Eric Ciotti, un espoir pour la droite ?
Eric Ciotti, un espoir pour la droite ?

Eric Ciotti, un espoir pour la droite ?

Alors que le parti les Républicains a subi le plus gros revers de son histoire, ne passant pas la barre symbolique des 5% et économisant aux contribuables les 7 millions d’euros de campagne de Valérie Pécresse le besoin d’une remise en question longue et profonde se fait ressentir.

On nous promettait l’enfer.

Ces législatives devaient marquer la fin du clivage gauche/droite. S’il y a eu effectivement une recomposition politique inédite, en réalité c’est Emmanuel Macron qui en a fait les frais. Le parti LR étant saigné mais conservant un groupe solide de 62 députés. Donnée intéressante, malgré la perte de Laurence Trastour députée de Cagnes-sur-Mer et Saint-Laurent-du-Var, les Alpes-Maritimes conservent un socle solide de députés. Mieux, LREM est sacrifié au profit de 3 députés RN, seul Philippe Pradal étiqueté Horizons sort de cette déroute, profitant de la division à droite.

C’est à Nice qu’il convient d’observer une recomposition intéressante pour les idées de droite. En effet, Eric Ciotti remporte haut la main les élections dans la 1ère circonscription, celle du cœur de Nice face au jeune Graig Monetti, candidat des majorités présidentielle et municipale. Un désaveu du peuple niçois pour le maire Christian Estrosi déjà très fragilisé par sa réélection compliquée face à l’extrémiste Philippe Vardon. Coup dur pour la majorité municipale, sa sbire en chef de toujours, Marine Brenier est sortie avec le déshonneur par la brillante maire de Rimplas, maître Christelle d’Intorni. Cette jeune maire et avocate a rejoint Eric Ciotti depuis quelques années et mène une action au sein du Département des Alpes-Maritimes en faveur de la ruralité, un discours populaire qui a plu aux habitants des vallées, oubliés de la Métropole.

Ciotti le virage à droite.

Au-delà de l’enjeu local, Eric Ciotti a pris en dimension durant le Congrès LR dont l’objectif était de désigner un candidat pour la présidentielle. Le député maralpin à la surprise générale – enfin à la surprise des cadors générale – termine victorieux du premier tour avant de faire face au front républicain inter républicain. Un bouleversement pas si anodin car la base militante s’est imposée dans ce scrutin. Il aura fallu une campagne d’encartage pour le faire tomber au profit de Valérie Pécresse. Surtout, Eric Ciotti a démontré qu’en parlant de sujets de droite : sécurité, libéralisme et baisse d’impôt, on pouvait récupérer la base militante. Il a ainsi dépassé près de 3 anciens ministres et figures de l’UMP.

L’erreur de cette campagne est de n’avoir pas assumé cette ligne droitière qui plait tant aux militants et surtout qui est cruciale pour l’avenir du pays. Jamais Valérie Pécresse n’aura été aussi haute que lorsqu’elle reprit les idées portées par Eric Ciotti durant le congrès : fin du droit du sol, suppression des droits de succession et de donations, réduction de l’écart entre salaire net et brut, peines planchers… Des idées marquantes qui ont trouvé une place dans l’opinion, étant même reprises par le Président de la République en personne. Avec le succès de Laurent Wauquiez en 2017, il faut écouter la base militante et remettre de la droite dans la droite.

Le résultat d’Éric Ciotti est clair quand on a un discours de droite le RN est bas et LREM ne gagne pas. Pour ce faire, il ne faut pas avoir peur de dire les choses, la crainte est le principal moteur de nos décisions actuelles, c’est un tort. La France connaît une fragmentation ultra rapide et violente, les Français subissent la violence quotidiennement et ne veulent plus de politiques totalement déconnectés de cette réalité utilisant des pincettes et pudeurs qui n’ont plus leur place dans le réel.

Nous faisons face à un ensauvagement ne permettant plus un pacifisme et un angélisme démodés et obsolètes. La réponse pénale doit redevenir forte, elle doit s’inspirer d’Etat qui n’ont pas abandonné leurs citoyens. Désormais, la réalité c’est une population ne croyant plus du tout en la justice, la considérant comme laxiste et inexistante, trop longue et surtout peu sévère. Des exemples par milliers démontrent cette triste défaillance. Nous assistons à l’avènement d’une justice inégalitaire, les racailles sont rappelées à la loi à coups d’épées en mousse et les honnêtes gens sont sanctionnés à la moindre occasion ; le raisonnement par l’absurde. Les déserts médicaux et zones blanches augmentent dans les zones rurales sans que personne ne s’en inquiète alors que des milliards sont investis à perte au sein des cités devenues des zones de non droit.

Ne pas rater la recomposition

Cette période électorale peut apparaitre comme une opportunité dans un spectre politique incertain ; aucun parti politique ne semble réellement convaincre le peuple. Il y a donc tout un espace politique à conquérir du côté droit de l’échiquier. Un électorat alliant bourgeoisie, grands capitaux et base populaire, cette France qui se lève tôt et qui en a marre de subir tous les malheurs de notre temps : assistanat, immigration incontrôlée, inégalités, insécurité et défaillance totale de nos services publics.

Cet électorat il faudra aller le chercher avec les tripes et pas avec des calculs politico-politiciens, avec de la cohérence et du courage. Cessons d’écouter les voix lucifériennes nous pressant d’aller vers le centre inexorablement alors que c’est ce centre qui est responsable de notre descente en enfer. Mieux vaut perdre avec nos valeurs et convictions, nous aurons au moins pour nous le respect et l’honneur. La politique ce n’est pas du calcul mais la volonté de s’engager pour un idéal, pour le bien commun, sans se résigner et se démembrer. Renouons avec la noblesse de l’engagement, du militantisme et de la conviction. Les Français n’attendent que cela, le retour de la droite de panache, cette insolence des grands.

Coupons les ponts avec ce syndrome de Stockholm électoralo-centriste, notre meilleur psychologue ne peut être qu’une droite forte, populaire, identitaire et libérale ! Commençons cette thérapie du réel !

JG