(Hommage) Considération pour l’Empereur des Français
(Hommage) Considération pour l’Empereur des Français

(Hommage) Considération pour l’Empereur des Français

Nous sommes le 5 mai 1821, sur la petite île volcanique perdue au milieu des flots de l’océan Atlantique que l’on nomme Sainte-Hélène. Il est 17h49, une heure où le Soleil a déjà atteint son zénith et commence sa lente descente vers le repos, quand un autre soleil s’éteint. « Le souffle de vie le plus puissant qui jamais anima l’argile humaine », comme l’a décrit Chateaubriand qui le considérait comme son ennemi, a expiré son dernier souffle. Celui qui, né sur l’île Corse, ira, de bataille en bataille, monter sur tous les trônes d’Europe, réveillant toutes les vieilles dynasties européennes ainsi que tous les peuples.

Cet homme, né « Napoleone Buonaparte », mourut Napoléon Ier « Empereur des Français » sur son île d’exil en ayant, par son génie et son audace, fait trembler tout le « Vieux continent ».

Paradoxalement, c’est bien à partir de sa mort qu’il réussira à conquérir le monde : admiré dans le monde entier, on estime que depuis sa mort, un livre par jour lui est dédié.

Quel roman que sa vie… On peut même dire qu’elle fût une tragédie semblable à celles qu’imaginaient les dramaturges grecs de l’Antiquité : l’enfant né d’une famille de petite noblesse corse patriote et vaincue lors de la guerre contre la France, se retrouve obligé d’étudier dans le pays de ceux qui ont soumis sa patrie. Par son travail, les circonstances et sa chance il va jusqu’à se hisser à la tête de ce même pays. Il se mit à l’aimer. Par cet amour infini, il le fait triompher face à tous ses voisins, les plus vieilles couronnes du Continent, pour enfin finir sa vie, seul, contraint à l’exil par son ennemi de toujours et abandonné par la plupart de ceux avec qui il avait pourtant partagé les revenus de sa gloire. Un homme qui avait connu tant d’actions et était admiré de tous fini ses jours malade, seul dans l’ennui de sa prison.

Sa vie doit être pour nous un enseignement. Avec de la volonté et du labeur, n’importe qui peut s’élever et des choses qui peuvent sembler impossibles sont surmontables.

Pourtant, notre époque n’en retient plus que le négatif. Elle s’est, d’elle-même, déclarée comme tribunal de l’Empereur qui ne s’est pas excusé de ses « crimes ». Son premier crime fut d’être militaire. On lui reproche d’avoir mené trop de guerres qui ont provoqué 3 millions de morts sur tout le Continent, parmi eux 800 000 Français. Mais on omet de dire que sur toutes les campagnes menées par Napoléon seules deux sont de son initiative : celles d’Espagne et de Russie ; car pour toutes les autres campagnes, elles sont le fruit de coalitions européennes contre la France grassement financées par les Britanniques.

On lui reprochera aussi d’avoir affaibli la France et d’avoir “gâché” – ou “tué” – la Révolution. Alors même que la Révolution s’était essoufflée d’elle-même et que, s’il n’y avait pas eu le 18 Brumaire, les monarchistes auraient fini par reprendre le pouvoir, soutenus par toutes les autres nations européennes. Le Roi, de retour sur le trône de France ne se serait pas gêné de faire tabula rasa d’une bonne partie de la période révolutionnaire. Tandis que Napoléon a remis de l’ordre dans l’État et a affirmé son autorité pour ensuite véritablement sanctuariser les acquis révolutionnaires dans un texte qu’il a d’ailleurs fait infuser dans toute l’Europe : Le Code civil.

Aussi, il serait erroné de dire qu’il a affaibli la France car, même vaincue en Russie puis à Waterloo, elle restera auréolée des gloires de l’Empereur. Ce que ne manqueront pas les Prussiens en 1870 quand ils vaincront Napoléon III pour laver leur honneur après leur défaite de 1806. Napoléon a aussi légué une modernisation institutionnelle du pays dont les nouvelles générations sont encore bénéficières. Il a laissé une trace indélébile dans la ville de Paris, sa capitale, qu’il a embellie architecturalement mais à qui il a aussi fourni de l’eau potable grâce au canal de l’Ourcq, canal qui, en son temps, fut une prouesse d’ingéniosité.

Napoléon est la victime d’une époque ingrate, morigène et qui n’a pas le sens de la nuance et de la contextualisation. Une époque qui a décidé d’en faire un personnage méphistophélique car trop glorieux et trop complexe à comprendre.

Et ce alors même qu’il y a tellement à apprendre de Napoléon. La lecture de son œuvre donnera à quiconque l’envie de s’investir dans un idéal, pour ses convictions.

C’est pourquoi il est nécessaire de le faire découvrir à nos enfants, pour qu’ils soient fiers d’appartenir à la même Nation que cet homme qui a écrit l’Histoire. Et ce n’est pas en le déférant devant le tribunal populaire du XXIème siècle que l’on rendra le personnage plus accessible. Les nouvelles générations ont le besoin de s’identifier à des symboles, des exemples qui les transcendent et Napoléon Ier a marqué tant de générations qu’il est dommage de bafouer ainsi sa mémoire.

Voilà aujourd’hui 200 ans que Napoléon a quitté le monde et il est devenu nécessaire que sa mémoire perdure toujours. Que son héritage soit légué intact aux générations futures qui continueront à l’honorer.

Certains politiques peuvent eux-mêmes s’inspirer de la devise qui guida l’Empereur pour mener leurs actions. Cette devise, il l’écrivit dans quelques pages manuscrites de ses mémoires, dans les derniers mois de sa vie, avant qu’il n’ait plus les forces nécessaires pour se déplacer à cause de la maladie. Elle était simple mais montrait à quel point l’Empereur était attaché à son pays et au peuple qu’il devait servir. Cette devise est la suivante : « Tout pour le peuple français. ».

C’est à nous désormais qu’il revient de suivre ses traces.

Théo Dutrieu pour Droite de Demain