(Tribune) Wokisme : il faut arrêter  l’influence des campus américains sur la France
(Tribune) Wokisme : il faut arrêter l’influence des campus américains sur la France

(Tribune) Wokisme : il faut arrêter l’influence des campus américains sur la France

Nous devons limiter l’influence du wokisme universitaire américain en France

Description : Depuis de nombreuses années, le wokisme né dans les universités aux États-Unis menace la cohésion sociale et prétend lutter contre le racisme en divisant les individus selon leur couleur de peau. Un paradoxe déconcertant, absolutiste et dangereux dont nous devons impérativement limiter l’empreinte en France.

Cela fera deux ans, le 25 mai prochain, que George Floyd est décédé. Si sa disparition devait légitimement rappeler l’importance de la lutte contre les séquelles racistes qui minent encore l’Oncle Sam, le mouvement « wokiste » s’est quant à lui trompé de diagnostic. En voulant lutter contre le racisme en faisant de la « race » la matrice des rapports sociaux, le «wokisme » exacerbe les tensions ethniques. Cette révolution «woke », récemment décrite dans un numéro inédit d’Enquête exclusive : « Minorités, genres, racialisme : la nouvelle révolution Américaine » diffusé le 16 janvier dernier sur la chaîne M6, doit nous alerter sur l’impérieuse nécessité de limiter son influence en France.

 

Les images de la souffrance de l’Afro-Américain de 46 ans – plaqué au sol et empêché de respirer par le genou écrasant posé sur sa nuque, durant neuf minutes, du policier Derek Chauvin – sont bouleversantes. Sa mort va déclencher une vague de protestation sans précédent aux États-Unis et dans plusieurs pays du monde. Une protestation légitime dès lors qu’elle vise à rappeler l’importance de livrer combat au racisme quand il se manifeste encore de l’autre côté de l’Atlantique.

 

La difficulté – si ce n’est le danger – est que le mouvement woke,très implanté dans les universités américaines et né d’une revendication à priori juste : contrecarrer les inégalités en tousgenre, a pris un chemin hasardeux aux États-Unis suite à cette disparition. Depuis lors, la voie qui est choisie n’est plus celle du rassemblement du peuple américain, nonobstant la couleur de peau et/ou l’origine ethnique – comme le voulait Martin Luther King. Désormais, le message est sans équivoque : si vous êtes une personne blanche, vous êtes nécessairement raciste au fond de vous-même et ne pouvez côtoyer des personnes noires sans vous êtes « déconstruit » au préalable.

 

Le numéro susmentionné de l’émission de Bernard de La Villardière démontre parfaitement cette révolution identitaire à l’œuvre, preuves à l’appui. Dans certaines universités américaines, il est interdit de demander à un étudiant asiatique s’il peut vous aider en mathématiques ou alors à un Afro-Américain s’il fait du basket. Dans d’autres, la procédure d’admission impose un pourcentage d’étudiants noirs et une limitation des Asiatiques admis. C’est si vrai que dans certains campus, ces derniersdoivent faire face à une haine – parfois viscérale – de leurscompères. Il en résulte, pour le coup, une double-discrimination : à l’encontre des Asiatiques à l’évidence ; mais aussi à l’égard des étudiants noirs avec cette procédure d’admission, car on vise par celle-ci à intérioriser chez eux l’idée qu’ils ne sont pas capables d’entrer dans une école par eux-mêmes et sans règles différenciées.

 

Le mouvement « woke » – est-ce à dire être « éveillé » des discriminations subies par les minorités et du « privilège blanc » – est un leurre. Certes, il subsiste sûrement des inégalités en tous genre aux États-Unis. Mais là où les étudiants à l’origine de ce cataclysme identitaire sont, au contraire, ensommeillés, c’est qu’ils ne voient pas en quoi la notion de « privilège blanc » est fortement discutable au regard des nombreux contre-exemples qu’a connu – et qui sont encore très actuels dans – la société américaine. Par ailleurs, ces mêmes étudiants fanatisés n’admettent pas que l’on ne peut lutter contre des inégalités en réinstaurant une disharmonie entre noirs et blancs. Enquête exclusive le montre : dans certaines universités, blancs et noirs ne peuvent bénéficier des mêmes enseignements ni des mêmes professeurs (les premiers devant être « rééduqués » et écouter les leçons moralisantes du repentir à longueur de journée). Des partisans du wokisme aux États-Unis oseront pourtant qualifier de « réactionnaires » ceux qui sont hostiles à leur courant de pensée alors même qu’ils défendent des écoles séparées, y compris entre les sexes !

 

Aujourd’hui, le pays des 329 millions d’habitants ressemble, en réalité, plus aux « États-désunis » qu’à autre chose. Une Nation désunie au niveau des familles : des familles blanches aisées devant léguer tout ou partie de leurs fortunes à des familles noires en difficulté – du fait que les premières auraient eu des ancêtres esclavagistes – une idée sans fin et très contestable. Une Nation désunie au niveau des États : entre la Californie qui voit le wokisme universitaire prospérer et la Floride où la résistance à son encontre est plutôt organisée. De ce fait, l’avenir du pays semble s’assombrir jour après jour. Dans un discours du 31 mars 1968, Martin Luther King disait pourtant : « Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots ». Il est bien dommage que beaucoup des wokistes – qui se targuent, au passage, de suivre sa parole – ne réécoutent pas ce qu’il enseignait, précisément caren l’état, ils abîment son héritage et menacent le pays de sombrer dans les affres de la guerre civile. 

 

Tâchons de faire en sorte qu’en France, il n’en soit pas de mêmedans un futur plus ou moins proche. Luttons pour cela contre l’emprise du wokisme, lequel a pour horizon funeste l’idée qu’un individu est capable d’apporter à la société, non pas du point de vue de ses compétences et de son appétit civique, mais à partir desa lointaine appartenance et de son origine ethnique.  

 

Et non, nous ne devons pas non plus juger notre histoire française de façon rétrograde – voire anachronique – ou regarder notre passé éloigné avec un regard biaisé et de nature à diviser les Français, quand bien même il y a eu des fautes insupportables que nous ne devons plus jamais répéter. Enseigner nos erreurs pour ne plus les reconduire, c’est une chose ; en tirer des enseignements moralistes et dire en filigrane au politique qu’il doit « réparer » un passé – datant de plusieurs siècles parfois -, c’en est une autre !

 

Parce que l’imprégnation grandissante en France des mouvements divers venus d’Amérique – depuis de nombreuses décennies –nécessite toujours une période différée, il est encore temps pour nous de limiter le wokisme américain, notamment dans certaines de nos universités. L’école est le pilier de notre avenir ; sans une robustesse de cette dernière, nous ne pourrons garantir laprospérité et l’optimisme tant – et légitimement – plébiscités, ni ne pourront montrer au monde la grandeur de notre modèlecivilisationnel dont notre pays a hérité. C’est pour cela, et pour retrouver foi en un enthousiasme collectif porteur, que nous devons contrecarrer l’émergence du wokisme universitaire en France.

 

Romain Lemoigne- Responsable départemental adjoint des Jeunes Républicains de la Manche- Étudiant à Sciences Po Rennes- 20 ans