Le réel et la droite
Le réel et la droite

Le réel et la droite

La droite doit renouer avec le réel !

La France plonge inexorablement vers le déclassement. Notre Nation qui a tant illuminé le monde est désormais dans le peloton incapable de relever la tête. Le plus triste étant qu’elle ne réagit pas, bloquée par des chaînes qu’elle s’est elle-même imposées. Le mal est profond car il s’est attaqué à notre capacité à percevoir notre existence, un filtre nous empêchant de voir le concret et nous plongeant dans l’abstrait.

La plaie du gauchisme intellectuel

La première des catastrophes de notre temps est le gauchisme, cette idéologie prônant le bien commun nous a bien malgré eux conduit vers le mur. Au départ sous estimé par le pouvoir, la gauche va reprendre le pouvoir en 1981 ; le bien incarné par François Mitterrand a vaincu le mal, l’utopie est en route. Dès 1983, c’est la dystopie, le programme commun fait sombrer la France, Mitterrand doit renoncer et accepter la libéralisation. Ce double septennat à contre courant des logiques des années 90, avec un monde qui se libéralise et la montée du néoconservatisme, va causer d’énormes retards français, il va aussi conduire la France à intégrer le goulbigoulba transnational qu’est l’Union européenne. La France est peu à peu dépecée de ses moyens d’agir. 

Après les errements chiraquiens et sarkozystes, et la forte attente qu’il a déçu, François Hollande arrive au pouvoir, la gauche est de retour après l’échec de 2002. Déjà, sous Jospin, des lois passent, le sociétal s’installe comme clivage politique, les germes du gauchisme sont semées. De nouveaux thèmes vont venir de la gauche républicaine : repentance historique, PMA pour toutes, racisme d’Etat… Des figures comme Benoît Hamon vont arriver à des postes importants puis faire sécession avec le pouvoir hollandiste.

Le wokisme est arrivé de manière fourbe petit à petit, conquérant les élites intellectuelles boboisées tout d’abord. Dans les universités l’écriture inclusive est portée en étendard d’une théorie des genres qui s’impose de plus en plus. Des militants veulent déboulonner Colbert au nom d’un anachronisme à tout épreuve, c’est le début d’une remise en cause profonde de l’Histoire de France. Toute cette génération biberonnée aux idéologies repentantes et gauchisantes de l’éducation nationale arrive à l’Université, elle va imposer ses thèmes et une surlibéralisation des esprits, et une certaine manière fascisante de voir le débat.

Sous Emmanuel Macron, la pire décision est prise : Frédérique Vidal est nommée ministre de l’Enseignement supérieur, elle qui à l’Université Nice-Sophia Antipolis n’a été que très passive face aux dérives d’extrême gauche. Une forme de dictature des esprits censurent l’université française, des cours sont interdits, des idées bannies, des étudiants martyrisés par des milices et des conférences censurées. Le savoir est bâillonné par la vision d’un monde, par un écologisme urbain, un féminisme de lutte des sexes, une négation de la nature de l’Homme avec l’intersectionnalité, le surpassement de la science dure par la science morale et un racisme inversé. La déconstruction commence, rien ne l’arrête et le réel se transforme tristement en morale, une morale non logique et abrutissante.

Le centrisme comme camouflet de ses idées.

En 2002, pour les élections législatives, les deux blocs que sont le RPR et DL (ancien de l’UDF) s’allient afin de remporter une majorité absolue face à la gauche. Cette alliance de circonstance sera un vrai succès, et conduira à la création définitive de l’UMP derrière le Président Jacques Chirac. Cette alliance va siphonner complètement l’UDF amenant vers un parti unique, certains anciens de l’UDF iront vers l’UDI puis plus tard, le Modem de François Bayrou. Cette forme de programme commun est finalement une alliance contre nature qui compliquera fortement la gouvernance de la France et de la droite. Preuve de cette montée du centre, Jean-Pierre Raffarin devient Premier ministre.

Si les années Sarkozy ont vu l’UMP plutôt bien s’en sortir, la défaite de 2012 marque une profonde rupture. Les centristes ont le pouvoir en ligne de mire, Alain Juppé pourtant ex RPR se voit déjà Président avec un programme du centre. Erreur fondamentale, le centre n’est pas porteur d’électorat, il s’est imposé à la droite par une forme de terrorisme intellectuel, les élus ayant peur de paraître pour de terribles fascistes, la position du compromis est plus facile à assumer que celle du clivage. Alain Juppé échoue pitoyablement à la primaire de la droite face à un François Fillon qui incarne les espoirs de rupture avec la comptine “La France se gouverne au centre”. Les rats quittent le navire, les centristes partent chez Emmanuel Macron.

Au lieu d’analyser à tête reposée l’échec de 2017, la pratique de la pensée centriste continue de régner sur le parti LR, malgré la courte période Laurent Wauquiez, le réflexe centriste s’impose à chaque décision cruciale. Peu à peu la droite cesse d’incarner son idéologie et ses valeurs. Le langage change et il n’est plus permis de décrire la réalité, d’user de certaines notions par peur de sombrer dans l’extrême droite.

Le réel a rattrapé le politique

Une des données de ces deux dernières années, c’est l’explosion complète du politiquement correct totalement submergé par le réel. Les agressions se sont multipliées impliquant sans arrêt des individus immigrés, les prisons sont pleines d’étrangers (22%) et les mineurs isolés – quand ils le sont réellement – font la loi profitant de vides juridiques. Les citoyens ne comprennent plus du tout leurs politiques, l’écart entre le visible et les déclarations des politiques devient trop important. Cette incompréhension est nourrie par la libération de la parole de droite dans les médias. La crainte de nommer les choses renforce le sentiment des électeurs que le politique n’agira pas pour résoudre les crises.

Avec l’échec de 2022, la droite n’a pas su se décomplexer, elle n’est pas sortie des carcans imposés par la gauche. Au lieu de stigmatiser la parole d’élus de droite, usant de leur courage pour agir, pour enrayer un destin funeste pour notre pays, la droite doit se relever et s’affirmer face au réel !