(Entretien) Valérie Boyer, « La première chose à faire est de cesser l’immigration illégale »
(Entretien) Valérie Boyer, « La première chose à faire est de cesser l’immigration illégale »

(Entretien) Valérie Boyer, « La première chose à faire est de cesser l’immigration illégale »

Bonjour Mme la sénatrice, que pensez-vous de la décision du Gouvernement d’interdire le port de l’abaya et du qamis dans nos établissements scolaires ?

Je pense qu’il était grand temps que cette mesure soit mise en place, car nous la proposons depuis longtemps. Je me souviens avoir défendu cette idée d’abord à l’Assemblée nationale, puis au Sénat. Cette proposition avait d’ailleurs été très mal accueillie par la macronie, qui m’avait pris à partie en qualifiant ma proposition de stupide, prétextant qu’on ne devrait pas faire la police du vêtement.

Pour autant, je pense que cette idée n’est pas suffisante. La situation est tellement préoccupante que je pense qu’il faut une tenue uniforme. Nous avons besoin de créer un sentiment d’appartenance à la France, c’est pourquoi cette tenue doit être fabriquée en France.

Je ne vois que des avantages à l’adoption de cette tenue. Nous éviterons les sempiternels débats sur ce qui constitue un long tee-shirt et ce qui ne l’est pas. De plus, elle contribuerait à masquer les différences sociales. Ce serait pour moi un facteur d’unité pour les enfants français.

Pourquoi êtes-vous opposée à ces tenues ?

Ce qui me surprend, au-delà de la question religieuse de ces tenues qui constituent un signe ostentatoire, c’est qu’elles marquent une différence entre les hommes et les femmes. Ainsi qu’une séparation entre les femmes pudiques et impudiques. C’est un vêtement ample, qui a pour but de cacher les femmes.

Je suis fatiguée de ces questions. Ça fait 20 ans qu’on en parle. Il faut passer à une tenue uniforme, produite en France, dans le respect des normes écologiques, sociales et éthiques, offrant l’occasion de relancer notre tissu industriel.

Mathilde Panot face à Ruth Elkrief défendait fermement que l’abaya est une liberté. Êtes-vous d’accord avec cette position ?

J’ai eu à subir les attaques de Mathilde Panot et de la France insoumise dans l’hémicycle sur cette question et sur d’autres. Je pense que ce sont des personnes qui ont décidé que leurs nouveaux clients devaient porter l’abaya. 

Tout le monde sait très bien ce qu’il en est avec LFI. Ils sont extrêmement opposés aux religions, mais surtout à la religion catholique et aux racines chrétiennes de notre pays. La déconstruction ne les gêne guère.

Pour être franche, ça ne m’intéresse pas de commenter Mathilde Panot tant ces propos sont aberrants. Je suis très surprise que ceux qui se proclament féministes ne soient pas choqués par cette tenue qui sert à cacher les formes des femmes pour les soustraire aux regards d’hommes incapables de se tenir.

Trouvez-vous que l’école apprend correctement les valeurs de la République à nos enfants ?

Il n’y a pas que sur les valeurs de la République que notre école a des difficultés à faire apprendre. Il n’y a qu’à voir nos résultats PISA pour voir qu’il y a un effondrement. Cette enquête organisée par l’OCDE et réalisée tous les trois ans – avec une interruption en 2021 pour cause de Covid – évalue le niveau des élèves de 15 ans des pays participant au test. Dans le dernier classement en date, la France est classée 23e sur 79 pays évalué.

Il est difficile de faire apprendre ces valeurs républicaines, qui sont pour moi des valeurs françaises, quand on a des enseignants qui ne sont pas soutenus par leur hiérarchie. Aussi, il n’y a ni cadre, ni programme pour le faire, et encore moins la cohésion nationale nécessaire pour l’initier.

La tenue uniforme sera un premier pas qui pourrait être suivi, je pense, d’une levée des couleurs à intervalle régulier.  Une occasion pour que les enfants chantent la Marseillaise. 

Il ne faut pas oublier que l’on devient Français par l’école. Il faut que l’universalisme républicain qui a permis à notre pays d’être uni retrouve des couleurs. Cela passe à travers l’école, par un programme scolaire cohérent.

Et le Gouvernement semble découvrir ce que nous savons depuis des années : l’école n’est malheureusement plus le Sanctuaire de notre République mais devient le théâtre de revendications communautaires.

Pire encore, de menaces islamistes.

Comment ne pas penser à Samuel Paty, cet enseignant exemplaire, victime de la folie islamiste ?

L’école construit, l’islamisme détruit.

Pour reprendre les propos du journaliste Vincent Trémolet de Villiers : « Hier c’était là qu’on faisait des Français, aujourd’hui c’est à l’école que la France se défait. ».

Les collectivités territoriales dépensent déjà énormément d’argent pour l’école. Mais je pense qu’un accord pourrait être trouvé.

Qui financerait l’achat de l’uniforme ? Les collectivités territoriales ou alors les familles ?

Aussi, nous avons des allocations familiales qui servent à ça. Je pense que le financement n’est pas un problème. La déconstruction nous coûte plus cher qu’une tenue uniforme qui n’aurait que des avantages en étant produite chez nous. Le réel nous rattrape et donc c’est pour moi une nécessité sociale, environnementale, culturelle et pédagogique que le port de cet uniforme. Ce serait une véritable affirmation de l’universalisme républicain.

Les islamistes affrontent partout où ils le peuvent la République. Que pouvons-nous faire de plus pour les mettre à mal ?

Cela fait longtemps qu’avec Les Républicains nous apportons des solutions concrètes pour le faire. Que ce soit sous François Hollande ou ses deux mandats, Emmanuel Macron qui est resté quinze ans au pouvoir n’aura fait que reculer. La première chose à faire est de cesser l’immigration illégale. Il faut aussi arrêter avec cette politique qui date de Mitterrand du « Venez comme vous êtes » . Quand on vient en France, on se plient aux mœurs françaises.

Récemment, on a entendu Édouard Philippe évoquer l’idée d’un concordat avec l’islam. Qu’en pensez-vous ?

Je rappelle qu’Édouard Philippe était Premier ministre lors de la loi Collomb. Il n’a pas souhaité qu’on lutte contre les trafiquants d’êtres humains, que l’on empêche les vêtements islamiques à l’école, qu’on lutte contre le burkini, il ne s’est pas opposé au “hijab day”, la liste est longue. Je ne pense qu’il n’y a pas de concordat à avoir. On est dans une situation qui est totalement inédite. L’islamisme a une forme d’immunité sur tout ce qui fracture notre société comme l’égalité entre les hommes et les femmes ou encore la pratique discrète de la religion. Il faut affirmer qui nous sommes. La situation est au bord de l’explosion en France ! 

On a l’impression que la France est la seule à subir cette crise d’identité. L’immigration est-elle responsable ?

Je suis étonnée qu’on soit le seul pays du monde à subir cette crise migratoire de cette manière-là. On nous dit que nous, Européens, devons recevoir ces migrants. Je ne vois pas en quoi cela est un devoir ou une obligation de les recevoir. Les Européens ne sont pas les responsables de cette crise migratoire. Il y a un élément dont on ne parle presque pas, c’est le chaos démographique dans lequel ces pays ont laissé prospérer. Il faut se demander pourquoi ces pays, qui ont des moyens et des ressources naturelles, se trouvent dans un tel chaos démographique et n’entament-ils pas leur transition démographique. 

Je ne comprends pas qu’ils s’insurgent, car on ne respecte pas leurs coutumes alors qu’ils viennent chez nous. Je n’arrive pas à concevoir que l’on vienne dans un autre pays pour se comporter de cette façon.

Comment réussir à faire cesser cette immigration ?

Je pense qu’il faut premièrement les aider à régler leurs problèmes démographiques. Ensuite, je suis une personne qui est très attachée au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, il faut qu’ils s’affirment par eux-mêmes face à leurs régimes. Cela serait plus courageux que de croire en un Eldorado qui n’existe pas. Je ne souhaite pas que ces personnes vivent sous nos ponts, en étant exploitées par un travail ubérisé, ce n’est pas un destin qu’on peut leur souhaiter. Il faut qu’ils prennent leur destinée en main et qu’ils prennent des décisions chez eux.

De plus, je ne comprends pas que l’on ne parle jamais de la souffrance des personnes qui sont obligées de subir ce chaos migratoire. Quand vous voyez les gens qui vivent à Lampedusa, qui les accueillent en voyant leur île littéralement submergée par une population plus nombreuse composée d’hommes. Les Européens n’ont pas à subir la mauvaise gestion de pays qui se sont mis dans des situations économiques désastreuses alors qu’ils ont une population jeune et nombreuse.

On entend parfois que l’immigration est une solution à nos problèmes.

Quand j’entends dire que l’on a besoin d’immigration en France, je veux répondre que c’est entièrement faux. D’abord, parce que l’immigration, selon des études récemment publiées, coûte entre 50 et 55 milliards par an à la France. On n’a pas besoin de cette charge-là alors que les Français sont endettés à 44 000 € par personne, que la population étrangère est plus au chômage que la population française (12,7 % pour les étrangers contre 7,2 % pour la population française) et que nous avons 1,9 millions de personnes qui vivent au RSA. On ne peut pas exporter nos Français qui vont dans des formations prestigieuses et nous importons des personnes qui ne sont pas formées. Quand j’entends que l’on a besoin de ces personnes pour des métiers en tension, c’est également faux. On souhaite simplement sous-payer des personnes et pour moi, c’est de l’esclavage. Je ne souhaite pas que l’on traite des personnes de la sorte. Je suis contre la thèse de Berger : les bras ne sont pas des bras parce que ce sont des êtres humains.

Propos recueillis par Théo Dutrieu

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