’île de Samos, devons-nous soutenir ces pays ?

Chaque État a le droit de choisir la politique migratoire qu’il souhaite ! Chaque pays défend ses frontières comme il l’entend. La Pologne est dans son bon droit pour conduire sa politique migratoire. Le gouvernement polonais a été élu démocratiquement et est donc tout à fait légitime. Avec Éric Zemmour, nous défendons la fin de l’immigration ; nous serions mal placés pour leur faire des reproches…

Quelle droite pour Éric Zemmour en 2022 ?

La vraie droite ! Une droite qui ressemblerait à celle du RPR des années 80-90, qui s’assume face à la gauche. Elle ne fait pas dans la demi-mesure et qui va au bout des choses. Pour cela, elle n’a pas à craindre de bousculer les gens de gauche et la bien-pensance. Surtout, ce doit être une droite qui s’affranchit de cette ridicule guerre des partis politiques afin de rassembler un maximum.